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Dans la mire de l’objectif au parc national d'Aiguebelle

11 septembre 2012


Reconnu pour l’observation de la faune, le parc national d’Aiguebelle est l’endroit rêvé pour les amants de la nature. Que ce soit en randonnée, à ski ou en canot, vous êtes certains de croiser des indices de la présence d’animaux sur le territoire. Huttes de castor, crottins d’orignal, pistes de loup, empreintes de griffes d’ours sur un arbre… Les signes de présence animale sont nombreux en forêt. Sauriez-vous les repérer? C’est à tous ces petits détails qu’un photographe doit porter attention s’il veut révéler les chefs d’œuvre de Dame Nature. C’est du moins ce que raconte Luc Farrell, photographe animalier qui travaille en collaboration avec le parc national d’Aiguebelle…

La paix pour les animaux d’Aiguebelle

D’abord créé en tant que réserve de chasse et de pêche en 1945 dans le but de conserver l’orignal et le castor, le parc national d’Aiguebelle représente aujourd’hui un véritable paradis pour les animaux. La présence de forêt mature, l’interdiction de chasse, la tranquillité, le nombre restreint d’infrastructures et les efforts mis en place pour maintenir l’intégrité écologique constituent des conditions optimales pour la présence de la faune. Comme il n’y a pas de chasse ni de trappe depuis 1985 sur le territoire du parc, la densité d’orignaux et de castor y est plus élevée qu’ailleurs en région, ce qui favorise la présence des autres espèces telles que le loup, leur plus grand prédateur.   « La faune y est plus abondante, donc il y a plus d’occasions de photographier des animaux. Mais, cela ne signifie pas que l’on en observe davantage, explique Luc Farrell, parfois il est même plus difficile de les apercevoir, car ils ont un énorme garde-manger… »

Patience et passion pour la faune

Bien que la densité d’animaux soit plus élevée dans le parc qu’ailleurs en région, les signes de présence ne sont pas toujours faciles à repérer. Pour être un bon photographe animalier, il importe d’être capable de reconnaître les indices laissés par les animaux; il faut trouver où ils dorment, où ils mangent et où ils vivent, par exemple. La patience est de mise, mais ce n’est pas suffisant. « Cela ne sert à rien de patienter dans le stationnement en attendant qu’un orignal se présente, il faut rechercher les signes de présence sur le territoire », explique le photographe d’expérience.

Depuis qu’il est jeune, Luc Farrell passe tous ses temps libres dans la forêt à repérer les signes de présence animale. Il sait reconnaître les excréments, les pistes, les sons, bref, tout indice laissant croire qu’un animal est passé par là. « Dans ce métier, je passe beaucoup plus de temps à explorer qu’à photographier », indique-t-il. Par exemple, pour faire de bons clichés d’orignaux, il prépare le terrain un an à l’avance en faisant de la prospection. Il étudiera attentivement les photographies aériennes du parc pour repérer les endroits les plus propices à la présence de ces grands cervidés et fera plusieurs visites terrain pour confirmer la présence des bêtes. Puis, près du lac au crépuscule, il tentera de prendre son cliché dans les meilleures conditions de luminosité.

Tactiques et… surprises!

Avec le temps, Luc Farrell a développé plusieurs trucs pour repérer les animaux et il en a partagé quelques-uns avec nous lors d’une formation terrain. Chaque fois qu’il aperçoit une cavité dans un arbre, il va frapper sur ce dernier et, 1 fois sur 1000, un polatouche, qu’on appelle communément l’écureuil volant, va sortir sa tête pour voir ce qui se passe. « Ça fait de belles photos! », révèle le photographe. De plus, il mentionne que la majorité du temps, les animaux vont emprunter les routes et les sentiers déjà tracés. Il cherche alors les signes de présence aux abords des routes et des ponts, ce qui facilite grandement les recherches qui peuvent parfois être longues et sans succès lorsqu’il tente de s’aventurer en pleine forêt.

Il faut cependant être prudent dans ce métier. Un jour, alors qu’il faisait de la prospection tard à l’automne, il est tombé sur une tanière d’ours. Sans penser qu’elle pouvait être occupée, il s’y est inséré la tête pour en étudier la dimension et à sa grande surprise, M. l’ours avait déjà pris place… « Quelle stupeur! » s’exclame Luc.

Une relation en symbiose

À l’instar du crocodile qui se fait nettoyer les dents par un pluvian fluviatile (petit oiseau échassier) se régalant des morceaux qui s’y trouvent, le parc d’Aiguebelle vit en symbiose avec son photographe animalier. Alors que le parc procure une faune abondante permettant de réaliser de bons clichés, de son côté, Luc Farrell représente une mine d’informations pour l’équipe de conservation du parc. En plus de participer à l’établissement des stations de localisation de la martre d’Amérique dans le cadre du Programme de suivi de l’intégrité écologique, Luc Farrell explore le territoire à la recherche de signes de présence de la loutre de rivière, notre animal emblème dans le cadre du programme « Adoptez un animal ».

De plus, le photographe travaille présentement sur un projet en collaboration avec Canada Wild pour tenter de réaliser un documentaire dans le parc portant sur le castor en forêt boréale. Il fait également partie de l’équipe de travail d’un projet de suivi du loup par télémétrie en plus de nous fournir de magnifiques photos pour nos activités de découverte. Pour visionner l’œuvre de Luc Farrell, vous pouvez consulter son site internet ou encore visiter sa page Facebook.


Marie-Claude Provost, responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc national d'Aiguebelle, provost.marieclaude@sepaq.com.

Photos : Luc Farrell.


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