Une découverte qui a de l’aile... Depuis quelques années, à chaque été, on observe l’aigle royal au parc national des Hautes- Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Il est vrai que le parc possède des caractéristiques qui font de ce territoire un habitat intéressant pour cette espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. L’aigle royal peut y trouver à la fois de nombreuses parois rocheuses pour nicher et des milieux ouverts pour chasser. Par ailleurs, en raison de ses nombreuses vallées profondes, le territoire favorise les courants ascendants pour l’envol de l’oiseau. De plus, les hauts plateaux, où la végétation est peu dense, représentent d’excellents territoires de chasse pour l’aigle, étant donné qu’il peut y repérer ses proies facilement et sur de longues distances.
Pierre Fradette, biologiste au Regroupement QuébecOiseaux, s’est intéressé à l’observation d’un aiglon déclaré par un garde-parc patrouilleur en 2001. Sachant qu’au Québec on estime la population d’aigle royal à 65 couples nicheurs et que seulement une cinquantaine de territoires de nidification sont connus, on comprend l’importance de vérifier si l’espèce niche à l’intérieur de l’aire protégée. En collaboration avec l’équipe de gardes-parcs, M. Fradette est venu effectuer des recherches au cours de l’été 2007, espérant localiser le nid d’où provenait l’aiglon.
Pour débuter les recherches, les secteurs potentiels de nidification ont été identifiés en fonction de l’orientation des parois, celles orientées vers le sud étant davantage propices à l’établissement d’un nid. Sur le terrain, les parois ciblées ont ensuite été scrutées à l’œil nu et à l’aide de jumelles, et ce, afin d’y détecter des signes d’activité. Un des signes recherchés était celui de longues coulisses blanches ou oranges laissées par les fientes de l’oiseau sur les parois. Celles-ci révèlent souvent la présence d’un perchoir ou d’un nid. Lorsqu’un site potentiel était identifié, un système sonore reproduisant le cri de l’oiseau était mis en fonction, le son pouvant être entendu jusqu’à 1 km de distance. À la suite de l’appel, une période d’attente et de repérage était effectuée. Habituellement, si l’oiseau est présent dans le secteur, il ne peut résister à l’appel. Il se dirige vers l’endroit d’où provient le son, se rendant ainsi plus visible. Une fois qu’il est observé, il ne reste plus qu’à espérer que l’oiseau dévoile la localisation de son nid en se dirigeant vers ce dernier.
À la suite de ces travaux, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que l’équipe de travail, dirigée par Pierre Fradette, a pu confirmer l’observation d’un aigle royal, la présence d’un nid utilisé par l’oiseau et d’un nid secondaire. Cette observation confirme que l’espèce niche au parc. Reconnaissant l’importance de la protéger, l’équipe devra prendre les mesures nécessaires pour maintenir les conditions favorisant la présence du couple tout en faisant le suivi de ses activités afin d’évaluer si l’espèce continue d’utiliser le secteur au fil des années.
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