Parc national du Bic

Portrait du parc

Histoire de la création du parc national du Bic

Le parc national du Bic a été créé afin de protéger et mettre en valeur un échantillon représentatif de la région naturelle du littoral sud de l'estuaire du Saint-Laurent.

Au début des années 60, il est question de créer un parc afin de rendre ce lieu exceptionnel accessible à l'ensemble des Québécois. Ce n'est cependant qu'en 1977 que le gouvernement adopte la Loi sur les parcs qui permet sa création, en 1984. D'une superficie de 33 km2 dont presque la moitié  (14,4 km2) est marine, ce parc répond à la fois aux critères de représentativité d'une région naturelle du Québec et à celui du caractère exceptionnel de sa flore et de sa géomorphologie.

En 1988, cinq activités font partie du programme de base dont la thématique est «Un paysage hérité de la mer». Dès 1992, le parc inaugure un centre de découverte et de services avec exposition permanente sur le parc et une salle de projection.

Aujourd'hui plusieurs milliers de visiteurs fréquentent chaque année ce territoire d'une rare beauté et profitent d'une programmation diversifiée d'activités de découverte. Depuis 2014, le Centre de découverte et de services est relocalisé dans la Ferme Rioux, située au cœur du parc, afin de rejoindre un plus grand nombre de visiteurs. Ce dernier regroupe le nouveau concept de visite Parc Parcours, le service de restauration de base et la boutique nature en plus de fournir les services d’accueil et de réservation.


Le patrimoine naturel du parc

« À l'époque de la création, Dieu ayant fait les montagnes chargea un ange d'aller les distribuer sur toute la surface de la Terre. Arrivé à Bic, terme de son voyage, son manteau pesait encore lourdement, l'ange fit alors ce que nous aurions fait en pareille circonstance; en tournant son manteau, il le secoua vigoureusement, c'est pourquoi, dit-on, il y a autant de montagnes au Bic. » (Légende tirée du livre de l'abbé Michaud, Les étapes d'une paroisse, 1925)

Le parc national du Bic est représentatif de la région naturelle du Québec appelée « le littoral sud de l'estuaire du Saint-Laurent» . Cette dernière se décrit comme une mince bande de terre qui s'étend de Montmagny jusqu'à Sainte-Anne-des-Monts. Elle se caractérise par un relief en terrasse traversée par de petites rivières à faible débit et bordée de quelques barres rocheuses parallèles au fleuve dont le versant nord est plus abrupt que le versant sud.

Parallèlement à sa représentativité, le parc national du Bic revêt un caractère exceptionnel avec sa côte plus découpée que le reste du littoral, ses massifs montagneux plus élevés que ceux de la région naturelle et la rareté et la fragilité de sa flore particulière.

Son relief se distingue avec des surplombs variant de 20 à 120 mètres et un point culminant de 346 mètres d'altitude au pic Champlain. L'action conjuguée des agents d'érosion, des glaciers et des mers qui se sont succédé, a laissé des traces sur le littoral du Bic. Cet alignement de crêtes composées de conglomérats, de grès et de pélites a entraîné la formation d'accumulations littorales sous la forme de plages, de tombolos, de flèches littorales, de queues de comète et de marais, ainsi que des formes d'ablation, telles les falaises, les baies et les anses, les îles et les pointes rocheuses.

La région du Bic étant au cœur d'une aire de transition entre la forêt feuillue et la forêt boréale, on y trouve une grande diversité végétale. Certaines plantes rares poussent principalement sur le bord des caps rocheux. À ces espèces d'affinités arctiques-alpines ou subarctiques s'associent des plantes plus communes qui enrichissent la flore du parc. La faune est également riche et diversifiée.

Les phoques communs, résidents annuels de l’estuaire ainsi que les phoques gris en visite estivale, apprécient les eaux du parc et de sa périphérie. Les récifs et la présence de nombreux blocs rocheux dispersés dans les anses et les baies abritées sont des endroits privilégiés par les phoques pour le repos, l’allaitement, la protection et pour s’étendre au soleil afin de favoriser la mue.

La rivière du Sud-Ouest à l’instar des autres rivières de la région naturelle est une rivière de dimension réduite et possède un faible débit. On y compte, entre autres, une petite population de saumons de l’Atlantique qui vient y frayer ainsi que l’anguille d’Amérique qui y transite pour accéder aux lacs situés en amont où elle séjourne plusieurs années avant son retour vers son lieu de reproduction, la mer des Sargasses.

En ce qui a trait à la faune ailée, chaque printemps des milliers d’oiseaux de proie longent les hautes murailles du parc pour se rendre à leurs sites de nidification au nord du Québec. Ils longent alors le fleuve en direction sud-ouest jusqu’à un rétrécissement propice à la traversée. La localisation stratégique du belvédère Raoul-Roy en fait un endroit privilégié pour l’observation. Les nombreuses anses et baies du parc expliquent également la présence de plusieurs espèces aviaires aquatiques dont l’eider à duvet qui niche en grand nombre (12 000 couples) sur l’île Bicquette et profite du littoral du parc pour l’alimentation et l’élevage des petits.


