Un nouveau centre de découverte exemplaire dans les Grands-Jardins - Blogue de conservation - Parcs Québec - Sépaq

COVID-19 : mesures préventives, guide du visiteur, ainsi qu'activités et services offerts


Vous avez des questions? Consultez les réponses aux questions fréquemment posées par nos clients.

Blogue de conservation

Un nouveau centre de découverte exemplaire dans les Grands-Jardins

20 août 2013


Afin de poursuivre les actions dans l’atteinte de notre mission d’accessibilité et de conservation de ce territoire, un nouveau centre de découverte et de services verra le jour d’ici la fin de l’automne au lac Arthabaska, en plein cœur du parc national des Grands Jardins. La conception de ce bâtiment s’est inspirée des principes de la certification LEED tout au long du projet.

Minimiser l’impact énergétique

Tout d’abord, pour l’alimentation en électricité, puisqu’aucune ligne électrique ne se rend à cet endroit, le bâtiment sera entièrement autonome et fonctionnera à l’énergie solaire. Pour ce faire, une quarantaine de panneaux solaires recouvriront toute la face sud de la toiture. Pour restreindre la consommation énergétique, tous les équipements à l’intérieur ont été minutieusement choisis. De plus, d’autres choix écoresponsables ont été faits. Par exemple, la structure du bâtiment, ainsi que les plafonds et les murs intérieurs, sont entièrement fait de bois, un matériau renouvelable. L’utilisation du bois, plutôt que l’acier ou le béton, permet de réduire la consommation de gaz à effet de serre (GES). Une autre préoccupation étant la consommation de l’eau potable, une attention particulière a été portée pour choisir des équipements permettant d’en minimiser l’utilisation. Enfin, un système de déphosphatation a aussi été prévu afin de réduire la présence de phosphate dans les eaux usées.

La caractérisation du site

En plus du bâtiment lui-même, les travaux de construction doivent également se faire de façon à s’assurer qu’ils aient un impact minimal sur l’environnement. Avant même de creuser la première pelletée de terre, une étude de caractérisation a donc été réalisée. L’objectif de cette étude est de s’assurer que :

  • les habitats et les milieux rares ou sensibles seront protégés;
  • les lois, règlements et normes légales visant la protection des patrimoines naturels et culturels seront respectés;
  • les aménagements implantés le seront sur des sites optimaux;
  • les préoccupations seront connues et les échéanciers adaptés en conséquence.

Lors de la caractérisation, les composantes physiques, biologiques et humaines furent analysées. Différents enjeux ont été soulevés et des mesures d’atténuation ont été identifiées pour limiter l’impact des travaux. Le texte qui suit présente certains de ces différents enjeux.

Protéger et réutiliser la végétation in situ

Afin d’ériger le centre de découverte et de services Arthabaska, et aménager le stationnement adjacent, le décapage de la zone de travaux, c’est-à-dire l’enlèvement de la couche végétale, a été nécessaire. Comme la végétation est particulière et que les conditions de croissance sont relativement difficiles dans ce secteur, la réutilisation du matériel végétal a été maximisée. Ainsi, les plaques d’humus retirées de la zone de travaux, incluant le lichen, les éricacées, le bouleau glanduleux et l’épinette noire ont été récupérées puis transportées vers des sites à restaurer et replacées avec soin. De plus, la végétation utilisée pour l’aménagement paysager au pourtour du bâtiment proviendra également de végétaux récupérés sur le site des travaux.

Par ailleurs, le retrait de la végétation a été limité le plus possible et des ilots de verdure ont été protégés à l’intérieur des aménagements effectués. Des exclos, délimités par des clôtures, ont été mis en place afin de s’assurer qu’aucune machinerie ne perturbe cette végétation fragile.

Assurer la reproduction de l’engoulevent d’Amérique

La zone des travaux se trouve dans l’habitat de l’engoulevent d’Amérique, une espèce susceptible d'être désignée comme étant menacée ou vulnérable au Québec. Cet oiseau ne fabrique pas de nid, mais s’installe plutôt directement sur le sol. Il arrive normalement entre la fin du mois d’avril et la fin du mois de mai. Une mesure d’atténuation a donc été mise en place afin de s’assurer qu’aucun couple d’engoulevents ne choisit ce site pour nidifier avant le début des travaux en juin. Pour y arriver, des membranes géotextiles ont été installées à l’automne dernier pour recouvrir l’ensemble de la zone. Ainsi, lors de l’arrivée des engoulevents au printemps, ce site n’étant pas propice à la nidification, ceux-ci se sont installés ailleurs dans le parc.

Pour s’assurer que l’engoulevent ne s’installe pas à la suite du retrait des membranes géotextiles à la mi-mai, des effaroucheurs visuels et sonores, activés par le vent, ont été mis en place. Ce système peu bruyant permet d’éloigner la faune de la zone des travaux tout en la laissant occuper les habitats environnants. En même temps que les effaroucheurs ont été installés, les gardes-parc ont pu s’assurer qu’aucun nid n’était présent sur la zone protégée. Un programme de suivi a toutefois pu permettre de confirmer la présence de l’engoulevent autour de la zone des travaux, ce qui démontre l’efficacité des mesures mises en place.

Limiter le transport de sédiments

Le lac Arthabaska, situé à proximité de la zone de travaux, a une superficie de 18 hectares. Dans le but de s’assurer qu’aucun sédiment provenant de la zone de travaux n’aboutisse dans le lac, des clôtures à sédiments ont été mises en place sur le site. Inspiré des méthodes provenant des États-Unis et testé par des organismes environnementaux québécois, ces clôtures ont fait leurs preuves. Une attention particulière doit toutefois être portée lors de leur installation afin qu’elle soit faite selon les règles pour être efficace.

La clôture à sédiment fait de géotextile est une structure temporaire qui joue principalement deux rôles dans la lutte contre l’érosion. Elle retient les sédiments sur le site et réduit la vitesse du ruissellement. Malgré le fait que le tissu retienne une certaine quantité de particules par filtration à sa surface, c’est la réduction de la vitesse du ruissellement qui provoque le plus d’accumulation. En fait, il s’agit de réduire la capacité de charge du ruissellement de façon à ce que les particules se déposent.

Ouverture pour 2014

L’étude de caractérisation a permis de définir les enjeux liés à la construction du nouveau centre de découverte et de services Arthabaska mais également les mesures d’atténuation à mettre en place pour que ce projet ait un impact minimal sur l’environnement. Ce nouveau bâtiment, qui ouvrira ses portes pour la saison estivale en 2014, permettra aux visiteurs de découvrir toute la richesse du parc national des Grands-Jardins et d’y séjourner de façon agréable.

Bibliographie

Corporation de gestion CHARMES (1999). Guide de contrôle de l’érosion en milieu urbain. Corporation de gestion CHARMES Secteur Suivi environnemental. Sherbrooke. pages 27 et 28

RAPPEL (2003). Lutte à l’érosion sur les sites de construction ou de sol mis à nu. Guide de bonnes pratiques environnementales. 29 pages.


Eric Lehmann est garde-parc au parc national des Grands-Jardins

Benoit Dubeau est responsable du service de la conservation et de l'éducation aux parcs nationaux des Grands-Jardins et des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie dubeau.benoit@sepaq.com

Nancy Bolduc est directrice des parcs nationaux des Grands-Jardins et des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie bolduc.nancy@sepaq.com

Photos: Sépaq


Soyez informé

Inscrivez-vous aux courriels de la Sépaq et soyez le premier à connaître nos nouveautés, nos offres et nos promotions spéciales.

S'inscrire