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Blogue de conservation

Loup y es-tu?

5 janvier 2016


Depuis plusieurs années, dans le cadre du Fonds Parcs Québec, des citoyens font des dons ou adoptent un loup afin de favoriser la conservation de l’espèce au parc national du Mont-Tremblant. C’est avec plaisir que nous annonçons le démarrage d’un projet d’envergure en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et l’Université du Québec à Rimouski.

Pourquoi il est nécessaire d’en savoir plus sur les loups

Entre 2002 et 2008, le parc national du Mont-Tremblant a connu un épisode de loups familiarisés avec les humains et les infrastructures. Au cours de cette période, plusieurs initiatives de conditionnement négatif se sont avérées infructueuses et en 2007, 3 loups ont été abattus. En 2008, des lignes directrices de prévention et de gestion des loups familiarisés ont été élaborées et sont depuis mises en pratique. Bien que les problèmes associés aux loups familiarisés semblent derrière nous, les causes de la familiarisation de ces loups demeurent nébuleuses; il est donc essentiel de déterminer les facteurs qui expliquent la présence des loups à proximité des infrastructures et de la clientèle du parc, et ce, afin d’éviter qu’une telle situation se reproduise.

Avant tout, il importe de bien identifier l’espèce en cause. La région abrite plusieurs espèces, sous-espèces ou hybrides de grands canidés pour lesquels l’écologie, le comportement, la génétique et la tolérance envers l’homme diffèrent. Outre le loup gris (Canis lupus), le coyote (Canis latrans) et les hybrides de ces 2 espèces, un rapport technique laisse entendre que le parc pourrait également être fréquenté par des loups de l’Est (Canis lycaon), une sous-espèce à la situation préoccupante faisant l’objet d’une attention particulière quant à sa condition d’espèce ou de sous-espèce. À ce titre, la protection offerte par le parc national vis-à-vis du piégeage pourrait contribuer à la conservation du loup de l’Est.

Grâce à l’installation de colliers télémétriques, le projet de recherche permettra de cartographier les territoires des différents canidés et de voir comment ils se partagent l’espace. Si le loup de l’Est est présent, nous connaîtrons les secteurs qu’il fréquente et serons en mesure d’élaborer des mesures de conservation appropriées. Des analyses du choix de l’habitat permettront de connaître les ressources et les habitats les plus importants pour les grands canidés, en plus de préciser la relation qu’ils entretiennent avec les infrastructures humaines et les visiteurs du parc. Une étude attentive des patrons de déplacement permettra de localiser les tanières et les sites de rendez-vous, 2 habitats au sein desquels il faut minimiser le dérangement.

Une première séance de captures

À l’automne 2015, des techniciens et biologistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont collaboré avec ceux du parc dans le but de capturer 8 canidés. Nous avons installé un collier télémétrique sur 3 d’entre eux et ces tâches se poursuivront dans un avenir rapproché.

La démarche de piégeage a été approuvée par le comité de protection des animaux du gouvernement du Québec. Une série de mesures de sécurité visant à éviter que les animaux ne subissent de grands stress a été mise en œuvre. Seuls des pièges certifiés humanitaires conçus pour ne pas blesser les animaux ont été utilisés. Les colliers émetteurs sont très légers et seuls les animaux assez massifs pour supporter ce surplus de poids en ont reçu un. La manipulation des animaux ne dure que quelques minutes.

Figure 1 Manipulations lors de la capture d’un canidé

La suite des choses

Nous souhaitons apposer un collier émetteur à un individu provenant de chacune des meutes qui fréquentent le parc national, dont le nombre se situerait entre 8 et 10. L’étude actuelle des déplacements des loups permettra de cibler les prochaines séances de captures de façon à couvrir le plus grand nombre de meutes possible.

Ce projet devrait durer 3 ans. Une étudiante fera notamment sa maîtrise en gestion de la faune à l’Université du Québec à Rimouski grâce aux données colligées par ce projet.

Vous souhaitez en savoir plus?

Venez assister à notre causerie sur le sujet au cours de l’été 2016!


Hugues Tennier est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national du Mont-Tremblant. tennier.hugues@sepaq.com

Photos: Jacques Tremblay, parc national du Mont-Tremblant, Sépaq.

Vidéo: Émilie Dorion, parc national du Mont-Tremblant, Sépaq.


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