Le Garrot d’Islande enfin aperçu - Blogue de conservation - Parcs Québec - Sépaq

Blogue de conservation

Le Garrot d’Islande enfin aperçu

19 septembre 2017


Depuis plus de 15 ans, le Garrot d’Islande est recherché sur le territoire du parc national des Monts-Valin. Au cours des dernières années, des nichoirs ont été installés et visités périodiquement afin de vérifier si cette espèce était présente au parc. Depuis 2013, des observations périodiques sur les lacs susceptibles d’accueillir ce petit canard plongeur ont aussi été réalisées. Tous ces efforts ont été récompensés en juin 2017 lorsqu’un couple a été aperçu au lac des Pionniers.

Garrot d’Islande ou à œil d’or?

Le garrot d’Islande (Bucephala islandica) est un canard plongeur de taille moyenne qui figure sur la liste des espèces à statut vulnérable du Québec depuis 2009. En effet, on estime qu’environ 6800 individus sont présents dans l’est du Canada, principalement concentrés au nord de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, dans la forêt boréale. En période de reproduction, l’espèce utilise généralement de petits lacs sans poisson où elle peut s’alimenter d’insectes aquatiques et de crustacés qui s’y trouvent en abondance.

Toutefois, une autre espèce de Garrot utilise aussi les lacs sans poisson en période de reproduction : le Garrot à œil d’or. À première vue, les 2 espèces sont presque identiques. Mais lorsqu’on y porte attention, certains traits permettent de bien distinguer les 2 espèces. Tout d’abord, le Garrot d’Islande mâle présente sur sa tête des reflets violets et un croissant blanc devant l’œil contrairement au Garrot à œil d’or qui possède une tête à reflet vert et un rond blanc devant l’œil. Quant à elles, les femelles sont plus difficiles à distinguer. La femelle du Garrot d’Islande a le bec plus court ainsi qu’un front plus abrupt. Son bec devient aussi complètement jaune pendant l’été, ce qui n’est pas le cas du garrot à œil d’or femelle.

Suivis et inventaires

En 2002, 3 nichoirs ont été installés près des lacs sans poisson afin de vérifier si le Garrot d’Islande nichait sur le territoire du parc. Une litière de copeaux de bois a été mise en place à l’intérieur des nichoirs afin de les rendre attrayants pour les canards arboricoles. Ces installations ont été visitées tous les automnes afin de vérifier si des traces de nidification étaient visibles à l’intérieur et, ultimement, pour vérifier si le nid avait été occupé par des Garrots d’Islande.

En 2013, une route d’observation a également été mise en place près des lacs sans poisson susceptibles d’abriter ce petit garrot. Pour réaliser l’inventaire, 4 stations permanentes d’observation ont été implantées dans le secteur du lac des Pionniers. Depuis, l’inventaire est fait une fois pendant la première semaine du mois de juin et une autre fois la dernière semaine de ce même mois.

Malgré tous ces efforts, toutes les observations de garrot faites dans les lacs sans poisson concernaient jusqu’à présent des Garrots à œil d’or.

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Figure 1. Signe de nidification laissé dans un des nichoirs, Marie-André Zizka

La découverte attendue

Finalement, au printemps 2017, après plus de 15 ans de recherche, un couple de Garrots d’Islande a été aperçu sur le lac des Pionniers. Les 2 individus sont restés assez longtemps sur place pour permettre à 2 gardes-parc de prendre des photos. Le couple est demeuré sur ce lac pendant plusieurs jours, mais depuis quelques semaines, ce n’est que la femelle qui y est observée. Comme le mâle s’envole pour l’Arctique immédiatement après le début de la couvaison, il est possible de croire que notre couple s’est reproduit et que des petits se pointeront le bout du bec très bientôt. Une visite régulière de ce lac perché sur le sommet du mont Valin permettra d’en avoir le cœur net. C’est donc une histoire à suivre !

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Figure 2. Garrot d’Islande femelle (A) et mâle (B) observé sur lac des Pionniers, Ariel Ferland-Roy


Ariel Ferland-Roy est garde-parc technicien au parc national des Monts-Valin.

Gabriel Brassard-Gaudreault est garde-parc patrouilleur au parc national des Monts-Valin.

Photo de couverture :Ariel Ferland-Roy


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