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Chasse à l’orignal

5 clés pour améliorer votre taux de succès

Par Michel Therrien, guide de chasse professionnel.

La chasse à l’orignal n’a plus de secret pour Michel Therrien. Guide de chasse professionnel réputé, instructeur et conférencier, Michel partage ses connaissances et ses expériences avec beaucoup de passion.

En vue de la saison de chasse à l’orignal qui s’amorce, il nous rappelle ici les 5 clés à garder en tête pour optimiser notre prochaine aventure de chasse et mettre la main sur un beau panache.

Émile David | © Sépaq

1. Identifier stratégiquement les secteurs vedettes

La taille des territoires à la Sépaq est parfois surprenante, mais il ne faut pas que l’étendue d’une zone devienne un casse-tête. Quand votre secteur couvre 25, 45 et parfois même 273,3 km carrés d’habitats, comme dans la réserve faunique La Vérendrye, il est important de bien planifier sa sortie, un peu comme à la pêche, lorsque l’on cherche à identifier des fosses aux truites mouchetées ou aux dorés dans un grand lac. Mon premier réflexe n’est pas d’identifier les secteurs vedettes, mais bien d’éliminer en partant tout ce qui est moins à propos en fonction des dates de chasse.

En me référant à la légende de la carte offerte par la Sépaq, j’élimine d’abord tous les secteurs présentant une topographie accidentée. C’est en analysant les courbes de niveau maîtresses et les courbes de niveau intermédiaires que vous parviendrez à faire ce premier exercice.

Par la suite, il importe de se rappeler qu’il est assez rare de retrouver des communautés d’orignaux regroupées près d’une route principale, secondaire et même tertiaire. Il n’est donc pas recommandé de cibler des habitats situés près d’une route de ce genre. Par contre, les chemins forestiers sont à considérer et ne négligez surtout pas ceux qui sont plus refermés. D’expérience, il arrive souvent qu’ils conduisent vers des habitats qui se révèlent être des petits trésors cachés. Les habitats les plus tranquilles, tels que les petites tourbières en plein bois, sont à considérer, tout comme les plateaux montagneux. Je vous recommande l’utilisation de l’application Avenza Maps, pour vous faciliter la tâche. Les principes d’orientation en forêt ont été révolutionnés, alors il faut en profiter.

2. Découvrir là où ils mangent… et là où ils se cachent

En automne, les orignaux arborent déjà un pelage les préparant à l’hiver. Ils évitent ainsi d’être trop exposés à la chaleur et aux rayons directs du soleil. En reconnaissant le principe de thermorégulation qui dicte le principe des gains d’énergies nécessaires à leur équilibre, la science reconnaît que les orignaux recherchent constamment des abris quand il fait trop chaud, soit lorsque le mercure oscillera au-dessus de 16 degrés. De fait, ils rechercheront l’ombre et les habitats plus frais et ils iront se réfugier dans des types de forêts présentant des boucliers anti-soleil et anti-chaleur.

Leurs endroits de prédilection en début et jusqu’au milieu de la saison? Les enclaves de forêts de résineux et de forêts mélangées, de plus de 30 ans, présentant des coulées (ruisseaux intermittents).D’ailleurs, ces secteurs seront davantage populaires auprès des orignaux s’il y a présence de coupes forestières récentes de 10 ans et moins autour. Ainsi, vous chasserez là où les orignaux ont de la nourriture en abondance et près d’un abri de protection (fraîcheur recherchée). Vous serez donc directement dans les secteurs que les orignaux apprécient.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Fokus Productions | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Fokus Productions | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Beside | © Sépaq
Réserve faunique Rouge-Matawin
Réserve faunique Rouge-Matawin Émile David | © Sépaq
Réserve faunique Rouge-Matawin
Réserve faunique Rouge-Matawin Émile David | © Sépaq

3. Choisir judicieusement les techniques de chasse

Une fois les habitats bien étudiés et bien ciblés, on doit passer à la planification de nos offensives de chasse susceptibles de nous permettre de rencontrer des orignaux.

En premier lieu, il faut toujours vérifier la direction du vent pour chacun des habitats ciblés. En débutant votre séjour, il arrive souvent que le préposé à l’accueil vous remette une feuille imprimée des conditions météorologiques à venir. Certes, il importe de regarder la température, mais il est impératif de regarder aussi la force et la direction des vents. De ce fait, vous ne devez jamais avoir le vent dans le dos.

