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Blogue de conservation

Les souvenirs du passé

21 novembre 2017


En mai 2017, un garde-parc naturaliste a eu le privilège de s’assoir avec Roland Bilodeau, membre d’une famille qui a habité près du lac Loïs pendant plusieurs années, avant la création du parc national d’Aiguebelle. Né en 1942, il nous raconte son arrivée en Abitibi, la vie durant la guerre, l’expropriation et ses souvenirs de jeunesse.

L’espoir abitibien

Le père de Roland Bilodeau, Maurice, a déménagé avec sa famille en Abitibi en 1943. Il a quitté Montréal afin de fuir la conscription militaire. À l’époque, on croyait que, puisque l’Abitibi était « dans l’bois », la police militaire ne viendrait pas chercher les hommes de la région. C’est sur le bord du lac Loïs que Maurice a décidé de s’installer. Le lot n’était pas accessible par la route en hiver et une maison s’y trouvait déjà.

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Figure 1. Le lac Loïs, Mathieu Dupuis

La misère de la guerre

Durant la Deuxième Guerre mondiale, les conditions de vie des familles étaient très difficiles. Des coupons de rations étaient donnés, limitant les quantités de nourriture qu’elles pouvaient acheter. Au lac Loïs, Maurice Bilodeau braconnait l’orignal, l’ours et même parfois des loups. Roland Bilodeau mentionne qu’ils étaient assez chanceux d’être une petite famille de 2 enfants, car ils avaient assez de nourritures avec la viande sauvage chassée par son père. La misère était plus grande pour les familles de 10 ou 12 enfants qui vivaient seulement avec les rations du gouvernement.

L’expropriation

Roland Bilodeau, ayant hérité de la terre familiale, avait l’intention d’y faire un musée. Il mentionne qu’il attendait d’avoir les permis quand il a reçu une lettre chez lui en 1984. Le gouvernement avait décrété que son terrain ferait partie du nouveau parc de conservation. N’ayant pas été consulté, il conserve encore un goût amer de la manière dont le tout s’est déroulé. Malgré cela, il garde de très beaux souvenirs de sa jeunesse, comme la pêche paradisiaque du lac Loïs, les cuisses de grenouilles mangées avec son frère et la glissade hivernale que leur père avait construite.

La contribution au parc

L’entrevue avec Roland Bilodeau a été filmée pour être conservée dans les archives de l’histoire du parc. Son témoignage a inspiré le présent article et a contribué à produire une capsule vidéo qui a été diffusée sur la page Facebook du parc. Nous avons également bonifié l’activité nautique en rabaska au secteur Taschereau sur la base de nos nouvelles informations. Nous discutons de la colonisation de Taschereau, des anecdotes de l’époque et bien sûr de la famille Bilodeau. Notre garde-parc naturaliste incarne même Maurice Bilodeau pour ajouter un goût théâtral et patrimonial à l’activité. De plus, des fouilles de l’ancien site d’habitation de la famille Bilodeau ont été faites, et de possibles vestiges ont été découverts. Nous effectuons présentement des démarches pour faire venir une équipe spécialiste des sites historiques et patrimoniaux.

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Figure 2. Possibles vestiges d’un four à charbon de bois fait à partir de roches et de ciment par Maurice Bilodeau, Sabrina Gilbert


Sabrina Gilbert est garde-parc naturaliste au parc national d’Aiguebelle.

Photo de couverture: Sabrina Gilbert 


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