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Quand un pêcheur rencontre un plongeon huard : bilan d’un suivi particulier

4 juin 2013


Lorsqu’en 2007, le Service canadien de la faune (SCF) a proposé au parc national des Grands-Jardins de faire participer les pêcheurs au recensement des plongeons huards, peu de gens auraient cru qu’autant de participants adhéreraient à cette méthodologie pour le moins originale. Pourtant, six ans plus tard, cette collaboration se poursuit toujours et ne s’essouffle pas. Bilan d’un suivi particulier.

Le parc national des Grands-Jardins (PNGJ) compte plus de 120 lacs. Chaque été, plusieurs d’entre eux sont fréquentés par le plongeon huard, un oiseau magnifique au chant envoûtant. Bien qu’il ne soit pas en péril au Canada, cet oiseau n’en demeure pas moins très sensible aux polluants et aux dérangements humains. Ce qui en fait, par le fait même, un excellent indicateur de la qualité de l’environnement. Voilà pourquoi, chaque année, l’équipe du parc s’efforce de suivre l’évolution de ses effectifs grâce au Programme de suivi de l’intégrité écologique (PSIE) qui, depuis l’an dernier, a pris le relai du projet initié en 2007 par le SCF.

La présence des pêcheurs mise à profit

Chaque année, environ 2 400 pêcheurs viennent dans le parc taquiner l’omble de fontaine sur l’un des soixante lacs ouverts à la pêche. Compte tenu de l’abondance de pêcheurs sur le territoire, il était logique de leur demander de participer au projet de recensement du plongeon huard. Chaque pêcheur est invité à remplir un court formulaire sur lequel il indique le lac fréquenté, les heures d’observation, la présence ou l’absence de huards, la présence de jeunes et la taille relative de ces derniers (Légaré, 2012). Évidemment, un tel projet ne peut être réalisé sans le concours des principaux intéressés. Contre toute attente, la réponse a été excellente. Depuis 2007, une moyenne de 145 fiches d’observation est remplie annuellement par les visiteurs (Figure 1).

Figure 1. Nombre de fiches d’observation du plongeon huard remplies par les visiteurs du PNGJ (2007 à 2011).

Les données recueillies permettent à l’équipe du Service de la conservation et de l’éducation du parc de planifier ses sorties sur le terrain. Sorties qui serviront essentiellement à valider les observations recueillies. Une fois confirmées, les données permettent d’évaluer chacun des quatre stades de nidification du plongeon huard.

L’évaluation des stades de nidification

Le suivi du plongeon huard dans le parc national des Grands-Jardins s’inspire de la méthodologie utilisée dans le cadre de l’Inventaire canadien des plongeons huards mené par Études d’oiseaux Canada d’Environnement Canada. Au fur et à mesure que la saison progresse, les informations liées aux différents stades de nidification sont recueillies : le nombre de lacs où est observé un plongeon, le nombre de lacs où est notée la présence d’un couple territorial, le nombre de poussins par lac et le nombre de jeunes ayant atteint l’âge critique de six semaines. La Figure 2 illustre les résultats obtenus de 2007 à 2012. Bien que le parc national des Grands-Jardins compte plusieurs dizaines de lacs fréquentés par le plongeon huard, seuls 21 d’entre eux sont étudiés dans le cadre du présent suivi. Répartis sur tout le territoire, ces derniers sont représentatifs de l’ensemble du parc.

Figure 2. Évaluation des quatre stades de nidification du plongeon huard au PNGJ (2007 à 2012)

Informer pour mieux conserver

Les principales menaces qui pèsent sur les populations de plongeon huards sont attribuables aux activités anthropiques. Les activités nautiques (canot, bateau à moteur, pêche), l’aménagement du littoral des lacs (construction de chalets et de quais), l’acidification des plans d’eau et l’intoxication au mercure sont autant de facteurs qui influent sur la productivité de l’oiseau. Cependant, les différents rapports d’observations annuels du SCF affirment que l’acidification des lacs et l’intoxication au mercure ne représentent pas de problèmes majeurs sur le territoire des Grands-Jardins (Légaré, 2008). Il en est autrement des activités nautiques, notamment le canot et la pêche, qui constituent une source importante de stress pour les huards présents dans le parc national des Grands-Jardins. Les effets de ces perturbations sont multiples : réduction de la surveillance du couple au nid augmentant ainsi les risques de prédation et sous-alimentation, voire même abandon des jeunes. Plusieurs actions sont posées par l’équipe du parc afin d’éviter de telles conséquences. Par exemple, à son arrivée dans le parc, chaque pêcheur rencontre un garde-parc qui lui explique l’importance de garder ses distances s’il aperçoit un oiseau.

Quant aux canoteurs qui font le circuit du lac Arthabaska, ils reçoivent une brochure d’auto-interprétation axée sur la sensibilisation. Enfin, lors de l’aménagement ou le réaménagement des débarcadères et des sentiers de pêche, l’équipe tient compte de l’emplacement des nids de huards de manière à réduire au maximum l’impact de nos interventions.


Sylvain Rousseau est  garde-parc naturaliste au parc national des Grands-Jardins rousseau.sylvain@sepaq.com

Sandra Garneau est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national des Grands-Jardins

Photo: Sépaq; Steve Deschênes; Louis Laliberté.

Références

Environnement Canada, 2001, Inventaire canadien des plongeons huards, Instructions 2001, Études d’oiseaux Canada, Service canadien de la faune, 4 p.

Légaré, S. (2008). Suivi du plongeon huard dans le parc national des Grands-Jardins – Rapport des activités de 2007. Dans le cadre du programme de suivi des effets des dépôts acides sur la faune aquatique, région de Québec. Rapport hors série, Région de Québec, Service canadien de la faune. 10 p.

Légaré, S. (2012). Suivi du plongeon huard dans le parc national des Grands-Jardins – Rapport des activités de 2011. Dans le cadre du programme de suivi des effets des dépôts acides sur la faune aquatique, région de Québec. Rapport hors série, Région de Québec, Service canadien de la faune. 12 p.


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