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Blogue de conservation

Des plantes rares à découvrir au Parc national d’Anticosti

30 avril 2013



L’île d’Anticosti abrite plus de 700 espèces floristiques, dont 25 espèces qui sont susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Toutes ces espèces ayant un statut de protection au Québec ne se retrouvent évidemment pas toutes dans les limites du parc national d’Anticosti. Cependant, jusqu’à présent, dix espèces à statut précaire y ont été observées et ce n’est certainement pas fini ! 

Les canyons, un milieu propice aux plantes rares

Les habitats où l’on retrouve ces espèces floristiques sont variés allant des milieux humides à la forêt coniférienne mature. C’est dans les canyons de la rivière Vauréal, Observation et Chicotte que l’on rencontre le plus d’espèces à statut précaire au parc. En effet, sept espèces y ont été localisées. Ces canyons constitués d’escarpements rocheux, de talus d’éboulis et de platières fluviales offrent un habitat favorable à ces plantes. C’est dans ces milieux que l’on retrouve le Polystic faux-lonchitis et le Sainfoin de Mackenzie, deux des plantes susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables recensées au parc national d’Anticosti.


Polystic faux-lonchitis (Poliystichum lonchiti (Linnaeus) Roth)

Au Québec, cette fougère est présente surtout dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Généralement, cette fougère s’installe dans la partie supérieure des talus d’éboulis dans les milieux semi-ouverts. Dans la région de la Côte-Nord, les occurrences connues se retrouvent toutes sur l’île d’Anticosti. Le Polystic faux-lonchitis a été recensé à quatre endroits seulement et trois de ces localisations se retrouvent dans les limites du parc. Depuis quelques années, l’équipe de la conservation et de l’éducation du parc tente de localiser d’autres occurrences de cette espèce. Grâce à ses efforts, elle a localisé à l’été 2012 un nouveau site avec quelques plants de cette espèce à plusieurs kilomètres des occurrences connues.


Sainfoin de Mackenzie (Hedysarum boreal Nuttall subsp. Mackenziei)

Le Sainfoin de Mackenzie, quant à lui, est une herbacée vivace vivant uniquement sur des sols calcaires. Au Québec, il y aurait sept occurrences de localisées soit quatre dans le nord du Québec et trois sur l’île d’Anticosti. Les trois occurrences sur l’île d’Anticosti sont toutes situées dans les limites du parc. Le Sainfoin de Mackenzie forme donc de petites colonies sur les talus d’éboulis le long des canyons de Vauréal et d’Observation. Le nombre de plants est estimé à 1500.

Les veilles sapinières, un refuge pour une petite orchidée

Le Calypso bulbeux est une orchidée rare associée aux vieilles sapinières sur l’île d’Anticosti. Lors d’un inventaire systématique le long de la route Transanticostienne réalisé à l’été 2004 par une équipe de recherche de l’université Laval, 19 nouvelles occurrences de calypso bulbeux ont été localisées sur l’île d’Anticosti.


Calypso bulbeux (Calypso bulbosa (Linnaeus) Oakes var. americana)

Avec ces nouvelles occurrences, l’on compte maintenant 25 occurrences sur l’île, dont trois dans le parc national d’Anticosti. Le Calypso bulbeux est présent dans le secteur de la chute Vauréal et du lac Baie-de-la-Tour. Ces stations connues sont sensibles aux perturbations telles que le broutement et le piétinement effectués par le cerf de Virginie. Depuis 2007, dans le cadre du programme du suivi de l’intégrité, cette espèce fait l’objet d’un suivi. En effet, trois colonies de Calypso totalisant en moyenne 88 plants sont suivies aux deux ans et les résultats de ce suivi dénotent une baisse significative du nombre de plants dans deux des sites. Pour l’instant, on ne peut expliquer cette baisse. Un suivi de ces colonies va être effectué cet été et pourra peut-être apporter des pistes d’explication. 

Conclusion

Par conséquent, l’équipe du parc national d’Anticosti travaille très fort afin de répertorier le plus d’espèces possible et de trouver de nouvelles occurrences afin de mieux protéger ainsi que d’acquérir plus de connaissances sur ces espèces susceptibles d’être désignées vulnérables ou menacées. La superficie du parc étant tellement vaste, elle rend cette tâche difficile particulièrement dans les canyons dont les parois sont fortement escarpées. Il y a fort à parier que la poursuite de l’inventaire et de la recherche d’occurrences mènera dans les prochaines années à découvrir de nouvelles espèces outre les dix déjà connues!


Eric Savard est responsable de la conservation et de l'éducation au parc national d'Anticosti

savard.eric@sepaq.com

Photos: Eric Savard; France Plamondon


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