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L’expertise de 72 scientifiques a bonifié le Programme de suivi de l’intégrité écologique

26 juin 2012


Le Programme de suivi de l’intégrité écologique (PSIE) permet de vérifier l’évolution de l’état de l’intégrité écologique de l’ensemble des parcs nationaux du Québec. Puisque les indicateurs utilisés dans le PSIE ne possèdent pas la même capacité à fournir de l’information sur l’intégrité écologique, nous devions attribuer une importance relative (appelée puissance écologique) aux différents indicateurs. La mise en commun de l'expertise et du jugement de 72 scientifiques a permis de regrouper les indicateurs en trois groupes de puissance écologique, ce qui permettra de porter un regard plus précis sur l’évolution de l’intégrité écologique des parcs nationaux.

Le Programme de suivi de l’intégrité écologique

Le Programme de suivi de l’intégrité écologique (PSIE) a été implanté en 2004 dans l’ensemble des parcs nationaux du Québec dans le but de vérifier l’évolution de l’état de l’intégrité écologique des parcs à l’aide d’indicateurs. Les indicateurs choisis pour le PSIE visent à évaluer des paramètres représentatifs de l’état des écosystèmes. Avec l’information recueillie à partir d'un certain nombre d'indicateurs, il est possible de porter un jugement sur l'évolution de différents paramètres d'intégrité écologique d'un territoire précis pendant une période donnée.

Suivi des héronnières dans le parc national du Mont-Tremblant.

Ceci dit, tous les indicateurs ne possèdent pas la même capacité à fournir de l’information sur la variation du niveau d’intégrité écologique d’un territoire. En effet, en touchant un large éventail de paramètres et d'échelles écologiques et spatiales, les indicateurs du PSIE ne peuvent être considérés égaux dans leur efficacité à répondre à cet objectif. Un des défis du programme est d’attribuer une importance relative (appelée puissance écologique) aux indicateurs selon trois critères, soit 1) la portée écologique des changements mesurés, 2) l’importance du lien anthropique avec les changements mesurés et 3) la représentativité spatiale des mesures.

Le processus d’analyse hiérarchique

Un problème se pose : comment porter un jugement relatif sur des indicateurs qui ont des caractéristiques très hétérogènes? La réponse n'est pas simple, mais avec l'utilisation d'un outil d'aide à la décision appelé processus d'analyse hiérarchique (PAH), il a été possible de regrouper ces indicateurs de toute nature en trois groupes de puissance écologique. Cette technique a été choisie puisqu’elle est conçue pour prendre des décisions à partir de variables complexes et subjectives en se basant sur l'expertise et le jugement d'experts. Faute de pouvoir obtenir « la » réponse parfaite, elle permet d'identifier ce qui semble être la ou les meilleures réponses. Le PAH consiste à comparer des indicateurs par paire afin d'identifier lequel de la paire possède la plus grande puissance écologique, de répéter l'exercice pour toutes les combinaisons de paires, et ainsi en arriver à un classement discriminant les indicateurs ayant une puissance écologique plus élevée des autres.

Pour cet exercice, trente indicateurs du PSIE ont été évalués. Il s'agit des indicateurs les plus suivis dans le réseau Parcs Québec. Il est à noter que le 3e critère de l’importance relative mentionné précédemment, soit la représentativité spatiale, n’a pas été utilisé dans l’évaluation de la puissance écologique puisque les modalités d'échantillonnage varient d'un parc à l'autre et auraient pu fausser les résultats. Pour échapper à cette contrainte, les évaluateurs participant au PAH ont considéré que ce critère avait la même valeur pour chaque indicateur.

La collaboration de 72 scientifiques

Au total, 72 scientifiques ont participé au PAH du PSIE. Parmi eux se retrouvaient des chercheurs de neuf universités ainsi que des professionnels du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) et de divers autres organismes ainsi que les responsables de la conservation et de l'éducation de chacun des parcs. L’expertise de ces scientifiques couvrait plusieurs domaines en lien avec les indicateurs du PSIE. La diversité des affiliations et des domaines d’expertise ont contribué à rendre le classement final le plus objectif et le plus juste possible.

Domaines d’expertise des 72 participants du processus d’analyse hiérarchique

La classification des indicateurs

À la suite de la comparaison des indicateurs par les scientifiques, les pointages obtenus ont permis d’accorder un rang aux indicateurs. Afin de regrouper les indicateurs dans 3 classes de puissance écologique, les résultats ont d’abord été analysés graphiquement. Les plus grands écarts entre les pointages des indicateurs ont permis une discrétisation graphique en trois groupes. Ensuite, à l’aide d’un logiciel de statistiques (R), les indicateurs ont été regroupés à l’aide d’une analyse en grappes (cluster analysis) qui permet de regrouper des données selon leur similarité. La classification obtenue par cette analyse est exactement la même que celle obtenue par la discrétisation graphique.

Ainsi, sept indicateurs font partie du groupe ayant une puissance écologique d’ordre 1 (meilleur). C’est l’indicateur de la qualité bactériologique et physico-chimique de l’eau qui a été jugé le plus révélateur de la variation du niveau de l’intégrité écologique. Douze indicateurs se retrouvent dans le groupe ayant une puissance écologique d’ordre 2. Finalement, onze indicateurs ont une puissance écologique d’ordre 3 (moins bon). On y retrouve entre autres plusieurs suivis associés à des espèces spécifiques pour lesquels la portée écologique a généralement été jugée plus faible par les évaluateurs. Les suivis de la qualité des infrastructures, tels que l’état des sites de camping, ont également été jugés moins révélateurs de la variation du niveau de l’intégrité écologique.

Pointage et puissance écologique des indicateurs obtenus par le processus d’analyse hiérarchique

Une analyse de l’intégrité écologique plus précise

Les résultats du PAH seront bénéfiques pour le Programme de suivi de l’intégrité écologique. La mise en commun de l'expertise et du jugement des 72 scientifiques nous a permis d’établir une importance relative des indicateurs. Cette analyse devrait ainsi nous permettre de porter un regard plus précis sur l’évolution de l’intégrité écologique des parcs nationaux québécois. De plus, l'exercice a permis de récolter un bon nombre de commentaires qui appuient ou questionnent certains points du programme, lesquels contribuent déjà à le faire évoluer.

Remerciements

Nous tenons à remercier les évaluateurs qui ont généreusement accepté de consacrer de leur temps au processus d’analyse hiérarchique. Leur précieuse collaboration contribuera à solidifier davantage les bases du Programme de suivi de l'intégrité écologique de Parcs Québec.


Janick Gingras, chargée de projets en conservation à la vice-présidence Parcs Québec, gingras.janick@sepaq.com.

Patrick Graillon, coordonnateur à la conservation à la vice-présidence Parcs Québec, graillon.patrick@sepaq.com.

Photos : Maude Côté-Bédard, Émilie Dorion, Marie-Ève Laberge, Rémi Malraison, Alain Mochon et Stéphane Poulin.


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