Portrait du parc - Parc national des Îles-de-Boucherville - Parcs nationaux - Sépaq

Parc national des Îles-de-Boucherville

Portrait du parc

Histoire de la création du parc national des Îles-de-Boucherville

  • 1967 : La construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-LaFontaine rend les îles accessibles par voie terrestre, encourageant du même coup le développement de projets domiciliaires.
  • 1968 : L'île Charron passe aux mains d'un propriétaire qui possède déjà les 4 îles adjacentes. On projette d'y construire 30 000 logements.
  • 1968-1974 : À travers la flambée de spéculation, des organismes et des citoyens s'organisent et font émerger l'idée d'un espace vert protégé à proximité de la métropole.
  • En 1972, le projet «Un fleuve, un parc» donne un nouvel espoir pour l'avenir des îles en proposant de les récupérer.
  • Vers 1974 : Le mouvement de sauvegarde s'intensifie. Le gouvernement du Québec, sous la pression de citoyens de plus en plus concernés, fait l'acquisition des îles Sainte-Marguerite, Saint-Jean, Saint-Pierre, à Pinard, de la Commune, aux Raisins et Grosbois afin de les protéger et d'y aménager des espaces récréatifs.
  • Printemps 1981 : l'île Sainte-Marguerite est ouverte au public.
  • 12 septembre 1984 : C'est la création officielle du parc national des Îles-de-Boucherville. 

Le patrimoine naturel du parc

Géologie et géomorphologie

Il y a environ 100,000 ans, de grands glaciers ont recouvert la quasi-totalité de l'Amérique du Nord. Découlant de cette glaciation survient la submersion d'une grande partie du Québec méridional par les eaux océaniques. Dès que le glacier commence à fondre, l'eau de fonte retourne peu à peu aux océans et le niveau marin s'élève graduellement. Ainsi, vers 12,500 ans A.A., les eaux salées de l'océan Atlantique inondent toutes les basses-terres du Saint-Laurent, formant alors un véritable bras de mer, la mer de Champlain. La mer de Champlain est progressivement remplacée par des conditions lacustres vers 9800 ans A.A. Ce n'est qu'avec le rétrécissement de cette masse d'eau douce vers 7000 ans A.A. que le système de drainage des eaux de la vallée du Saint-Laurent s'établit définitivement. Créées par l'action de l'eau, les îles se composent ainsi d'argile marine qui s'était déposée au fond de la mer de Champlain.

Le fleuve Saint-Laurent

Fleuve aux multiples visages, à certains endroits la combinaison de passages étroits et d'une pente abrupte produit des rapides impressionnants. Ailleurs, il s'élargit pour créer d'immenses plans d'eau. Entre les îles de Boucherville, le fleuve s'éparpille en de nombreux chenaux. Le Saint-Laurent se classe au 13e rang pour son débit (7300 m3 /s), au 15e rang pour la superficie de son bassin versant (1,2 million de km2 ) et au 19e rang pour sa longueur (1500 km).

Flore

Le parc compte plus de 450 espèces végétales. S'y côtoient des écosystèmes terrestres, aquatiques et semi-aquatiques. Les champs en friche sont prédominants, à l'exception des lisières de rivage où saules, peupliers, cornouillers et vinaigriers poussent en bordure des chenaux.

Ici et là apparaissent aussi quelques secteurs boisés dont le plus important est le boisé Grosbois. Il est constitué d'une frênaie à érable argenté. Ce boisé a été confirmé à titre de refuge d'espèces menacées ou vulnérables, l'une des catégories d'écosystème forestier exceptionnel.

Mais, les îles, c'est aussi le royaume des milieux humides d'eau douce. Ceux-ci se composent d'une séquence bien visible de végétation à partir du rivage. Dans les endroits peu profonds vivent les plantes dites émergentes qui supportent d'avoir les pieds mouillés. En retrait des rivages, les zones plus profondes sont colonisées par les espèces de plantes aquatiques dites flottantes et par celles vivant complètement sous l'eau, les espèces dites submergées.

