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Vous avez chaud? Pas d'inquiétude, l'hiver reviendra au Mont-Mégantic

11 juin 2013


Sous le soleil de midi, les scintillements des dendrites stellaires et autres "espèces" de flocons de neige convient le visiteur du parc national du Mont-Mégantic à un véritable spectacle diurne... à moins d'attendre la nuit pour s'émerveiller des reflets lunaires sur le paysage hivernal. Le monde enneigé invite ainsi à la découverte... mais aussi à la mesure et à la connaissance: récemment était complétée la dixième saison de monitoring de la neige au parc.

La saison "morte"?

Le manteau neigeux, aussi appelé couverture nivale, est d'une grande importance pour la survie de diverses espèces qui poursuivent leur vie "subnivale" durant l'hiver. Micromammifères, arthropodes et autres discrets habitants de ce monde invisible créent des réseaux complexes de gardes-manger, tunnels et endroits abrités... très recherchés par les oiseaux de proie et les coyotes ! Tout un habitat évolue donc tranquillement sous les congères et autres dunes de frimas, en attendant le retour des chaleurs printanières.

MON PARC CE N'EST PAS UN PARC, C'EST L'HIVER....

Deux suivis sur la neige ont cours au parc : le premier mesure les quantités de précipitations tombant quotidiennement, alors que le second compile les variations de l'épaisseur du couvert neigeux. Ce dernier suivi est le prolongement d'une étude réalisée en 2003-04 par des étudiants de l'Université de Sherbrooke. Cette étude mettait en lumière plusieurs particularités du couvert nival, afin de vérifier certaines informations presque mythiques sur l'enneigement au parc national du Mont-Mégantic. Les premiers résultats (voir à ce sujet un article du Bulletin de conservation 2005, www.sepaq.com/dotAsset/20962.pdf) révélaient que les chiffres faramineux avancés par certains étaient légèrement surestimés...

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PÉRENNISER LE SUIVI

Suite au projet des étudiants, qui évaluait de manière très large le territoire du parc pour dresser un portrait global le plus juste possible, une révision des objectifs des échantillonnages à été réalisée. Ce questionnement était nécessaire afin de consolider le suivi à long terme en fonction des ressources disponibles. L'objectif du suivi a aussi été recentré sur un comparatif relié au gradient altitudinal. Cet objectif permet d'intégrer les relevés aux trajets déjà existants de patrouilles des gardes-parcs et donc d'assurer la pérennité du suivi. Deux sites ont été retenus: un à proximité de l'ASTROLab, à une altitude de 600 m, et un second au mont Saint-Joseph, à une altitude de 1000 m. Comme les variations du manteau neigeux dues au tassement de la neige sont parfois assez importantes, le fait de cibler deux sites permet aussi de prendre plus de relevés et d'augmenter ainsi la précision du suivi. Sur chacun des deux sites, localisés en des endroits représentatifs de leur altitude, on retrouve cinq règles à neige permanentes couvrant un transect total de quarante mètres.

NEIGES ÉTERNELLES ?

Depuis l'hiver 2003-04, c'est plus de 150 visites terrain (en raquettes!) qui ont eu lieu afin d'effectuer les relevés, pour un total de près de 800 données. Les résultats nous renseignent sur plusieurs aspects: tout d'abord, on peut calculer l'épaisseur moyenne du couvert neigeux pour chaque mois hivernal, et ce pour chaque station. Ensuite, on peut illustrer l'évolution dans le temps (année après année) du manteau neigeux mensuel moyen. Ces deux dernières analyses peuvent être réalisées tant pour la station à 600 m qu'à celle de 1000 m; on peut ensuite comparer les effets de l'altitude sur l'épaisseur de neige au sol. De plus, il est facile d'identifier les hivers marquants – on se souvient de l'hiver 2007-2008 où les services d'urgence de la ville de Sherbrooke ont dû utiliser des motoneiges! Par ailleurs, les résultats du suivi seront très précieux à long terme. En effet, le mont Mégantic est l'endroit le plus enneigé du sud du Québec; l'évolution de son manteau neigeux constitue un très bon indicateur et il est possible que le parc soit aux premières loges des conséquences anticipées des changements climatiques.

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Camille-Antoine Ouimet est responsable du service de la conservation au parc national du Mont-Mégantic ouimet.camilleantoine@sepaq.com

Photos: Guillaume Poulin; Rémi Boucher; Sépaq.


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