COVID-19 : nouvelles mesures préventives dans certains paliers d'alerte, guide du visiteur, ainsi qu'activités et services offerts


Vous avez des questions? Consultez les réponses aux questions fréquemment posées par nos clients.

Chasse au chevreuil en réserve faunique

Tout ce qu’il faut savoir

Par Michel Therrien, guide de chasse professionnel.

Pourquoi certains chasseurs reviennent-ils bredouilles malgré la présence de chevreuils sur le territoire, alors que d’autres connaissent régulièrement du succès?

Guide professionnel dans le domaine de la chasse au gros gibier, Michel Therrien est aussi un chasseur redoutable. Il nous explique son point de vue en exposant les incontournables à respecter afin d’optimiser les chances de déjouer stratégiquement le chevreuil.

Steve Deschênes | © Sépaq

Connaître et reconnaître les bonnes passes naturelles

On ne chasse pas en milieu forestier comme on le ferait autour de champs de maïs ou devant des pommiers près d’un village. De fait, il est connu que les chevreuils qui habitent dans de grands espaces forestiers se déplacent en utilisant les montagnes ainsi que les diverses passes naturelles stratégiquement situées entre des habitats vedettes. Le chevreuil de type « forestier » a donc accès à des zones de broutages éparpillées un peu partout autour de lui et il recherche des aires de repos non loin de la nourriture où il se sentira protégé et à l’abri des prédateurs. Conséquemment, il utilise ce que je nomme des « zones de transition » qu’il doit obligatoirement emprunter pour aller se nourrir, pour se cacher et pour fuir. Ainsi, même si votre secteur compte 20 km carrés d’habitat, il importe de comprendre que les chevreuils n’occupent pas le territoire de façon uniforme. Ils auront leur micro « habitat vedette » que le chasseur devra découvrir.

Il faut savoir que les passes naturelles à chevreuils ne sont pas toujours situées en bordure d’un chemin et le chasseur doit parfois faire des activités de reconnaissance au préalable afin de les reconnaître. Comme les réserves fauniques offrent dorénavant l’outil d’orientation Avenza Maps, il devient beaucoup plus facile de se déplacer partout sur le territoire en sachant exactement où l’on se trouve et en identifiant à l’aide de l’outil en question les sentiers de cerfs, les couches, les frottages et les autres indices précieux. Le soir venu, le chasseur astucieux pourra transférer ces informations sur sa carte et par un travail de déduction logique, il commencera son travail d’analyse des mœurs des chevreuils concernés. C’est souvent à partir de là qu’il découvrira les passes en question. Le meilleur moment pour espionner, explorer et découvrir sa zone est au printemps, juste avant la pousse des feuilles qui entravera par la suite la vision de l'explorateur. Le chasseur « exploreur » recherchera des frottages, des grattages et des sentiers de cerfs puis de là, il commencera à planifier ses offensives de chasse à venir en incluant l’option d’installer un poste d’affût.

Émile David | © Sépaq
Émile David | © Sépaq
Émile David | © Sépaq
Beside | © Sépaq

Bien chasser un site appâté

Pour bien chasser un site appâté, il faut tout d’abord l’installer convenablement. Mon premier réflexe est d’installer une saline en été et de voir par la suite comment les chevreuils utiliseront la forêt autour pour se déplacer vers la saline, puis vers l’appât.

Une fois cette information acquise à partir des sentiers et des tracs des cerfs, j’étudie le vent sur les lieux et puis j‘installe mon site d’embuscade en conséquence. Le but évident sera de ne pas être repéré par nos odeurs de la part des chevreuils qui viendront plus tard quand des pommes ou de la moulée seront déposées sur le même site. Ainsi le chasseur ne doit pas avoir le vent dans le dos si son appât est devant lui, car dans ce cas, il perdra son temps tout en contaminant son site.