Faune

La combinaison de milieux terrestres, aquatiques et semi-aquatiques fait du parc un lieu de grande diversité sur le plan de sa faune. C'est  ainsi qu'environ 45 espèces de poissons, 7 espèces d'amphibiens, 6 espèces de reptiles, près de 20 espèces de mammifères (cerf de Virginie,  renard roux, vison d'Amérique, campagnol des champs, castor, rat musqué, etc.) et plus de 240 espèces d'oiseaux y ont été recensées. Pour la plupart de ces espèces, le parc représente un des rares oasis de verdure en milieu urbain où elles peuvent vivre et se reproduire en toute quiétude. Il constitue de ce fait  un réservoir de ressources animales de première importance dans cette zone fortement urbanisée.

Espèces en péril

Six espèces végétales au statut précaire sont présentes au parc. Parmi elles se trouvent l'arisème dragon, une plante désignée menacée, et la sanguinaire du Canada, espèce désignée vulnérable. Avec près de 5000 plants, la population d'arisème dragon qu'abrite le parc est la troisième en importance au Québec et la seule située en territoire protégé. Les autres espèces sont la claytonie de Virginie, la violette affine, le lycope rude et le noyer cendré. Ce sont toutes des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.

Parmi tous les animaux présents, une espèce est légalement désignée vulnérable, la tortue géographique alors que 4 espèces sont susceptibles d'être désignées menacées. Il s'agit de la couleuvre brune, la couleuvre d'eau ainsi que 2 espèces d'oiseaux, le petit blongios et le troglodyte à bec court. Mentionnons aussi la présence de la tortue serpentine, une espèce au statut  «préoccupant» au Canada. 


Le patrimoine culturel du parc

L'occupation amérindienne

Les fouilles archéologiques menées au parc indiquent que les îles de Boucherville auraient accueilli des populations amérindiennes dès l'époque du Sylvicole moyen ancien (400 ans avant notre ère à 500 de notre ère), et ce, jusque vers les années 1600 de notre ère. Les Iroquoiens du Saint-Laurent auraient utilisé ce site comme lieu de campement saisonnier pour l'exploitation des ressources animales et végétales variées, abondantes dans cet univers de chenaux, de frayères et de forêts.

Le site archéologique de l'île Grosbois apparaît comme un gisement archéologique exceptionnel du patrimoine québécois du fait qu'il aurait été fréquenté sans interruption par différents groupes régionaux qui s'y seraient succédé entre 400 avant notre ère et le XXe siècle.

Les premiers Européens

Les îles sont baptisées Percées par les premiers colons qui les trouvent toutes belles et bien commodes pour être habitées. Elles sont concédées par Jean Talon à Pierre Boucher, et c'est en 1667 que ce dernier vient s'installer dans sa seigneurie, la seigneurie des Iles Percées. Les îles Saint-Pierre, à Pinard et de la Commune servent alors pour le pacage du bétail. La seigneurie devient vite un centre agricole modèle.

John Molson et les bateaux à vapeur

Monsieur John Molson (1763-1836), le célèbre brasseur et homme d'affaires montréalais, acquiert au début du XIXe siècle l'île Sainte Marguerite (autrefois appelée île Molson) afin d'y faire construire une résidence secondaire.

Il entreprend de doter son entreprise d'un système de transport avec bateaux à vapeur afin de contrôler plus efficacement la distribution de ses produits.

Molson utilise alors les chenaux des îles de Boucherville pour y échouer les coques désuètes de ses bateaux à vapeur. Les fouilles effectuées par le comité d'histoire et d'archéologie subaquatique du Québec, qui ont permis de découvrir l'épave du Lady Sherbrooke, laissent supposer que les îles de Boucherville puissent représenter un important cimetière de bateaux à vapeur anciens au monde.

Le parc d'amusement King Edward

Au début du XXe siècle, une partie de l'archipel connaît une nouvelle vocation récréative alors que l'île Grosbois accueille le parc d'amusement King Edward. Hippodrome, montagnes russes, carrousels et autres manèges attirent les foules pendant l'été. 

Un lieu pour l'agriculture et la villégiature

Les îles de Boucherville ont depuis longtemps servi de lieu de pâturage, de culture fourragère, de chasse et de pêche. Dans les années quarante, une soixantaine de familles occupent de petits chalets sur les îles Charron et Sainte-Marguerite durant la belle saison. 

Saviez-vous que...

Le parc en chiffres

Année de création : 1984
Superficie : 8 km2
Périmètre : 15,8 km
Fréquentation annuelle : 295 000 jours-visites


Les listes des espèces

Amphibiens et reptiles

Espèces en péril

Mammifères

Oiseaux


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