Tanières et sites de rendez-vous

Très sensibles aux dérangements humains, plusieurs tanières et sites de rendez-vous ont été visités par les techniciens de la faune du parc pour bien connaitre ces milieux, et ce, afin de mieux les protéger.

La femelle reproductrice et un louveteau âgé d’environ un mois à la sortie de la tanière. Shutterstock | © Sépaq
La femelle reproductrice et un louveteau âgé d’environ un mois à la sortie de la tanière.

Les périodes biologiques

Ce graphique, qui illustre la distance entre deux individus d’une même meute, permet d’établir les dates approximatives des différentes périodes biologiques des loups du parc. © Sépaq

L’étude de 2015-2018 sur les loups du parc a permis d’établir les dates des différentes périodes représentatives de la biologie et de l’écologie des loups, soit la période de tanière, la période de sites de rendez-vous et la période nomade. En transposant sur un graphique la distance qui sépare deux loups d’une même meute (Adrianne et Galuzot) pendant une période de 12 mois, on peut voir apparaitre le comportement de ces derniers. On remarque que les deux individus sont ensemble, c’est-à-dire près l’un de l’autre, presque 100 % du temps entre la mi-octobre et la fin avril. C’est la période nomade, caractérisée par des déplacements et des activités de chasse auxquelles la meute entière participe. De la fin avril à la fin juin, les deux loups sont en moyenne 50 % du temps ensemble et 50 % du temps éloignés l’un de l’autre. C’est la période de tanière, caractérisée par la mise bas des jeunes dans une tanière, qui devient le centre d’activité pour les individus d’une meute. Outre la femelle reproductrice, les adultes s’éloignent fréquemment du site de tanière afin de chasser aux alentours pour subvenir aux besoins des louveteaux et de leur mère. Finalement, de la fin juin à la mi-octobre, Adrianne et Galuzot ne sont pratiquement jamais ensemble, puisque c’est la période de sites de rendez-vous. Durant celle-ci, les louveteaux sont de plus en plus mobiles et se déplacent à différents sites de rendez-vous, accompagnés par un adulte. Bien que la meute s’y réunisse régulièrement, les adultes, autres que celui en charge des jeunes, passent la plupart de leur temps à chasser ici et là afin de trouver les proies nécessaires à la survie des louveteaux qui sont en pleine croissance.

Période de tanière

Installation d’une caméra face à une tanière de loups, en arrière-plan. Eric Loiseau | © Sépaq

La période de tanière des différentes meutes fréquentant le parc varie d’avril-mai à juin-juillet. L’architecture des tanières de loups est généralement fort simple : un tunnel plus ou moins long avec une ouverture de forme plutôt arrondie ou légèrement aplatie. Après plusieurs années d’utilisation, la tanière peut se complexifier par l’addition de couloirs secondaires ou tertiaires débouchant ou non sur d’autres ouvertures. Souvent situées au sommet de petits monticules, ou encore dans le premier tiers des pentes, elles sont, la plupart du temps, orientées en direction sud et creusées dans des sols filtrants dont le matériau de surface possède des propriétés cohésives. À noter qu’une tanière de loups peut aussi être beaucoup plus rudimentaire, allant d’une ancienne hutte de castors à une grosse souche, ou encore, une cavité naturelle quelconque.

Il n’est pas nécessairement facile pour les loups de trouver les endroits possédant les caractéristiques nécessaires pour établir leur tanière. D’ailleurs, celles-ci sont souvent utilisées d’année en année par la même meute. Les loups prennent également soin de ne pas laisser de signes de présence aux alentours de la tanière afin que son emplacement demeure très discret. Ces sites importants sont alors très sensibles aux dérangements et à la présence humaine. Moins de dix sites de tanière ont été dénombrés sur le territoire du parc. Il en existe plusieurs autres encore inconnus.

Période de sites de rendez-vous

Visite d’un site de rendez-vous, caractéristique du parc, par les techniciens de la faune à l’automne 2021. Hugues Tennier | © Sépaq

À ce jour, une trentaine de sites de rendez-vous a été répertoriée sur le territoire du parc. La période de sites de rendez-vous débute à la fin de la période de tanière (juin-juillet). À ce moment, les louveteaux, âgés d’environ deux mois, ont besoin de bouger et sont très actifs. La meute doit alors quitter le site de tanière afin de garder le caractère secret de celui-ci. Jusqu’à l’automne, les adultes et les louveteaux occuperont plusieurs sites de rendez-vous. Ceux-ci sont des milieux semi-ouverts, généralement près d’un point d’eau, qui permettent aux louveteaux de poursuivre leur développement à travers le jeu, en pourchassant des insectes et de petites proies, en imitant le hurlement des adultes, etc. Évidemment, les louveteaux ne sont jamais seuls, puisqu’un adulte, pas nécessairement toujours le même individu, demeure avec eux en permanence. La meute occupe le même site de rendez-vous pour une période d’une semaine à trois ou quatre semaines. L’emplacement des sites de rendez-vous est souvent déterminé en fonction du lieu où les adultes auront réussi à abattre une grosse proie.

Période nomade

Les loups se suivent à la queue leu leu lorsqu’ils se déplacent dans la neige afin d’économiser leur énergie en marchant dans leurs traces. © Shutterstock

La période nomade débute à l’automne lorsque les louveteaux ont presque atteint leur taille adulte. Ils sont alors prêts à suivre les adultes pour poursuivre leur apprentissage. Jusqu’à leur retour au site de tanière au printemps, les déplacements et les activités de chasse des loups seront assurés par la meute entière. C’est à ce moment qu’ils utilisent la plus grande superficie de leur domaine vital pour subvenir à leurs besoins. L’hiver est aussi la saison où les cervidés sont plus faciles à capturer pour les loups, étant affaiblis par les rigueurs de l’hiver et la faible qualité énergétique de la nourriture.

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