Comment transformer un champ en îlot de biodiversité! - Blogue de conservation - Parcs Québec - Sépaq

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Comment transformer un champ en îlot de biodiversité!

22 mars 2016


Témoignant du passé agricole de la région, les nombreuses terres encore en culture dans le parc national d’Oka seront graduellement renaturalisées au cours des prochaines années. Durant l’été 2015, une parcelle de 2,8 hectares a été creusée, aménagée, semée et plantée dans le but de transformer ce champ pratiquement sans vie en un vrai paradis pour la flore et la faune locales. Découvrez comment nous y sommes arrivés!

Des phénomènes naturels recréés… artificiellement!

Tout d’abord, nous avons eu recours à une technique couramment appelée « pits and mounds » afin de reproduire la microtopographie typique des forêts matures du parc (Buck, 2003). Ce phénomène se produit en forêt par le chablis des arbres de grandes dimensions. Lorsque ces arbres tombent, les racines et le matériel retenu par celles-ci créent des monticules qui demeurent en place après la décomposition de l’arbre. L’endroit où se trouvaient les racines enfouies forme alors une dépression. Cela crée une variation d’humidité dans le sol qui peut alors permettre l’implantation d’une plus grande biodiversité.

Figure 1 Tronc d’arbre mort disposé près d’un trou creusé à la machinerie, selon la méthode « pits and mounds »

Dans un deuxième temps, des troncs d’arbres ont été disposés afin d’ajouter un micro habitat à la parcelle, favorisant notamment le support de champignons et d’insectes locaux. Évidemment, les décomposeurs du bois rendront disponible une quantité non négligeable de nutriments au sol et favoriseront la succession végétale.

À vos marques, prêts? Plantez!

En dernier lieu viennent la plantation de plus de 1200 arbres et l’ensemencement d’environ 420 kg de plantes herbacées sous forme de graines! L’implantation de végétaux sélectionnés permet d’établir une compétition entre les espèces qui réduit considérablement la probabilité d’envahissement par des plantes exotiques nuisibles, présentes à proximité du site. Cet établissement « accéléré » de la végétation stimule également les services écologiques comme la rétention d’eau et la séquestration de carbone, en plus de maintenir les populations de certaines espèces animales. D’ailleurs, on voit déjà plusieurs espèces d’oiseaux fréquenter le champ nouvellement planté!

Figure 2 Localisation et étendue de la parcelle de terre agricole de 2,8 hectares

Une main d’œuvre hors pair

Nous n’aurions pu mener ce projet avec succès sans la collaboration et la participation d’une main-d’œuvre abondante et motivée! En effet, le parc est en partenariat depuis plusieurs années avec la COOP Le Boisselier, un organisme composé et géré par des élèves de l’école secondaire d’Oka. Une belle façon d’intégrer les jeunes de la région aux activités du parc, de leur fournir une expérience de travail concrète et de les sensibiliser aux enjeux de conservation d’une aire protégée située pratiquement dans leur cour d’école!

Références

Buck, G. 2003. Pit and mound restoration: When a tree falls in Clear Creek Forest. Proceedings of the Parks Research Forum of Ontario: 385-389.


Raphaël Goulet est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national d’Oka. goulet.raphael@sepaq.com

Mathieu Lemay est garde-parc technicien au parc national d’Oka.

Photos: Mathieu Lemay, parc national d'Oka, Sépaq.

Carte: Raphaël Goulet, parc national d'Oka, Sépaq.


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