Autrement, pour bien chasser sur un site appâté, il faut que la cache soit bien dissimulée dans la forêt et il faut aussi que le sentier qui mène à la cache en question soit discret et minimalement en retrait de l’endroit où les chevreuils circulent. Il faut toujours être silencieux dans la cache et ne jamais apeurer inutilement les femelles, car éventuellement elles vont attirer des mâles. J’aime bien utiliser des tentes, mais il faut recouvrir ces dernières de branches pour leur donner une allure visuelle naturelle et pour ajouter du poids dessus afin que le vent ne fasse pas claquer les parois de la tente.

Par ailleurs, j’aime encore mieux me faire des caches naturelles sur place en utilisant des souches disponibles sur les lieux, des rochers, des arrachis et autres éléments naturels propices à l’embuscade. Je referme le tout avec des billots coupés, une structure minimaliste de branches et un toit naturel fait de branches et de billots. En l’installant à l'avance, les chevreuils considèrent le tout comme faisant partie de leur environnement et ils ne se méfient pas.

L’usage d’un cache-odeur composé de sèves de cèdres, de sapins ou d’épinettes à vaporiser (selon les essences sur place) représente un incontournable à utiliser en tout temps pour cacher ses odeurs lorsque l’on chasse le chevreuil.

Grattage, frottage, etc.

Je sais que la plupart des chasseurs aiment s’embusquer devant un site appâté, mais les réserves fauniques offrent plusieurs autres possibilités, car les territoires sont grands et les mâles laissent souvent des indices de leur présence au sein de ceux-ci.

La découverte d’un grattage frais ou d’une série de grattage frais représente un indicateur précieux qui m’anime rapidement. J’ai prélevé plusieurs mâles de taille très enviable en faisant des séquences de grognements (grunt call) autour d’un site laissant voir des grattages.

Par ailleurs, quand je découvre des frottages et quand la date s’y prête bien (après le 10 novembre), j’utilise mes cornes de chevreuils pour faire des chocs (rattling). Un chasseur pourrait couvrir un site appâté aux extrémités de journées comme aux aurores et au crépuscule, mais entre 10 h et 15 h, il pourrait faire des stations de chasse ailleurs sur le territoire en exploitant le grunt, le rattling et même la chasse en se déplaçant furtivement si les conditions le permettent (sol silencieux).

Steve Deschênes | © Sépaq
Émile David | © Sépaq

Chasser le plus possible et se servir des caméras pour espionner les chevreuils

Les caméras de surveillance peuvent parfois vous démontrer que vous avez fait la bévue de l’année en n’étant pas présent au moment opportun. En effet, les caméras de surveillance peuvent révéler qu’un chasseur est arrivé 15 minutes en retard ou est parti 15 minutes trop tôt, suivant la photo prise d’un mâle vulnérable avec l’heure indiquée. De quoi provoquer un pincement au cœur du coureur des bois pour un bout!

Anticiper quand un cervidé passera est tout un art et parfois il faut compter sur la chance ou du moins sur les actions visant à provoquer le synchronisme d’une rencontre.

Quand le rut bat son plein et que votre site d’affût à chevreuils est parsemé de femelles distraites et peu protectrices avec les veaux, il est temps de réaliser que tout est en place pour l’arrivée d’un mâle, et ce, peu importe le moment de la journée.

Ainsi avant de prendre la décision de délaisser un site, il faut minimalement faire l’exercice de se demander si des doutes subsistent sur la présence potentielle d’un cervidé autour ou en voie de se présenter devant nous. Un des plus beaux atouts qu’un chasseur doit posséder demeure la patience et la croyance soutenue que les 10 secondes de bonheur en lien avec l’apparition de la bête tant attendue surviendront.

En espérant que mes conseils vous soient utiles, je vous souhaite une excellente saison de chasse.

Soyez informé

Inscrivez-vous aux courriels de la Sépaq et soyez le premier à connaître nos nouveautés, nos offres et nos promotions spéciales.

S'inscrire