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Enquête de dépistage d’un puceron ravageur exotique en Montérégie

7 avril 2015


Le puceron lanigère de la pruche, originaire d’Asie, est aux portes du Québec. Une enquête visuelle axée sur la détection précoce de ce ravageur a été menée en 2014 aux parcs nationaux de la Yamaska et du Mont-Saint-Bruno et ailleurs en Montérégie. L’envahisseur n’a pas été dépisté.

Un minuscule ravageur venu d’Asie menace les pruches

Comment imaginer qu’une simple boule de mousse grosse comme la pointe d’un coton-tige puisse entraîner la mort de pruches géantes? C’est pourtant dans ces boules de coton, appelées « ovisacs », que se cachent jusqu’à 300 œufs du puceron lanigère de la pruche (Adelges tsugae Annand). Cet insecte originaire d'Asie est un important ravageur des pruches (Tsuga spp.). Sa présence a été signalée pour la première fois en Colombie-Britannique durant les années 1920, puis en Virginie, dans l'est des États-Unis pendant les années 1950. Depuis, le puceron lanigère de la pruche s’est répandu, causant la mort d’un très grand nombre de pruches du Canada (Tsuga canadensis (L.) Carr.) et de pruches de Caroline (Tsuga caroliniana Engelm.). Il menace aujourd’hui l’existence de ces 2 espèces dans de nombreuses régions du Canada, dont le sud-ouest du Québec avec ses peuplements de pruches du Canada.


Figure 1 Ovisacs à la base des aiguilles d’une pruche

Figure 2 Branche infestée par le puceron lanigère de la pruche, Niagara 2013

Figure 3 Œufs du puceron lanigère de la pruche dans un ovisac sous le microscope

Figure 4 Puceron lanigère de la pruche

En 2012, un arboriculteur a observé un premier foyer d’infestation sur 5 arbres d’un terrain privé de la région d’Etobicoke en Ontario. Il s’agissait de la première détection du puceron lanigère de la pruche à l’extérieur de la Colombie-Britannique. Un deuxième site d’infestation a été découvert par des employés de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) en Ontario en 2013, cette fois sur un arbre d’un secteur boisé de la région de Niagara, à environ 100 kilomètres au sud du site d’Etobicoke. Des enquêtes de délimitation effectuées l’année suivante ont permis de confirmer d’autres sites d’infestation isolés à proximité. Dans les 2 cas, les arbres atteints ont été coupés et brulés afin d’éliminer le ravageur. Il n’a pas été possible d’identifier la source de ces introductions, mais il semble plausible que dans le premier cas (Etobicoke), du matériel de pépinière infesté ait pu être en cause. Dans le deuxième cas (Niagara), puisqu’il s’agit d’un arbre dans une zone densément boisée, il est possible que la contamination ait été due à des causes naturelles comme le transport par le vent ou les oiseaux.

Un mandat essentiel de protection des forêts

Un des mandats de l’ACIA consiste à protéger les ressources végétales contre les ravageurs, les maladies et les espèces envahissantes qui pourraient être introduits au pays, bien camouflés dans des produits importés ou des matériaux d’emballage. L’ACIA effectue chaque année des enquêtes de détection d’un bout à l’autre du pays pour différents ravageurs touchant la foresterie, l’horticulture et les grains et grandes cultures. Les activités de l’équipe de surveillance phytosanitaire permettent le maintien du statut de zone exempte de ravageurs, la détection de nouvelles populations et la délimitation des zones infestées par des ravageurs dont l'aire de distribution est restreinte au Canada.

En 2014, l’équipe de surveillance phytosanitaire de l’ACIA a procédé à des enquêtes de détection du puceron lanigère de la pruche dans 121 sites de l’est du Canada, dont 30 au Québec. Les sites incluaient des parcs et espaces verts, des prucheraies à proximité de la frontière canado-américaine et des pépinières. À la SÉPAQ, des inspecteurs de l’ACIA ont visité les parcs nationaux de la Yamaska et du Mont-Saint-Bruno dans le cadre de cette enquête. Aucune détection du puceron lanigère de la pruche n’a été faite en 2014 au Québec. De nouvelles enquêtes sur le puceron lanigère de la pruche sont prévues pour 2015 dans ces territoires protégés et ailleurs dans l’est du Canada.

Le public mis à contribution pour la sauvegarde des arbres

La détection est le premier outil dans la lutte contre les ravageurs exotiques. En les détectant tôt, on peut plus facilement en atténuer l’impact. Chacun peut contribuer à la sauvegarde des arbres en évitant de déplacer du matériel potentiellement infesté et en alertant l’ACIA lorsqu’un arbre montrant des signes semblables à ceux causés par le puceron lanigère de la pruche est découvert. Pour apprendre comment reconnaître une pruche et identifier le puceron lanigère, visitez la page web de l’ACIA. La protection de nos forêts est l’affaire de tous.


Lucie Gagné, Agence canadienne d’inspection des aliments.

Alain Mochon est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska. mochon.alain@sepaq.com

Photos: Tom McAvoy,Virginia Tech, Blacksburg, VA et Julie Holmes, ACIA.


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