Un gain important au Mont-Saint-Bruno - Blogue de conservation - Parcs Québec - Sépaq

Blogue de conservation

Un gain important au Mont-Saint-Bruno

8 avril 2014


Le 8 novembre 2013, le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, M. Yves-François Blanchet, annonçait l’agrandissement du parc national du Mont-Saint-Bruno. Ainsi, le parc national a vu sa superficie passer de 578 à 884 hectares, soit une augmentation de 50 % !

Depuis la création du parc en 1985, quelques parcelles de territoire situées à l’intérieur des limites du parc appartenaient toujours soit à la ville de Saint-Bruno-de-Montarville, à la ville de Sainte-Julie, au ministère de la Défense nationale du Canada ou au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Parmi ces parcelles de territoire, on y retrouvait les cinq lacs du parc. Ces territoires n’étant pas sous la juridiction de la loi sur les parcs, l’application de la réglementation ne pouvait s’y faire et les actions pour la protection de ce territoire étaient plus limitées. Avec l’annexion de ces territoires au parc, la gestion et l’application de la réglementation sur les parcs seront facilitées et la protection de ces territoires sera assurée. Outre, les territoires qui étaient à l’intérieur des limites du parc, un tout nouveau secteur a été ajouté. Il s’agit d’un territoire de 90 hectares situé au sud du rang des vingt-cinq. Dorénavant, la superficie du parc national du Mont-Saint-Bruno passe de 578 hectares à 884 hectares (8,8 km2), ce qui représente une augmentation de 50 % de sa superficie. De plus, le gouvernement a profité de cet agrandissement pour réviser le zonage du parc. Ainsi, 65,7 % de la superficie du parc est maintenant en zone de préservation.

Figure 1 Nouvelles limites du parc national du Mont-Saint-Bruno

Figure 2 Zonage à la création du parc et suite à son agrandissement

La tourbière, un secteur à découvrir

Parmi les parcelles de territoires qui ont été annexées au parc, on retrouve un milieu naturel fort intéressant de 90 hectares au milieu duquel on y observe une tourbière ombrotrophe, c’est-à-dire une tourbière qui est alimentée uniquement par des eaux issues de précipitation atmosphérique. Cette tourbière arbustive d’une superficie de 19 hectares est dominée par le rhododendron du Canada (Rhododendron canadense), réparti de façon presque uniforme dans la partie centrale de la tourbière. Lorsque l’espèce est en fleurs, fin mai, les fleurs roses donnent au site une apparence des plus spectaculaires. Les espèces fréquemment associées au rhododendron sont l'airelle en corymbes (Vaccinium corymbosum) et l'aronia noir (Aronia melanocarpa). D'autres arbustes, quoique moins fréquents, poussent aussi en présence de l'airelle à corymbes, soit le gaylussaccia à fruits bacciformes (Gaylussacia baccata), le kalmia à feuilles étroites (Kalmia angustifolia) et la cassandre calyculée (Chamaedaphne calyculata). Quelques îlots de némopanthes mucronés (Nemopanthus mucronatus) sont occasionnellement observés et forment de petits bosquets homogènes, plus hauts que le rhododendron. Les plantes herbacées, et notamment les cypéracées, sont pratiquement absentes du milieu. Le pourtour de cette tourbière arbustive est dominé par le bouleau gris, et s'ajoutent aussi le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), l'érable rouge (Acer rubrum) ainsi que le cerisier de Pennsylvanie (Prunus pennsylvanica), quelques pins blancs (Pinus strobus) et quelques mélèzes (Larix laricina) y poussent.

Un plan de mise en valeur

Au cours des prochaines années, un plan de mise en valeur du territoire de la tourbière sera élaboré afin de protéger ce milieu et le rendre accessible à la population. Dès ce printemps, une caractérisation du site et des inventaires faunique et floristique seront réalisés afin d’améliorer nos connaissances sur ce milieu et s’assurer du respect de l’intégrité écologique de ce nouveau territoire dans le développement de sa mise en valeur. Des sentiers de randonnées pédestres et de raquettes sont notamment en projet. En parallèle, un projet de recherche sur l’historique de la formation de cette tourbière est en développement.

Une visite guidée au cœur de la tourbière !

Le 18 mai 2014, nous vous invitons à venir découvrir ce nouveau territoire. En compagnie d’un garde-parc naturaliste, vous pourrez donc y admirer les centaines de rhododendrons en fleurs. Consultez notre grille horaire sur le site Internet www.sepaq.com ou informez-vous au 450 653-7544.

Fleur de Rhododendron canadense


Nathalie Rivard est responsable du service de la conservation et de l’éducation aux parcs nationaux du Mont-Saint-Bruno et des Îles-de-Boucherville. rivard.nathalie@sepaq.com

Photos : Jean Philippe Genest; Donald Rodrigue et Jean Gagnon.


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