Portrait du parc - Parc national d'Anticosti - Parcs nationaux - Sépaq

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Parc national d'Anticosti

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Portrait du parc

Histoire de la création du parc national d'Anticosti

L'idée de créer un parc sur l'île d'Anticosti remonte à fort longtemps. Dès les années vingt, la richesse floristique d'Anticosti avait été mise en lumière par le frère Marie-Victorin, qui avait notamment qualifié le canyon de la rivière Vauréal de «remarquable sanctuaire» pour les fougères.

C'est en 1974 qu'est mentionnée, pour la première fois, l'idée de créer un parc à l'île d'Anticosti dans le secteur de la rivière Vauréal.  En 1987, la MRC de la Minganie reprenait cette idée dans son Plan d'aménagement.

Par la suite, quelques études et plans ont été retenus pour la création d'un parc. Le secteur de la rivière Vauréal a toujours été considéré comme le meilleur site pour la création d'une aire protégée.

En 1996, des études biophysiques et des inventaires ont été effectués afin de produire un document  Projet de parc de la rivière-Vauréal « État des connaissances ». En 1999, des audiences publiques eurent lieu sur le projet de parc.

Conscient de la nécessité d'assurer la protection permanente de certains éléments exceptionnels et des milieux fragiles d'Anticosti, le gouvernement du Québec crée le 26 avril 2001, le parc national d'Anticosti.


Le patrimoine naturel du parc

L'île d'Anticosti, immense territoire boisé, sillonné d'une centaine de rivières, baignant dans les eaux froides du golfe Saint-Laurent, forme à elle seule une région naturelle d'une grande richesse écologique. À ce patrimoine naturel représentatif s'ajoutent des paysages grandioses, des plantes rares et des éléments exceptionnels tels que le canyon et la chute Vauréal, le canyon des rivières Chicotte et Observation, la grotte à la Patate et la baie de la Tour.

Où que l'on soit dans le parc national d'Anticosti, la nature règne sans partage, soulevant chez le visiteur une vague ininterrompue d'admiration, d'émerveillement et de curiosité. Ainsi en va-t-il de ces manifestations géologiques spectaculaires causées par le phénomène du karst, c'est-à-dire la dissolution du calcaire : des canyons vertigineux, des grottes ornées de stalactites, des lacs à niveau variable, des rivières qui soudain disparaissent dans le sol, d'autres qui en surgissent...

L'île est aussi l'un des sites fossilifères les plus complets et les mieux exposés au monde : près de 600 espèces de fossiles des époques ordovicienne et silurienne y ont été recensées. Il suffit de se pencher pour les observer.

Le cerf de Virginie est l'animal emblématique d'Anticosti, dont la population est estimée à plus de 166 000 bêtes! Le broutage intensif de ce cervidé omniprésent sur l'île constitue par ailleurs une menace pour la végétation du parc. Celle-ci se caractérise par la forêt de conifères dominée par l'épinette blanche et l'épinette noire. On note également dans le parc des peuplements de pins blancs inusités à pareille latitude.

Remarquable, le parc l'est aussi par l'abondance et la variété de sa faune aviaire : quelque 159 espèces d'oiseaux sont susceptibles d'y être observées, dont plus d'une centaine nichent sur l'île. Parmi ceux-ci, il faut mentionner l'impressionnant pygargue à tête blanche et plusieurs espèces d'oiseaux marins qui nichent dans les falaises ou les marais côtiers.

La présence des mammifères marins à proximité des côtes offre un spectacle remarquable. Que ce soit les rassemblements de phoque gris sur les plages où simplement l'observation des petits rorquals et rorquals communs qui évoluent un peu plus au large, vous serez ébloui.


Le patrimoine culturel du parc

Natisgôsteg, Nadiscousti, Natiscosti, Anticosty : dans le nom même de l'île résonne l'écho lointain des hommes et des femmes qui les premiers en foulèrent le sol. Si l'on en croit les artefacts retrouvés sur l'île, ces premiers habitants fréquentaient Anticosti il y a au moins 3 500 ans. Les Micmacs venus de la péninsule gaspésienne, tout comme les Montagnais, établis sur la Côte-Nord, y trouvaient une abondance de gibier et de poissons. Selon M. Yves Ouellet, auteur d'Anticosti, L'éden apprivoisé (Éditions du Trécarré 2000), il semble qu'Anticosti ait aussi été le théâtre d'affrontements guerriers entre plusieurs tribus amérindiennes. La lumière reste encore à faire sur l'origine définitive du toponyme actuel. Certains chercheurs sont d'avis que Natisgôsteg désigne une «terre avancée» en micmac; d'autres prétendent que l'île tire son nom du terme «Nâtâkwan», qui signifie en montagnais «là où on chasse l'ours».

La première description écrite de l'île revient à Jacques Cartier qui en longea le littoral à l'été 1534. Il faudra cependant attendre un siècle avant qu'Anticosti n'accueille ses premiers colons. On devrait plutôt dire «son premier maître» puisque l'île tout entière avait été concédée à cet homme déjà célèbre à son époque. Il s'agit de Louis Jolliet, l'explorateur canadien qui en 1673 avait découvert le Mississippi. Nommé en 1680 seigneur des îles de Mingan et d'Anticosti, Jolliet s'installe avec femme, enfants et cinq serviteurs. Le petit groupe parvient rapidement à établir une station de pêche et de chasse au phoque.

