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De nouveaux résidents indigènes!

18 février 2014


Au cours de l’été 2013, lors des travaux préliminaires à l’implantation d’un sentier de randonnée en amont de la Chute-aux-Rats, un habitat est apparu propice à la présence du campagnol des rochers, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Par conséquent, un inventaire des micromammifères a été réalisé. Il s’agissait du troisième de l’histoire du parc. Voici ce qu’il nous a révélé.

Un peu d’histoire

Le premier inventaire de micromammifères effectué au parc national du Mont-Tremblant date de 1958. M. Pirlot y avait identifié le campagnol-lemming de Cooper au lac Monroe et au Lac-aux-Herbes. Il avait aussi démontré la présence de la musaraigne cendrée et de la souris sauteuse des champs. Un deuxième inventaire réalisé en 1995 dans le secteur de la Diable avait fait ressortir la souris sylvestre, la souris à pattes blanches, la souris sauteuse des bois, le campagnol à dos roux, la musaraigne cendrée et la grande musaraigne.

Du neuf pour 2013

Pendant l’été 2013, lors des travaux préliminaires à l’implantation d’un sentier de randonnée en amont de la Chute-aux-Rats dans le secteur de la Pimbina, un habitat est apparu propice à la présence du campagnol des rochers (Microtus chrotorrhinus), une espèce susceptible d’être désignée comme menacée ou vulnérable. Compte tenu de cette présence possible, un nouvel inventaire de micromammifères a été réalisé.

La méthode d’inventaire retenue est celle du transect, comme le recommande le protocole pour les inventaires de micromammifères du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) en 2005 pour les sites qui longent un cours d’eau. Cette méthode permet également de franchir une diversité d’habitats. Le transect d’inventaire fait 320 mètres.

Le site d’inventaire

La zone inventoriée présente un sol très rocheux composé de dépôts glaciaires de roche angulaire, carré ou rectangulaire. Le drainage est, en général, moyen et les sols sont semi-humides. Il y a un escarpement rocheux en aval avec une pente de 50 %. La pente est de faible à nulle en amont.

La forêt de conifères y est mature, probablement à dominance d’épinette rouge accompagnée de thuya occidental (surtout en bordure du ruisseau), de sapin baumier et de bouleau jaune. La forêt est relativement âgée (entre 80 et 100 ans). En amont, on retrouve une forêt mixte mature de sapin baumier, d’épinette sp., ainsi que de bouleau blanc et jaune. La berge de l’étang est herbacée et arbustive basse. Elle se compose de myrique baumier, de Carex sp., d’aulne, de cassandre et de ronce.

Rencontres du premier type

L’inventaire a permis de recenser sept espèces, soit la musaraigne cendrée, la musaraigne fuligineuse, la musaraigne palustre, le campagnol à dos roux de Gapper, le campagnol-lemming de Cooper, la souris sauteuse des bois et la souris sauteuse des champs.

L’identification des espèces s’est déroulée selon les critères présentés dans les volumes du recueil photographique des caractéristiques morphologiques servant à l’identification des micromammifères du Québec du MRNF.

Deux nouvelles espèces

Ce nouvel inventaire a permis de confirmer la présence au parc de la musaraigne fuligineuse et de la musaraigne palustre, soit des espèces qui n’avaient jamais été recensées au parc, mais qui étaient considérées comme potentiellement présentes. Ainsi, cet inventaire permet l’ajout de deux nouvelles espèces de mammifères à la liste des espèces confirmées du parc.

Rare et toujours au rendez-vous

Le campagnol-lemming de Cooper, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable, a été reconfirmé. Sa dernière mention datait de 1958. Cet animal provient d’une forêt mixte mature et inéquienne composée de sapin baumier, de bouleau blanc et jaune, ainsi que d’épinette sp., dont les arbres les plus âgés ont environ 80 ans. La strate herbacée y est faible (ne couvrant que 10 % de la surface) et il y a peu de bryophytes. De plus, on trouve à proximité une tourbière, un marais herbeux et une forêt mixte humide.

Le campagnol-lemming de Cooper pourrait trouver un habitat de tourbière et une forêt de conifères plus adéquats au lac aux Rats, situé à 350 mètres en amont du site de capture.

Un grand absent

Quoique l’habitat semble propice, aucun campagnol des rochers n’a été capturé. Celui-ci figure toujours parmi les espèces de micromammifères potentiellement présentes. La présence du campagnol des bruyères (Phenacomys ungava) et de la musaraigne pygmée reste aussi à vérifier.



Jacques Tremblay est garde-parc technicien du milieu naturel au parc national du Mont-Tremblant 

Hugues Tennier est  responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national du Mont-Tremblant tennier.hugues@sepaq.com
 
Photos: Jacques Tremblay; Émilie Dorion et parc national de la Yamaska.

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