Chasser léger

Ma philosophie pour les séjours de septembre

Par Phil Paradis

S’il y a une chose que les dernières années m’ont apprise, c’est que les chasses de septembre ne sont plus tout à fait ce qu’elles étaient. Les matinées sont encore fraîches, mais les après-midis peuvent rapidement devenir très chauds. Il n’est plus rare de voir le mercure dépasser les 20 °C, même en pleine période de chasse.

Réserve faunique de Matane Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq

Cette nouvelle réalité nous oblige à revoir notre façon de préparer notre équipement. Pendant longtemps, j’avais tendance à apporter beaucoup de vêtements « au cas où ». Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Je préfère voyager léger, m’adapter aux conditions et miser sur des vêtements polyvalents plutôt que sur des couches épaisses.

Avant chaque sortie, je consulte toujours les prévisions météo. C’est devenu un réflexe. Cela me permet de choisir les bons vêtements plutôt que d’apporter toute ma garde-robe avec moi dans le bois.

Vêtements de chasse par temps chaud

S'habiller par couches

Je commence toujours avec une couche de base technique composée de polyester et de spandex. Portée directement sur la peau, elle évacue rapidement l’humidité produite par l’effort. C’est probablement le vêtement le plus important de mon ensemble. Lors des journées les plus chaudes, il m’arrive même de ne porter que cette couche sur le haut du corps. Pour ceux et celles qui préfèrent une fibre naturelle, la laine mérinos fine fait aussi très bien le travail : elle évacue l'humidité et limite les odeurs, un vrai plus sur plusieurs jours.

Dans mon sac, j’apporte toujours un chandail en laine polaire légère avec capuchon. Les températures changent rapidement au lever du jour, en soirée ou lorsqu’un vent frais se lève. Un bon chandail de laine polaire est silencieux, respirant et sèche rapidement. Il offre juste assez de chaleur sans devenir encombrant.

Pour le bas du corps, je privilégie un pantalon de chasse mince, sans isolant, taillé dans un tissu synthétique léger qui sèche vite. La couche de base fait déjà une bonne partie du travail et je trouve rarement nécessaire de porter un pantalon plus chaud en septembre. En plus d’être plus confortable pour marcher, un pantalon léger permet de mieux évacuer la chaleur lorsque les déplacements se multiplient.

Je ne quitte jamais le camp sans un imperméable léger, compressible et permettant l’évacuation de l’humidité. Selon moi, l’humidité est le pire ennemi du chasseur. Il suffit d’une bonne averse ou d’une végétation détrempée pour mouiller les vêtements. Dès que la température redescend, l’inconfort s’installe rapidement. Un imperméable de qualité prend peu de place dans le sac et peut sauver une journée entière de chasse.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq

Quoi mettre dans son sac à dos de chasse

En parlant de sac, j’ai adopté une règle bien simple : plus il est petit, mieux c’est. Un grand sac finit presque toujours par être rempli d’objets qui ne serviront jamais. Lorsqu’on passe plusieurs heures à marcher, chaque livre compte.

Je transporte uniquement le strict nécessaire : de l’eau, une trousse de premiers soins, quelques barres tendres, du papier hygiénique dans un sac hermétique, le minimum pour rechercher et éviscérer mon gibier ainsi qu’une paire de bas de rechange, elle aussi rangée dans un sac hermétique. Rien de plus.

Cette simple paire de bas peut sembler anodine, mais elle fait souvent toute la différence. Après plusieurs heures de marche, enfiler des bas secs procure un confort immédiat et permet de poursuivre la journée dans de meilleures conditions.

Yan Kaczynski | © Sépaq
Yan Kaczynski | © Sépaq

Bas et bottes de chasse

Garder les pieds au sec

Depuis quelques années, j’utilise aussi une combinaison de bas qui fonctionne très bien pour moi. Je porte d’abord une paire de bas minces en laine de mérinos, puis une paire de bas munie d’une membrane imperméable. Ce duo garde mes pieds au sec beaucoup plus longtemps, même lorsque je traverse des secteurs humides et où la rosée est abondante.

Côté chaussures, je mise sur des bottes avec une excellente membrane imperméable qui permettra une certaine évacuation de l’humidité, assez haute pour affronter la rosée et les secteurs détrempés. Je préconise des bottes en cuir qui sont très durables et me donnent un très bon support au niveau de la cheville. Ne craignez pas d’investir plus de 300 $ sur ce type de bottes; elles seront vos alliées pour plusieurs années. Également, je conditionne le cuir avant et après ma saison de chasse avec une graisse pour assouplir le cuir et l’imperméabiliser.

Au fond, préparer son équipement pour la chasse de septembre ne consiste pas à apporter davantage de matériel. C’est plutôt l’inverse. Chaque objet doit avoir une raison de se retrouver dans votre sac. En éliminant le superflu et en choisissant des vêtements adaptés aux conditions actuelles, on gagne en mobilité, en confort et, surtout, on profite davantage de chaque journée passée en forêt.

Je vous souhaite une excellente saison de chasse. Prenez le temps de bien préparer votre équipement, adaptez-vous aux conditions et profitez pleinement de tout ce que les séjours de septembre ont à offrir, que ce soit dans votre coin habituel ou dans une réserve faunique de la Sépaq.

Phil Paradis

À propos de Phil Paradis

Phil Paradis est un chasseur passionné originaire du Bas-Saint-Laurent. Âgé de 28 ans, il a parcouru plusieurs continents pour vivre sa passion et enrichir ses connaissances auprès de chasseurs d’expérience, dont l’Homme Panache. Évoluant dans le réseau Ecotone depuis plus de 15 ans, il possède également une solide expertise en matière d’équipement de chasse, qu’il met à profit pour conseiller les chasseurs et partager sa passion du plein air.

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