Un grand prédateur nécessaire à l'équilibre des écosystèmes

En raison de son influence sur l’ensemble de la chaine alimentaire et du fait qu’il protège le milieu naturel d’un broutage excessif, le loup est une espèce clé nécessaire au maintien de l’équilibre des écosystèmes. Il a aussi été démontré scientifiquement que ce grand prédateur favorise la biodiversité.

Au parc national du Mont-Tremblant, les loups vivent généralement en meute de deux à dix individus. Shutterstock | © Sépaq
Au parc national du Mont-Tremblant, les loups vivent généralement en meute de deux à dix individus.

Régulation des proies

Le castor est l’une des principales proies des loups du parc national du Mont-Tremblant. © Shutterstock

Depuis un moment déjà, les scientifiques savent que les grands prédateurs jouent un rôle écologique majeur. Par sa présence à la tête de la chaîne alimentaire, le loup participe à la régulation du nombre de proies sur son territoire, évitant ainsi une surabondance d’herbivores pouvant compromettre la régénération végétale. Chez les canidés, cet équilibre à long terme entre les prédateurs et leurs proies est établi depuis plus de 40 millions d’années!

En plus d’éviter un broutage excessif des végétaux, donc d’assurer un meilleur équilibre des écosystèmes, l’effet régulateur du loup sur les cervidés favorise la santé de leurs populations. Bien que le loup vive en meute, il est très difficile pour lui de capturer de grosses proies. En pleine santé, le cerf de Virginie court sensiblement à la même vitesse que le canidé, qui est incapable de le rattraper. L’orignal, quant à lui, peut facilement blesser, voire tuer l’animal, avec ses violents coups de sabots. Le loup sélectionne alors les individus qu’il est capable d’abattre, soit généralement les individus faibles, âgés, blessés ou malades, permettant ainsi aux plus forts de survivre et de se reproduire. Son action limite aussi les risques de maladie et d’épidémie chez les proies.

La régulation des proies par le loup ne concerne pas que les cervidés. Une étude québécoise a démontré que le castor peut constituer près de la moitié de la diète du loup, selon la saison. Hormis l’hiver, le rongeur se retrouve souvent sur la terre ferme afin de s’alimenter et de trouver les matériaux nécessaires à la construction de sa hutte et de son barrage; il est alors très vulnérable. D’ailleurs, on retrouverait dans la région en moyenne quatre à cinq castors par colonie (ou famille) alors qu’en théorie il pourrait y en avoir une dizaine. Les castors ont, en moyenne, quatre petits par année et ces derniers quittent la colonie à l’âge de deux ans. Celle-ci est donc constituée de deux adultes accompagnés de deux générations. Ces chiffres nous démontrent clairement l’incidence importante que peut avoir le loup sur les populations de ce mammifère semi-aquatique, représentatif du parc et de la région.

Augmentation de la biodiversité

L'exemple de Yellowstone

En laissant des carcasses partiellement dévorées aux charognards, le loup favorise une variété d’espèces comprenant les ours, les renards et différents rapaces. © Shutterstock

L’exemple bien connu de la réintroduction du loup au parc national de Yellowstone, aux États-Unis, en 1995, est probablement celui qui illustre le mieux le rôle écologique du loup. Plus de 70 ans après sa disparition, le retour de ce grand prédateur a contribué à diminuer la trop grande densité de wapitis sur le territoire. Aussi, en réinstaurant la peur auprès de ses proies, le loup aurait forcé celles-ci à se déplacer davantage et à brouter moins intensément aux mêmes endroits. Tout ceci aurait entraîné une meilleure régénération de la végétation, entre autres en bordure des cours d’eau, augmentant la stabilité des berges et diminuant la dégradation des habitats aquatiques. Selon les biologistes ayant étudié ce phénomène de cascade trophique, c’est l’augmentation de cette nourriture qui a permis la hausse subséquente des populations de castors et de bisons.

De plus, l’augmentation de l’abondance de certains arbustes fruitiers, épargnés à la suite de la diminution du nombre d’herbivores, aurait même eu un effet positif sur la densité de grizzlis! Par ailleurs, la dominance du loup sur le coyote aurait provoqué une diminution des populations de ce dernier, et ce, d’environ 50 %. Ceci permet aujourd’hui d’observer une plus grande diversité de rongeurs ainsi que le retour de certains oiseaux nicheurs sur le territoire du parc, puisque ces proies, recherchées par le coyote, sont peu intéressantes pour le loup.

L’exemple de Yellowstone démontre que la présence du loup augmente l’abondance et la diversité des végétaux, des mammifères, des oiseaux, des amphibiens et des reptiles. En plus d’augmenter la biodiversité, le loup aurait même influencé positivement le réseau hydrographique du parc. Plusieurs scientifiques estiment d’ailleurs que si le loup n’avait pas été réintroduit sur le territoire, la végétation de ce dernier aurait continué à se dégrader de façon dramatique, poursuivant l’effondrement progressif de l’habitat. La présence du loup augmente alors la stabilité et la résilience du milieu naturel. L’écosystème est ainsi plus apte à faire face à des changements importants, comme les changements climatiques.

Saviez-vous que...

Le parc national du Mont-Tremblant protège une diversité d’habitats forestiers et aquatiques exceptionnels. Richard Carignan | © Sépaq

En plus d’être essentiel à la santé des écosystèmes, le loup est une espèce dite « ombrelle » ou « parapluie ». Cela signifie que les efforts pour sa conservation profitent à l’ensemble de la biodiversité, puisque le territoire du loup englobe celui de plusieurs autres espèces ayant un plus petit domaine vital.

Pour trouver les proies nécessaires à leur survie, les loups parcourent de très grandes distances. Chaque meute défend un territoire de quelques centaines de kilomètres carrés. Protéger le loup et son habitat, c’est protéger l’écosystème en entier!

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