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Blogue de conservation

Bilan de santé des chauves-souris dans les parcs

24 février 2015


Un suivi des chauves-souris a été mis en place dans plusieurs parcs nationaux quelques années avant que la présence du syndrome du museau blanc, une maladie fongique, soit confirmée au Québec. Nous sommes déjà en mesure d’observer des changements au sein des populations de chauves-souris.

Inventorier les chauves-souris

Les chauves-souris émettent des signaux d’écholocalisation pour s’orienter dans leur environnement et repérer les insectes qu’elles chassent pour se nourrir. Ces signaux sont enregistrés par un appareil commercialisé sous le nom d’Anabat et utilisé par les gardes-parc lorsqu’ils effectuent des sorties nocturnes visant à inventorier les chauves-souris. Chaque espèce possède une signature sonore différente des autres espèces, ce qui nous permet de les identifier et d’évaluer leur abondance.

Figure 1 Sonogramme

Une modification rapide de la population

Les résultats d’inventaires réalisés à l’été 2014 dans les parcs nationaux du Mont-Saint-Bruno, du Mont-Tremblant, du Lac-Témiscouata et de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé ont été analysés. Ils nous ont permis de détecter la présence de 6 des 8 espèces de chauves-souris au Québec. Par ailleurs, nos résultats indiquent un changement important dans la répartition des espèces. En effet, moins de 10 % des signaux enregistrés provenaient du complexe Myotis, composés surtout de la petite chauve-souris brune et de la chauve-souris nordique, alors qu’il y a quelques années, la grande majorité des sons enregistrés provenaient de ce même complexe.

Le syndrome du museau blanc

C’est au cours de l’hiver 2006-2007 que le syndrome du museau blanc a d’abord été observé chez des chauves-souris mortes dans une grotte au Nord-Est des États-Unis. Au Québec, il aurait fait son apparition en 2010. Le champignon croît bien dans des milieux froids et humides, des conditions rencontrées dans les cavernes où hibernent plusieurs chauves-souris. Le mycète s’attaque alors au petit mammifère, mais on ne connaît pas bien les raisons expliquant la mortalité massive qu’il entraîne. L’une des hypothèses envisagées suggère que les chauves-souris atteintes se réveilleraient souvent au cours de leur hibernation, et que l’énergie ainsi dépensée ne leur permettrait pas de survivre jusqu’au printemps.

En 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) a désigné la pipistrelle de l’Est, la petite chauve-souris brune et la chauve-souris nordique comme étant « en voie de disparition ». En effet, ces 3 espèces utilisatrices de cavernes sont particulièrement à risque d’être affectées par le syndrome du museau blanc. Or, ces petits mammifères sont d’importants consommateurs d’insectes, dont certains sont des ravageurs forestier ou agricole. Dans une étude américaine, on estime même qu’une diminution de la population de chauves-souris engendrerait des pertes de 3.7 milliards de dollars par années pour l’industrie agricole (Boyles, Cryan, McCracken, & Kunz, 2011).

Références

Boyles, J. G., Cryan, P. M., McCracken, G. F., & Kunz, T. H. (2011, Avril 1). Economic Importance of Bats in agriculture. Science, pp. 41-42.

Canada, G. d. (s.d.). Une évaluation d'urgence conclut que trois espèces de chauve-souris sont en voie de disparition au Canada. Consulté le Février 13, 2015, sur COSEPAC: http://www.cosewic.gc.ca/fra/sct7/Bat_Emergency_Assessment_Press_Release_f.cfm

MFFP. (s.d.). Syndrome du museau blanc chez les chauves-souris. Consulté le Février 12, 2015, sur http://www.mffp.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/syndrome-chauve-souris.jsp

Nouveau-Brunswick, G. d. (s.d.). Le syndrome du museau blanc. Consulté le Février 12, 2015, sur http://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/nr-rn/pdf/fr/Faune/ChauvesSouris-LeSyndromeDuMuseauBlanc.pdf

Schnitzler, H.-U., & Kalko, E. K. (2001, Juillet). Echolocation by insect-eating bats. American Institute of Biological Sciences, 51(7), pp. 557-569.

Tremblay, J. A., & Jutras, J. (2010). Les chauves-souris arboricoles en situation précaire au Québec. Le naturaliste canadien, 134(1), pp. 29-40.


Bianca Breton est technicienne en milieu naturel à la vice-présidence Parcs Québec. breton.bianca@sepaq.com

Photos: Marvin Moriarty, U.S. Fish and Wildlife Service et François Fabianek, Groupe chiroptères du Québec.


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