Initier son ado à la pêche

Par Patrick Campeau, pêcheur professionnel

Vous venez de réserver un séjour de pêche et cette fois-ci, vous y allez avec votre ado. Si l’aventure est agréable, elle laissera des souvenirs durables. Qui sait, ce jeune ou cette jeune néophyte se transformera peut-être en adepte, voire en passionné(e) de la pêche? Pour vivre tous deux une belle expérience, une bonne préparation est essentielle. Une fois sur le lac, vous pourrez ainsi savourer le moment.

Voici quelques conseils qui font toute la différence!

Fokus Productions | © Sépaq

Bien se préparer

Prenez le temps d’expliquer le scénario à votre partenaire de pêche pour lui donner une idée de ce qui s’en vient. Parlez-lui du temps de transport nécessaire pour se rendre au site, de votre hébergement, des installations disponibles ou non (douche, cuisine, quai, embarcation…), du type de pêche que vous ferez, des espèces de poissons que vous ciblerez, etc.

Faites aussi un examen rigoureux de son matériel de pêche en sa compagnie. Ce serait dommage de constater, une fois sur place, que son moulinet ne fonctionne pas bien ou que son fil n’est plus utilisable…

À l’adolescence, les kits pour jeune enfant sont moins appropriés. Pourquoi ne pas lui offrir un ensemble canne et moulinet qui ressemble au vôtre? Si vous pêchez au lancer léger par exemple, votre partenaire se sentira bien outillé(e) même si vous n’avez payé son matériel qu’une trentaine de dollars. Vous pouvez aussi emprunter une canne à l’un de vos proches.

Préparez ensuite une liste de matériel à apporter (au besoin, consultez l’aide-mémoire de la Sépaq pour une journée de pêche) et demandez à votre ado de préparer consciencieusement ses équipements. Vêtements chauds, imperméable, veste de sauvetage, chasse-moustique, lotion solaire, casquette, bottes, lunettes de protection, sac de couchage, trousse de toilette… Si quelque chose est oublié, il faudra s’en passer! Faites quand même une vérification de ses bagages avant de partir. ;)

Dans un autre registre, prenez le temps de lui expliquer que vous tenterez de déjouer un être vivant qui évolue dans un environnement bien différent. À la pêche, il n’y a rien de garanti. Mais plus vous serez astucieux, patients, méthodiques et attentionnés, plus vous aurez de chances de capturer les poissons ciblés. Cela dit, même si vous n’attrapez rien, ce n’est vraiment pas grave! Vous aurez passé un beau moment ensemble dans un environnement apaisant et de toute beauté. Et gageons que la nature environnante vous fournira plein de choses fascinantes à observer!

Pratiquer ses lancers

Quand j’étais jeune, mon grand-père plaçait un couvercle de poubelle par terre dans la cour arrière. Il ficelait un vieux leurre sans hameçon au bout de mon fil et me positionnait à une douzaine de mètres de cette cible. Je devais alors lancer ma ligne et essayer d’attraper le couvercle métallique. J’adorais ce type de défi amusant! En prime, une fois dans la chaloupe ou sur le bord de l’eau, j’avais beaucoup plus de facilité à lancer au loin vers l’endroit souhaité. Pourquoi ne pas essayer avec votre ado?

Vous pouvez aussi lui confier une autre mission : apprendre à faire un nœud, le Palomar par exemple. Donnez-lui une vieille bobine de fil pour qu’il ou elle se pratique et trouvez un diagramme de fabrication sur Internet (le guide l’ABC de la pêche de la Sépaq en contient). Une bonne façon de travailler sa dextérité fine pour se sentir plus efficace une fois sur place.

Avant de partir, montrez-lui aussi à manier l’épuisette. Expliquez-lui qu’il faut immobiliser le filet dans l’eau et attendre que le prédateur, qui s’est laissé leurrer, passe à proximité avant de le remonter. Il ne faut pas « courir » après le poisson, même si c’est un réflexe bien naturel au début.

Autre notion intéressante à partager : dans l’éventualité d’une bataille acharnée avec un beau spécimen, il faut relever la canne lors du combat, ce qui permet de fatiguer le poisson et de le rapprocher de votre position. On baisse ensuite la canne lentement pour mouliner et récupérer le fil. Expliquez à votre ado que la perche sert d’amortisseur et que le frein du moulinet laisse dévider le fil quand il y a trop de tension. Une démonstration est utile : prenez la corde à pêche et tirez doucement pour que la bobine se déroule sur elle-même. Votre partenaire de pêche réalisera que lorsque le frein fonctionne, on entend un bruit facilement identifiable. Dans ce cas, il ne faut pas continuer à tourner la poignée, au risque de vriller le fil.

