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Carnet de voyage au parc national du Bic

En collaboration avec Éric Deschamps, photographe de nature sauvage

Situé dans l’estuaire du Saint-Laurent, le parc national du Bic est reconnu pour ses caps, ses baies, ses îles et ses montagnes qui en mettent plein la vue, mais aussi pour sa riche population de cerfs de Virginie. J’aime bien y faire un tour au printemps, car c’est un moment clé dans le cycle annuel de cet animal, avec la fonte des neiges et le renouveau de la végétation. 

Parc national du Bic Parc national du Bic
Parc national du Bic - On peut constater la mue de cette femelle cerf de Virginie vers sa fourrure d’été. Éric Deschamps | © Sépaq

Au printemps, la fourrure des cerfs qui s’était épaissie pour l’hiver s’amincit et tombe graduellement : c’est le début de la mue. La fourrure d’été est bien différente de celle d’hiver. Évidemment, ce pelage printanier clairsemé ne met pas en valeur toute la beauté des cerfs de Virginie, mais la saison amène son lot de magie. C’est un moment crucial où les cervidés mangent beaucoup pour se refaire des forces et dans ce contexte, la nature luxuriante du Bic est un garde-manger idéal!

Pour d’autres mammifères terrestres comme le renard roux, le printemps est une période importante, car c’est à ce moment de l’année que les bébés, nourris dans leur terrier depuis leur naissance quelques mois plus tôt, sortent pour découvrir le monde, leur monde. Papa et maman renard doivent donc redoubler d’efforts pour chasser et nourrir cette grande famille. 

Du côté des mammifères marins, la fin du printemps sonne le retour dans la région du Bic, l’un de leurs lieux favoris dans l’estuaire du Saint-Laurent. Après la mise bas, les phoques communs sont ainsi de plus en plus nombreux à se pointer le bout du museau, au fil des mois de juin, juillet et août.

Oasis pour oiseaux

Le printemps offre aussi un spectacle fascinant de diversité faunique aviaire. En effet, le parc national du Bic est un endroit clé pour la migration de plusieurs espèces d’oiseaux, car le mélange des eaux douces et salées crée une abondance des marais riches en nourriture, tandis que les nombreuses baies protègent les oiseaux des vents. Ces baies servent ainsi de lieux de repos à court terme pour la migration de plusieurs espèces, comme le plongeon huard que j’ai eu le bonheur d’observer au Havre-du-Bic. Il prenait probablement une pause avant de poursuivre sa route vers l’est, pour aller nicher dans un lac d’eau douce riche en poissons. On peut aussi faire des observations printanières étonnantes, comme cette grande aigrette qui, entourée d’une dizaine de grands hérons, contrastait par le blanc vif de son plumage. Il s’agit d’une visiteuse occasionnelle, qui s’arrête parfois au Bic lors de ses migrations de printemps et d’automne.

Plusieurs bancs de macreuses, eiders à duvet, guillemots à miroir, grands hérons, passereaux et limicoles peuvent aussi être observés à cette période de l’année. En prime, le parc national du Bic est situé en plein corridor de migration pour des rapaces tels l’aigle royal, le pygargue à tête blanche, la buse à queue rousse et l’urubu à tête rouge. Le printemps est également un moment où les petits oiseaux de proie sont très actifs pour nourrir leur nichée en chassant de plus petits oiseaux. C’est le cas de ce faucon émerillon en pleine séance de repérage.

Parc national du Bic
Parc national du Bic - Comme bien d’autres espèces, ces bruants à couronne blanche profitent du beau temps. Éric Deschamps | © Sépaq
Parc national du Bic
Parc national du Bic - Le sommet des conifères est un perchoir de chasse idéal pour le faucon émerillon. Éric Deschamps | © Sépaq
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Parc national du Bic - Visiteuse occasionnelle du Bic, la grande aigrette se démarque par son plumage blanc immaculé. Éric Deschamps | © Sépaq

Le trio de l’été : respect, plaisir et découverte

Pour les employés du parc national, le printemps est une période occupée : redressement des sentiers, ménage des campings, préparation à l’arrivée des visiteurs pour la saison estivale… Pendant que les employés s’affairent, la nature est déjà prête à accueillir les chaudes journées d’été et à danser avec les multiples adaptations de l’écosystème, qui suivent leur propre rythme, indépendamment de l’activité humaine.

Chez les cerfs de Virginie par exemple, les femelles se préparent à la mise bas tandis que les mâles se regroupent entre eux pour les mois chauds d’été. Or, ces cerfs — comme tous les autres animaux — sont autonomes dans leur vie sauvage. Même si elle est amenée à vivre à proximité de nos activités, de nos habitations et de nos chemins, la faune demeure fondamentalement indépendante de nous, les humains. On croit parfois qu’à cause de l’adaptation de leur comportement à l’activité humaine, les animaux sauvages ont besoin de nous, mais c’est faux. Ainsi, même si les nourrir peut sembler bénéfique à nos yeux, cette pratique nuit à leur bien-être. Oui, la proximité des animaux sauvages, leur beauté et la douceur des moments passés dans leur environnement donnent envie d’interagir avec eux, mais il faut garder en tête que moins il y a d’interactions, mieux c’est. En d’autres mots : en nature, être un témoin plutôt qu’un acteur, c’est avoir à cœur le bien-être de la faune.

Ces animaux partagent avec nous le territoire extraordinaire du parc national du Bic, dans lequel ils vivent et prospèrent au gré des saisons. Cet été, en randonnée, en vélo ou lors de toute autre activité de plein air, je vous encourage à éveiller vos sens, à regarder mieux et à écouter plus attentivement. Vous verrez qu’à travers les branches, la magie opère bien plus souvent qu’on le pense!

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Parc national du Bic - Un jeune renard en mue emprunte les sentiers de la ferme Rioux. Éric Deschamps | © Sépaq
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Parc national du Bic - Un renard roux au retour de la chasse, probablement en direction de son terrier. Éric Deschamps | © Sépaq
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Parc national du Bic - Même en pleine mue, la beauté des cerfs de Virginie est indéniable. Éric Deschamps | © Sépaq
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Parc national du Bic - Un comportement respectueux en nature mène souvent à des rencontres magiques. Éric Deschamps | © Sépaq

Prenons soin de la nature

 La nature procure une foule de bienfaits, quelle chance de pouvoir en profiter! Pour prendre soin d’elle en retour, voici quelques gestes simples à adopter pour vous faire discret lors de votre passage dans un parc national.

  • Autant que possible, essayez de ne pas vous faire remarquer par les animaux.
  • Même s’il est tentant de s’approcher d’eux, observerez-les à distance et ne les nourrissez pas, leur bien-être et leur survie en dépendent.
  • Rangez les aliments et autres produits odorants dans un contenant hermétique qui emprisonne les odeurs et placez le tout à l’abri des intrusions.
  • Pour préserver la flore et permettre sa régénération, laissez le bois mort sur place.

À propos d'Éric Deschamps

Après avoir entamé des études en actuariat à l’Université du Québec à Montréal, Éric Deschamps a pris une décision qui allait faire dévier sa trajectoire. Quitter les statistiques, dire au revoir à la métropole qu’il habitait depuis toujours et plier bagage. Son plan de match? Partir à l’aventure. Il s’installe alors à Cap-Chat en Gaspésie pour y apprendre la photographie comme autodidacte. Caméra en main, il sillonne les forêts du Québec à la recherche de moments inédits.

Éric a remporté, en septembre 2018, le Prix Focus dans la catégorie Relève du Musée National de la Photographie.

Suivez aussi ses aventures sur sa page Facebook Nature en vue.

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