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Blogue de conservation

La cachette du ginseng à cinq folioles, une trouvaille qui doit rester secrète!

2 avril 2013


À l’ombre des érables matures du sud-ouest du Québec se cache une espèce menacée, mais fort recherchée depuis des centaines d’années : le ginseng à cinq folioles. Au parc national du Mont-Orford, les recherches actives des dernières années ont permis la découverte d’une colonie viable de cette plante herbacée forestière aux besoins bien particuliers.

La plante qui guérit tout!

Le ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius L.) est une plante herbacée forestière reconnaissable à ses feuilles composées de trois à cinq folioles reliées entre elles comme les doigts d’une main. Son nom latin Panax prend son origine du mot grec panakeia « qui guérit tout ». Sa racine, en forme de carotte fourchue, mesure de 1 à 3 cm d’épaisseur et de 5 à 10 cm de longueur. Celle-ci est très recherchée pour ses nombreuses vertus thérapeutiques.

Les plants matures produisent des petites fleurs d’un blanc verdâtre qui forment une ombelle (inflorescence où tous les pédoncules partent d'un même point). Ses fruits charnus d’un rouge éclatant à maturité contiennent de 1 à 3 graines qui tombent l’automne venu. La production de graines est l’unique mode de reproduction du ginseng. C’est une plante qui a un rythme de croissance très lent. Il faut en moyenne de 7 à 15 ans avant qu’un plant ne puisse produire des graines. Lorsqu’un plant de ginseng est bien établi dans son environnement, il peut vivre plus de 50 ans.

Le sud du Québec et de l’Ontario constitue sa limite nord de répartition. Il croit à l’ombre, principalement dans les érablières matures, riches, humides, non perturbées et dont l’acidité des sols avoisine la neutralité. Avec son couvert forestier principalement dominé par l’érable à sucre, le parc national du Mont-Orford est donc un endroit tout désigné pour héberger cette espèce rare.

Le ginseng menacé

Le ginseng à cinq folioles est une plante désignée menacée au Québec. Elle bénéficie donc d’un statut légal de protection. La cueillette commerciale et la perte d’habitat sont les raisons principales du déclin de l’espèce. Au Québec, la majorité des populations sont petites, dispersées et non viables. Par viable, nous entendons qu’une population est suffisamment importante pour résister aux fluctuations qui se retrouve normalement dans son habitat sans entraîner son déclin à long terme. Elle doit compter environ 170 plants et comporter une proportion importante de plantes matures qui produisent des graines. Malheureusement, ce sont les plus gros plants matures qui sont les plus convoités. Il en résulte donc un affaiblissement de la population se traduisant fréquemment par la disparition de la colonie. Étant donné que c’est une espèce qui croît à l’ombre, les perturbations forestières peuvent avoir de graves conséquences sur la viabilité des populations. Les maladies, les chablis (arbres renversés sous l’effet du vent) et de grands épisodes de verglas en sont quelques exemples.

Trouvaille dans les sous-bois

Au parc national du Mont-Orford, quelques populations non viables sont suivies depuis plusieurs années. Certaines ont même connus un déclin marqué. Depuis 2010, des recherches à travers divers habitats potentiels ont été menées dans l’espoir de trouver d’autres populations sur le territoire. En 2011, les efforts ont été récompensés par une trouvaille inespérée pour l’Estrie. Avec l’aide de botanistes et du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP), une population viable a été découverte. La qualité de cette population reste à déterminer, mais avec ses 448 plants ce serait la plus importante des Cantons-de-l’Est!

Il va sans dire qu’en tant que parc national ayant une mission de conservation, il est de notre devoir de protéger ce joyau vivant dans l’ombre de nos érablières québécoises!


Claudia Lascelles est responsable du Service de la conservation et de l’éducation et Frédérick Dagenais est garde-parc au parc national du Mont-Orford.

Photos : Frédérick Dagenais


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