5 astuces pour réussir sa chasse à l'orignal

En collaboration avec Prise du Jour

Pendant que la saison de la chasse bat son plein, nous avons demandé à Philippe April-LeQuéré, de Prise du Jour, de vous partager ses meilleurs conseils de chasse au gros gibier. Il vous livre ici cinq astuces concrètes, directement tirées de son expérience sur le terrain, notamment celle de sa plus récente sortie dans la réserve faunique des Laurentides.

Ces recommandations, simples et efficaces, sont pensées pour les chasseurs et chasseuses qui veulent maximiser leurs chances de succès, en s’adaptant aux réalités du bois et aux comportements imprévisibles de l’orignal.

Yan Kaczynski | © Sépaq

Planifier la chasse avec les cartes disponibles

L’utilisation d’outils comme Avenza Maps ou Forêt ouverte permet de repérer les zones prometteuses avant le départ. Grâce à l’imagerie satellite, aux lignes topographiques et aux codes écoforestiers, on peut identifier les endroits où la présence d’orignaux est plus probable.

Une bonne analyse de carte ne prend que quelques minutes, mais peut vous éviter des heures de chasse infructueuse dans les mauvais secteurs. Personnellement, je recherche deux types d’environnements :

  • Les zones de nourriture à proximité de zones de repos;
  • Les zones froides, particulièrement utiles en période de chaleur.

Sur Avenza Maps, les coupes forestières récentes (0 à 10 ans) sont bien identifiées. Ces milieux offrent un bon équilibre entre accessibilité de nourriture pour l’orignal et visibilité pour le chasseur — idéal pour les premières et dernières heures de la journée. En milieu de journée, je me dirige vers les forêts de conifères matures à proximité.

Forêt ouverte permet d’aller encore plus loin dans l’analyse. Sous le thème de carte « forestière », on peut consulter les peuplements écoforestiers. Le code écoforestier donne des informations précieuses : par exemple, un code débutant par SB indique une prédominance de sapin baumier. Un couvert de 65 % signifie que la lumière pénètre suffisamment pour permettre la croissance de feuillus en sous-étage. Une hauteur de 18 m indique un peuplement mature, donc un bon habitat pour l’orignal.

Les zones froides sont particulièrement recherchées lorsque les températures dépassent les 20 °C. Ces milieux se trouvent souvent près des têtes de ruisseaux, dans les zones inondées, les marais ou les forêts de cèdres. Les cartes topographiques et les cours d’eau visibles sur Avenza Maps sont des alliés précieux pour les repérer.

Enfin, il est possible de faire appel à un expert en chasse à l’orignal pour une analyse personnalisée de votre territoire. Ce service peut offrir un regard expérimenté sur les zones à privilégier selon les conditions et le moment de la saison. Honnêtement, c’est une ressource précieuse, autant pour les chasseurs novices que chevronnés.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq

Adapter son plan de chasse selon la météo

Le jour de la chasse, ce sont les conditions météo qui orientent mes choix de zones à cibler, et surtout, comment les aborder. Le vent, en particulier, est l’élément qui trahit le plus souvent les chasseurs. Un vent mal orienté alerte les orignaux de notre présence, ruinant toute approche.

C’est pourquoi, dès le début de la journée, je planifie mes déplacements en remontant le vent, en fonction des zones que j’ai préalablement identifiées. Selon la topographie et les obstacles naturels, certaines zones deviennent inaccessibles à bon vent. Il faut donc adapter sa stratégie en temps réel.

La température influence aussi le choix des secteurs. Lors des journées chaudes, je privilégie les zones fraîches, repérées à l’aide de cartes et d’observations terrain. En période plus froide, les orignaux se concentrent davantage dans les zones de nourriture et de protection.

Chaque décision est guidée par une lecture fine du territoire et des conditions du jour. C’est cette adaptation constante qui fait la différence entre une chasse ordinaire… et une chasse réussie.

Rester attentif au vent

Même après avoir consulté les prévisions, une fois en forêt, le vent peut se comporter tout autrement. Une montagne, un trou dans une forêt d’arbres matures ou un simple changement thermique peuvent complètement modifier sa direction… Les joies de la chasse!

En déplacement, je reste constamment attentif au vent. On peut le sentir sur la nuque, mais pour plus de précision, j’utilise une petite bouteille de poudre qu’on trouve facilement en magasin de chasse. En la relâchant dans l’air, elle révèle instantanément la direction du vent à mon emplacement exact. Cette information est cruciale, surtout lorsqu’un orignal tente de nous contourner pour capter notre odeur après avoir été interpellé.

Pour optimiser mes déplacements, je combine cette observation avec l’application Avenza Maps, qui me permet de naviguer efficacement vers les zones que je souhaite cibler. Une bonne lecture du vent, jumelée à une stratégie de terrain bien pensée, peut faire toute la différence entre une rencontre manquée… et une récolte mémorable.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq

Devenir un orignal dans le bois

Les nouvelles approches de chasse à l’orignal misent sur le mouvement et l’imitation. Plutôt que d’attendre passivement, les chasseurs se déplacent en forêt en incarnant un orignal. Ce gibier, naturellement curieux, viendra souvent enquêter lorsqu’il croit qu’un congénère pénètre son territoire.

La pratique des appels avant d’entrer en forêt est cruciale. Même si, de façon surprenante, les orignaux eux-mêmes ne sont pas toujours très habiles pour communiquer entre eux, votre capacité à produire le bon son au bon moment, et avec confiance, peut faire toute la différence.
Pour renforcer le réalisme, ajoutez des sons de déplacement : cassez des branches à hauteur d’épaule, arrachez des feuilles comme le ferait un orignal ou frottez une palette contre les arbres en marchant. Ces détails enrichissent l’illusion.

Mais l’élément le plus sous-estimé reste l’écoute. Les orignaux sont extrêmement attentifs à leur environnement. En ralentissant votre pas et en prenant régulièrement 15 à 60 secondes pour écouter, vous augmentez vos chances de détecter une réponse subtile, parfois à plus de 100 mètres. Un simple craquement de branche peut être le signe qu’un orignal approche.

Lors de ma dernière sortie, mon partenaire de chasse et moi avons mal interprété une réponse discrète. Si nous avions été plus attentifs, nous aurions peut-être récolté un superbe mâle au panache de 45 pouces… pour mon plus grand plaisir!

Faire preuve de persévérance

La chasse, c’est comme des montagnes russes. Pendant plusieurs jours, on avance dans l’attente, un peu comme dans une file sans savoir quand le manège va démarrer. Puis, soudainement, tout peut basculer : un orignal répond, et l’action commence.

En tant que chasseur, il est essentiel de rester optimiste et de maintenir une rigueur constante tout au long du séjour. Le gibier convoité se manifeste souvent sans avertissement, et chaque journée passée sur le territoire vous rend plus expérimenté. Même après des occasions manquées ou un silence prolongé, vous avez accumulé de précieuses informations et affiné vos techniques.

C’est pourquoi il faut chasser avec la même intensité le jour 5 que le jour 1. La persévérance est souvent la clé du succès. Cette année encore, c’est lors de notre toute dernière journée complète que nous avons récolté. Comme quoi, en chasse, rien n’est jamais joué d’avance.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Beside | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Beside | © Sépaq

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