Le patrimoine culturel du parc

« Fin août 1535. Trois petits navires, arborant les armoiries du roi François 1 de France, remontent le fleuve Saint-Laurent au gré des brises de la fin de l'été. Dimanche 29 août, en vue d'un site d'une grande beauté, le capitaine ordonne de jeter l'ancre dans un havre naturel, entouré d'îlots et de promontoires, et véritable refuge contre les vents et les courants du fleuve. Fin observateur, le capitaine et navigateur Malouin décrit minutieusement l'endroit dans son journal de bord et mercredi 1 septembre, la petite flottille lève l'ancre et hisse la grande voile. Jacques Cartier et ses équipages quittaient le Bic. » (M.L.C.P., Lemieux , Paul. C'est arrivé par chez nous, 1986, p. 249)

Mais bien avant la venue d'explorateurs européens, les Amérindiens ont fréquenté le territoire. Leur présence au Bic ne fait plus aucun doute. Les recherches archéologiques ont mis à jour de nombreux vestiges attestant la présence de campements autochtones dont certains remonteraient à quelque 8 000 ans.

L’époque des seigneuries

C’est en 1675 que la seigneurie du Bic fut concédée à Charles Denys de Vitré principalement pour la pêche au hareng et autres poissons ainsi que pour la traite de fourrure. Elle vogua ensuite aux mains de nombreux seigneurs qui y voient divers avantages (spéculation, pêche, traite de fourrure) plutôt que l’établissement de colons et le défrichement des terres.

En 1822, Archiball Cambell, notaire, acquiert la seigneurie du Bic et devient le premier seigneur résident.

C’est donc la pêche et la traite de fourrure qui ont motivé les premiers colons à s’installer au Bic (vers 1680) et plus tard au cap à l’Orignal (vers 1769). Ce n’est qu'à la suite du prolongement du chemin royal jusqu’à Sainte-Luce, en 1792, et surtout après le lancement de l’industrie forestière dans la région, vers 1820, que les premiers colons s’établissent dans la seigneurie de la baie du Ha ! Ha !

Un point de repère et un lieu stratégique

À partir du 17e siècle, le Bic est le foyer de plusieurs épisodes de l'histoire venue du fleuve. Ainsi, la montagne haute de plus de 1 000 pieds que Champlain a ainsi décrite en 1603 devient le point de repère pour l'ensemble des navigateurs. À la vue du pic Champlain, ces derniers obliquent vers Tadoussac et poursuivent leur route sur le chenal nord.

Le site a aussi joué un rôle déterminant dans le plan de défense militaire de la Nouvelle-France. Il devient plus tard la station des pilotes du Saint-Laurent, car, à partir du Bic, la navigation sur le fleuve demande une connaissance approfondie de la route à suivre en raison des nombreux obstacles. En 1768, les premiers pilotes prennent feux et lieux à cap à l'Orignal ou sur la pointe du Vieux-Bic, mais la station de pilotage est située sur l'île du Bic.

L’agriculture et la villégiature

Sur le site, on constate une première période (1883-1905) d’occupation du territoire où les habitants se succédaient au rythme des transactions. À cette période les résidents vivaient davantage de chasse, de pêche et de coupe de bois. On assiste ensuite à l’évolution de l’agriculture, passant de l’agriculture de subsistance à l’agriculture extensive comme activité principale.

C’est alors que les familles Dumas, Michaud, Rioux et Doucet marquent l’histoire du parc, entre autres, en exploitant les terres, y faisant l’élevage d’animaux de ferme, la coupe de bois, la chasse aux phoques et en pratiquant la pêche au filet ou encore à la fascine.

Si le Bic connaît une certaine activité portuaire jusqu'en 1930, c'est davantage son caractère enchanteur qui caractérise son entrée dans le 20e siècle ; il devint un lieu de villégiature très prisé, accueillant des Américains et des Canadiens anglais fortunés.

Depuis des décennies, le territoire est fréquenté par les amateurs de plein air, les ornithologues, les botanistes, les géologues, les plaisanciers, les peintres et les photographes qui en ont vanté les beautés. La création d’un parc pour protéger ses richesses ne pouvait que se concrétiser.

Saviez-vous que...

Le parc en chiffres

Année de création: 1984
Superficie: 33,2  km2 dont 18,8 km2 terrestres et 14,4 km2 marins
Périmètre: 35,5 km
Fréquentation annuelle: approximativement 175 000 jours-visites


Les listes des espèces

Amphibiens et reptiles

Espèces en péril

Mammifères

Oiseaux


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