La guerre entre la France et l'Angleterre viendra anéantir les efforts du seigneur d'Anticosti. En août 1690, l'armée de William Phipps, qui navigue en direction de Québec, incendie toutes les installations de Jolliet. L'île redevient déserte, si ce n'est des misérables naufragés que le destin jette parfois sur les rives d'Anticosti.

Au siècle suivant, l'État entreprend la construction de quelques phares, dont celui de Pointe-Sud-Ouest, aménagé en 1831. Isolés dans l'immensité de l'île, les gardiens de phare y vivent avec leurs familles. La famille Pope a laissé sa trace en étant  gardienne du phare de Pointe-Sud-Ouest entre 1840 et 1899. À la même époque, au fond d'une baie à l'ouest d'Anticosti, Louis-Olivier Gamache, un personnage excentrique surnommé le Sorcier de l'île, règne comme un monarque sur son domaine insulaire.

Ce n'est qu'après la Confédération (1867) que quelques familles de pêcheurs du sud de la Gaspésie créent un petit hameau dans l'anse aux Fraises, bâtissant leurs maisons avec le bois des épaves. Un peu plus au nord, une autre agglomération se crée dans English Bay (aujourd'hui Baie-Sainte-Claire) tandis qu'à l'autre extrémité de l'île, des pêcheurs originaires de Terre-Neuve s'établissent à Fox Bay. En 1872, une entreprise est formée pour coloniser et développer le territoire. Mais l'Anticosti Company fait rapidement faillite, abandonnant à leur sort les familles qui avaient cru à ses promesses de prospérité, dont les pêcheurs de Fox Bay (aujourd'hui la baie du Renard).

En 1895, on ne dénombre plus que 62 familles sur l'ensemble du territoire. C'est à la fin de cette année-là qu'un multimillionnaire français du nom d'Henri Menier achète l'île d'Anticosti. Héritier avec ses frères de la chocolaterie fondée par son grand-père, Henri Menier est en 1895 à la tête d'une véritable multinationale qui possède toute la chaîne de production et de distribution de ses produits. Menier dispose de plusieurs résidences secondaires somptueuses, dont le château de Chenonceau, dans la Loire. Mais c'est d'un territoire vierge et giboyeux dont rêve le «roi du sucre», un domaine retiré où il pourra s'adonner à la chasse et à la pêche, ses deux passions. Son ami Georges Martin-Zédé entend parler de l'île du Golfe Saint-Laurent, au Canada. C'est à ce capitaine de réserve que Menier confiera tous les pouvoirs de gestion et d'administration d'Anticosti.

Sous la férule de Georges Martin-Zédé, un régime quasi féodal s'instaure à Anticosti. Forcés de vendre leurs maisons, les habitants de l'île deviennent locataires, ce qui en retour leur assure un emploi dans les entreprises de Menier. D'autres partent ou sont expulsés de l'île. À la demande du directeur, l'île est détachée de la circonscription électorale de Saguenay et ce sont désormais les Règlements d'Henri Menier qui font la loi. Des travaux considérables sont entrepris : construction d'un village modèle (l'actuel Port-Menier), d'un quai, d'un chemin de fer, de rues, de maisons, de bâtiments de ferme. On construit aussi à plusieurs endroits des camps de pêche au saumon et des homarderies. En 1905, Menier inaugure la villa de style scandinave qu'il s'est fait construire face à la mer, un luxueux manoir de bois où le marbre des cheminées côtoie des tapisseries des Gobelins.

L'exploitation forestière commerciale fait son apparition, favorisée par l'abondance des résineux. En 1913, la mort d'Henri Menier ralentit le développement d'Anticosti, ses héritiers jugeant trop coûteuse la poursuite du développement de l'île.

En 1926, l'île passe aux mains de la Wayagamack Pulp and Paper. Comme le reste du Québec, Anticosti entre dans l'ère de l'exploitation forestière et Port-Menier se transforme en un immense camp de bûcherons. De rares pêcheurs sportifs très fortunés viennent se mesurer aux saumons d'Anticosti.

La coupe de bois se poursuivra jusqu'en 1971. Jugeant ses opérations non rentables, l'entreprise forestière de l'époque, la Consolidated Bathurst, décide de vendre l'île. C'est le gouvernement du Québec qui l'achètera : après plus d'un siècle de propriété privée, l'île réintègre le domaine public.

En 1982, l'État intervient pour que les Anticostiens puissent acheter les maisons et les commerces de l'île. Port-Menier devient alors une municipalité, gérée par un conseil dûment élu. Hors du village, le territoire est divisé en pourvoiries dont la plus grande est confiée à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq).

Saviez-vous que...

Le parc en chiffres

Année de création : 2001
Superficie : 572 km
Périmètre : 320 km
Fréquentation annuelle : 5 000 jours-visites


Les listes des espèces

Amphibiens et reptiles

Espèces en péril

Mammifères

Oiseaux


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