Des éléphants aux loutres de mer

Le parcours inspirant de Lorrayne

À l’Aquarium du Québec, nos entraîneurs ont souvent des parcours fascinants, mais celui de Lorrayne Gabrielle Dias Dantas l’est tout particulièrement. De la savane brésilienne aux rives du Saint-Laurent, rencontre avec une passionnée qui se prépare pour l’un des plus grands défis de sa carrière : l’arrivée des loutres de mer!

© Aquarium de Vancouver

Du Brésil au Québec

Originaire de Brasilia, Lorrayne répète depuis son plus jeune âge qu’elle sera un jour biologiste marine. Après ses études universitaires en biologie, elle devient entraîneuse des félins et des grands mammifères de l’Afrique au Zoo de Brasilia, où elle soigne des géants comme Thor, un rhinocéros qui craint la pluie, et Chocolat, un éléphant nerveux.

C’est en 2020 que son destin marin se concrétise, avec son arrivée au Canada pour prendre un nouvel envol à l’Aquarium du Québec. Après avoir travaillé avec des espèces aussi variées que les méduses, les phoques, les renards arctiques et les ours blancs, elle se prépare maintenant à accueillir quatre nouvelles pensionnaires pleines de caractère : les loutres de mer.

© Sépaq
Kléo Carrier | © Sépaq

Une immersion intensive à Vancouver

En octobre 2024, Lorrayne et ses collègues s’envolent vers Vancouver pour une formation intensive d'une semaine. Plongée au cœur d’une bande d’une dizaine de loutres, Lorrayne découvre les secrets de cette espèce unique, en compagnie des entraineurs de l’Aquarium de Vancouver

Elle y apprend l'importance vitale du pelage : « Les loutres n'ont pas de couche de graisse. C'est leur fourrure, tel un manteau imperméable, qui les protège de l'hypothermie. »

Lors de son séjour à Vancouver, elle aide les entraineurs à soigner des bébés rescapés, dont les entraîneurs devaient assécher le poil manuellement, remplaçant ainsi les soins maternels essentiels.

Lorrayne découvre aussi l’astuce des « poches » : les loutres possèdent des replis de peau sous les bras pour cacher de la nourriture ou des cailloux! « Il faut toujours être en alerte et faire attention à ce qu’on leur donne. Les loutres de mer, c’est un tout autre monde! », lance Lorrayne avec un grand sourire. « Elles sont ultra-actives, joueuses et ne s’arrêtent jamais. Pour un entraîneur, c’est un défi de chaque instant : il faut stimuler leur intelligence débordante à chaque repas. »

© Sépaq
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Le défi des vitamines et du « Time Out »

Côté logistique, l'entraînement des loutres demande une ingéniosité hors pair. Contrairement aux phoques qui avalent leurs poissons d'un coup, les loutres déchiquètent leur nourriture et sont expertes pour détecter (et recracher!) les pilules de vitamines. La solution apprise à Vancouver? Réduire les vitamines en poudre et les mélanger à de la gélatine et des palourdes.

L'entraînement d’un groupe de loutres est aussi un sport d'équipe rigoureux. « Les loutres sont de petites ratoureuses! », explique Lorrayne. Si l'une d'elles décide de quitter l'entraînement, elle risque de jouer les trouble-fête et de voler la nourriture des autres. La règle d'or? Le « Time Out ». Si une loutre arrête, tout le monde arrête. Un contraste frappant avec les phoques, où l'on peut continuer avec les individus restants.

Le grand jour approche : opération cargo

L'arrivée des quatre loutres de Vancouver en juin sera une opération de haute voltige. Elles voyageront en avion-cargo, accompagnées d'un vétérinaire, une conservatrice et d'un entraîneur sénior de Vancouver. Une équipe complète du Québec (entraineurs, vétérinaire, conservatrice, équipe technique) les attendra à l'aéroport pour le transfert terrestre final vers leur tout nouvel habitat.

« C’est un bon stress », admet-elle. Avant le Jour J, l'équipe s'affaire : préparation des jouets robustes (« loutre-proof »!), création d'enrichissements glacés et plongée de nettoyage des bassins.

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© Aquarium de Vancouver

Une question de « match » naturel

À leur arrivée, les loutres seront en quarantaine sous un protocole de biosécurité strict. Comme elles sont sensibles aux virus (incluant la COVID-19), les guides porteront le masque au moindre doute pour protéger l'immunité des nouvelles venues.

Et qui entraînera qui? « On va attendre de voir leurs personnalités », confie Lorrayne en riant. « Il y a toujours des matchs naturels entre un humain et un animal. Elles ont déjà tout mon cœur, mais j'ai hâte de voir laquelle sera mon prochain coup de foudre! »

Préparez-vous, cet été sera loutrement mémorable à l'Aquarium!

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