Il importe aussi de savoir comment déployer les effectifs sur le terrain. Devrions-nous couvrir un habitat seul, à 2 ou même en équipe? À ce sujet, une de mes techniques favorites consiste à me positionner à un endroit favorable pour l’appel tout ayant des chasseurs cachés autour de moi. Quand le mâle approche, il se concentre sur les appels et il ne se doute pas que l’un des chasseurs immobiles l’interceptera sur son passage… et c’est ainsi que bien souvent, le succès est au rendez-vous.

Autrement, quand les territoires sont vastes, j’adore faire des parcours stratégiques de chasse en me déplaçant comme un orignal au travers des habitats préalablement étudiés et en pratiquant les bonnes techniques d'appels.

4. Faire les bons « calls »

C’est une chance inouïe que nous avons de pouvoir communiquer directement avec un gros gibier. En matière de vocalises d’orignaux, certains chasseurs se tournent trop rapidement vers des technologies électroniques par manque de confiance, mais surtout par manque de pratique.

Les brefs appels de prise de contact ainsi que les ébrouements (orignal qui expulse l’air des naseaux) sont très communs chez l’orignal, et ce, 12 mois par année. Ce sont des appels très efficaces à imiter, mais surtout relativement facile à maîtriser. De ce fait, il existe au Québec des outils pédagogiques (CD audio) pour mieux comprendre et même pratiquer ces techniques d’appels.

Ce type d’appels a fréquemment déstabilisé des orignaux qui se sont fait berner et qui sont allés directement à la rencontre des chasseurs. Les meilleurs virtuoses du cornet figurent souvent dans les meilleurs chasseurs. À ce chapitre, le « call » plus caverneux du mâle se maîtrise bien avec un cornet d’écorce robuste et épais, car le son ténor et baryton recherché explosera mieux avec cet « outil » en main. Quand vous découvrez ce que je nomme des « gyms à bucks », soit des secteurs empreints de frottages frais, ce type d’appels engendrera souvent résultats surprenants. Cet appel est aussi le plus stimulant de tous quand on s’approche d’un mâle aux instincts territoriaux ou lorsqu’il est accompagné d’une femelle.

Enfin l’appel plaintif de la femelle est un incontournable, mais il faut être méthodique. Contrairement à la croyance populaire, les appels plaintifs ne sont pas aussi longs et exagérés que l’on pourrait le croire. Une succession de 3 ou 4 brefs appels de 0,9 à 3 secondes à divers intervalles stratégiques sera beaucoup plus efficace que des longs et très bruyants appels monocordes d’une dizaine de secondes. Parler comme un orignal est un art qui s’apprend beaucoup plus rapidement qu’on peut le croire. Essayez-le!

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Beside | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Beside | © Sépaq
Émile David | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Fokus Productions | © Sépaq

5. Connaître parfaitement son arme

Le pire souvenir à se remémorer d’un séjour de chasse est celui impliquant un orignal raté ou pire encore, un orignal blessé et non retrouvé. Dans la plupart de ces scénarios, c’est le chasseur qui est à blâmer et les causes les plus probables sont les suivantes:

• Manque de pratique au préalable;
• Connaissance limitée de ses performances;
• Mauvaise évaluation de la situation et de la distance;
• Instabilité ou nervosité au moment du tir;
• Arme, télescope et monture mal adaptés;
• Connaissances défiantes en balistique;
• Méconnaissance des zones vitales à atteindre.

Idéalement, le chasseur consciencieux devrait se pratiquer, et ce pas seulement en étant assis sur une table de tir avec le fut accoté sur une poche de sable. Le chasseur doit tirer debout avec et sans appui, avec un genou au sol ainsi que dans des postures susceptibles de représenter ce qu’il vivra en contexte de chasse.

En ce qui concerne l’équipement, il existe des balles de carabine qui seront beaucoup plus performantes avec votre arme. Il faut donc faire des tests et des essais. Plus vous tirerez, et plus vous développerez des liens de symbiose avec l’arme qui normalement devrait devenir votre meilleure amie durant votre séjour de chasse. Si vous êtes assez mature pour reconnaître que vous avez un peu peur de votre arme, il est temps de faire des changements afin de rectifier la situation.

Les orignaux ne méritent pas de servir de « cobaye » pour des tirs hasardeux à leur endroit. Dans le cas où une bête semble avoir été atteinte (et ce même en l’absence de sang trouvé), sachez que la Sépaq offre un précieux service, soit celui des chiens de sang. Le chien de sang et son conducteur pourront vous aider à retrouver la bête.


J’espère que mes conseils vous aideront à obtenir du succès lors de votre prochaine aventure de chasse. Bon début de saison!

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