Beside | © Sépaq
Charles Boutin | © Sépaq
Beside | © Sépaq
Hooké | © Sépaq

Élaborer un plan d’action

Votre ado doit savoir que les poissons effectuent des migrations saisonnières et qu’ils ne se trouvent donc pas toujours aux mêmes endroits. Plusieurs facteurs influencent leur position : la température de l’eau, la prédation, la période de reproduction, les conditions météos, alouette!

De plus, les vertébrés aquatiques sont attirés par les structures qui modifient la morphologie du fond du plan d’eau. Ils se servent de ces cachettes naturelles pour se mettre à l’abri et se sentir en sécurité, et pour se cacher afin de chasser leurs proies… ou éviter d’en devenir une!

L’utilisation d’un sonar vous permettra de trouver facilement les poissons. De plus, c’est amusant d’apprendre à utiliser cet appareil! Si vous n’en possédez pas, la pêche à la traîne est un bon moyen pour localiser les endroits les plus prometteurs.

Invitez votre ado à expérimenter, à essayer différentes approches qui l’intriguent. Qui sait, c’est peut-être lui ou elle qui trouvera le bon plan d’attaque?

Pêcher l’omble de fontaine

Si vous souhaitez attraper des truites mouchetées, vous pouvez conseiller à votre jeune partenaire d’attacher un émerillon au bout de son fil : celui-ci absorbera les rotations occasionnées par les cuillères métalliques. Expliquez-lui que les Williams Wabler, les Lake Clear Wabbler, les Geneva, les Flasher, les Toronto Wobbler, etc. génèrent des reflets et des vibrations qui attirent les poissons. Montrez-lui à installer derrière ces cuillères un bas de ligne et à le nouer avant d’y installer un ver de terre, une mouche ou un leurre souple. Faites-lui choisir sa combinaison et rappelez-lui d’avoir confiance dans sa présentation!

Débusquer le doré

Lorsque le roi des percidés se rapproche des rives au printemps — ou en fin de soirée le reste de l’année —, il est agréable de laisser traîner un poisson-nageur loin derrière l’embarcation et d’attendre l’action.

Si les dorés se vautrent en profondeur, il faudra opter pour une tête plombée et un leurre souple. Expliquez qu’il faut soulever le jig (joliment appelé la dandinette, en français) d’environ 25 à 30 cm du fond, puis le laisser redescendre tout en le soutenant, car c’est à ce moment que le doré mord le plus souvent. Les touches peuvent être très subtiles et à la moindre petite secousse, il faut ferrer. Pour que votre ado ait confiance, rappelez-lui qu’il n’y a rien de mal à manquer son coup et qu’il ne faut pas hésiter à ferrer à la moindre suspicion.

Mathieu Dupuis | © Sépaq
Beside | © Sépaq

Manipuler le brochet

La majorité des offrandes métalliques et de nombreux devons plaisent particulièrement aux carnassiers dotés de grandes dents acérées. À la traîne ou au lancer, ciblez la proximité des herbiers, des baies et des premiers escarpements pour attirer le brochet. Et prenez le temps de montrer comment bien manipuler le brochet, car des gestes assurés permettent d’éviter les blessures.

Respecter la nature

Au cours de cette initiation, ne ratez pas l’occasion de rappeler à votre ado à quel point la nature est belle et généreuse, et qu’il faut qu’elle demeure ainsi. C’est une chance de pouvoir prélever des poissons, ou tout au moins d’essayer. Mais il est aussi important de limiter notre empreinte et de vouer le plus grand des respects à mère nature.

Enfin, montrez à votre ado comment bien manipuler ses captures, incluant la remise à l’eau. Faites-lui savoir qu’il n’y a pas de problème à conserver des poissons pour la consommation, mais qu’il n’y a pas de souci à en gracier pour que les générations de demain puissent, elles aussi, découvrir les joies de la pêche. Un jour, votre ado deviendra peut-être mentor à son tour…

Bonne pêche et bonne initiation!

Patrick Campeau

À propos de Patrick Campeau

Champion du Québec à trois reprises et seul Québécois intronisé au Panthéon canadien de la pêche, Patrick Campeau célèbre cette année ses 35 ans de carrière comme pêcheur professionnel à temps plein. Il est reconnu comme une référence dans le domaine. L’Association canadienne de l’industrie de la pêche sportive lui a d’ailleurs remis un prix honorifique pour souligner son implication et son dévouement envers la promotion de cette activité. Patrick Campeau partage sa passion, ses expériences et ses aventures avec les lecteurs d’une dizaine de revues et journaux spécialisés, dont le Journal de Montréal chaque fin de semaine.

www.pcampeau.com

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