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État de santé de la flore du parc national du Mont-Saint-Bruno

1 septembre 2015


Au Québec, les plus petites aires protégées sont généralement concentrées dans la portion sud de la province, où l’urbanisation, l’agriculture et les infrastructures routières nuisent considérablement à leur connectivité. Dans un contexte aussi difficile, comment se porte la flore de ces aires protégées? Pour en apprendre davantage sur l’efficacité de ces parcs sous pression à protéger leur diversité végétale dans le temps, une étude historique a été conduite au parc national du Mont-Saint-Bruno afin de reconstituer l’évolution des populations végétales de la montagne depuis les 35 dernières années.

Des données historiques riches en enseignement!

Le premier inventaire de la flore du mont Saint-Bruno a été réalisé par l’écologiste Louise Gratton, au cours des étés 1976 et 1977, dans le cadre de sa maîtrise en sciences biologiques (Gratton, 1981). Nous avons récupéré les données de cet inventaire et grâce à ces informations, nous avons échantillonné la végétation du parc en 2013, soit de mai à août, et ce, en utilisant la même méthodologie. Ainsi, pour chaque placette étudiée, toutes les espèces de plantes ont été identifiées et leur recouvrement a été évalué.

Figure 1 Placettes d’échantillonnage de la végétation

Des résultats encourageants!

Nos travaux ont montré qu’à l’échelle de l’ensemble des placettes d’inventaire, 18 espèces exotiques et 26 espèces indigènes sont apparues depuis 1977. Toutefois, toutes les espèces indigènes nouvellement identifiées en 2013 avaient déjà été notées ailleurs sur la montagne lors de l’inventaire initial, indiquant qu’au cours des 35 dernières années, celles-ci ont pris de l’expansion sur la montagne. Inversement, 11 espèces initialement inventoriées en 1977 n’ont pas été retrouvées; elles étaient cependant déjà rares à l’époque.

Localement, le nombre d’espèces de sous-bois a en moyenne plus que triplé, passant de 5 à 17 espèces par placette. Il s’agit ici d’un gain majeur au niveau de la richesse et de la diversité de la flore forestière, d’autant plus que cette explosion du nombre d’espèces n’est pas imputable à l’introduction de plantes exotiques.

Un rôle important pour le maintien de la biodiversité

Ces résultats ont donc de quoi réjouir! À l’heure où les espèces exotiques représentent une menace plus que sérieuse à l’intégrité des écosystèmes (Butchart et coll., 2010), l’invasion très limitée des écosystèmes forestiers du parc est une nouvelle qui mérite mention! À plus forte raison puisque le parc national du Mont-Saint-Bruno accueille plus de 850 000 jours-visite annuellement, étant ainsi l’un des parcs les plus fréquenté du réseau québécois, et qu’il est entouré d’une matrice fortement fragmentée par l’agriculture et l’urbanisation, foyers considérables de propagation d’espèces exotiques. La flore forestière du mont Saint-Bruno est donc demeurée relativement intègre au cours des 35 dernières années. Les outils de gestion en conservation mis en place au courant de la dernière décennie, tels que le Programme de suivi de l’intégrité écologique et le plan de conservation, ont permis le suivi de plusieurs espèces végétales et ainsi assurer leur protection au sein du parc national du Mont-Saint-Bruno.

Références

Gratton, L. 1981. Étude floristique et phytosociologique du mont Saint-Bruno. Montréal, Université du Québec à Montréal, Département des sciences biologiques, mémoire de maîtrise, 189 pages + XXIX.

Butchart, S.H.M. et coll. 2010. Global Biodiversity : indicators of Recent Declines. Science 328 : 1164–1168.


Nathalie Rivard est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national du Mont-Saint-Bruno. rivard.nathalie@sepaq.com

Marie-Pierre Beauvais est étudiante à la maîtrise en sciences biologiques à l’Université de Montréal.

Photos: Michel Tanguay et Marie-Pierre Beauvais.


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