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Un urbain en cavale... la nuit, aux Îles‑de‑Boucherville

En collaboration avec Mathieu Charlebois.

Mathieu est né en ville, a grandi en ville et s'attend à mourir en ville, en tombant dans un nid-de-poule de deux mètres de profondeur. Il est allé dans le bois, une fois, quelque part en 2011, parce que Google Maps était un peu mêlé. Depuis, il vit à l'ombre des arbres en ciment de la métropole et ne s'aventure dans la nature que par accident.

La Sépaq a réussi à l'envoyer jouer dans la neige en l'attirant avec un hamburger et des frites.

Parc national des Îles-de-Boucherville Parc national des Îles-de-Boucherville
Parc national des Îles-de-Boucherville Mathieu Charlebois | © Sépaq

Il est 20 h, il fait froid, et je marche sur un sentier, à l'ombre des lumières de la raffinerie qui boucane de l'autre côté de l'eau. Dans le ciel, la Lune est aussi pleine que mon nez est froid, et j'ai peine à croire que c'est ainsi que je passe mon samedi soir. Je dois l'avouer : ce n'est pas exactement où je croyais que la vie glamour d'auteur allait me mener.

Comment en suis-je arrivé là? Tout a commencé il y a quelques semaines, quand madame Sépaq (Sylvie Sépaq, de son nom complet) m'a appelé...

- Hey Mathieu! Veux-tu aller marcher au parc national des Îles-de-Boucherville, samedi soir?

- Bof…

- Il va y avoir à manger.

- J'ARRIVE!

C'est que l'hiver, le parc national des Îles-de-Boucherville organise des soirées « Cuisine mobile et rando aux Îles », où l'on se régale de cuisine de rue avant d'aller arpenter des sentiers illuminés. Je ne pouvais pas refuser cette offre qui allie mes deux passions : manger et me nourrir. Et marcher, aussi. Puisqu'il le faut.

Histoire d'être un mononcle cool, j'ai invité ma nièce de 9 ans en lui faisant miroiter du chocolat chaud et des guimauves. On n'attire pas les mouches foodies avec du vinaigre balsamique.

Avant l'exercice : friture

Ce soir-là, c'est le camion du Jerry Ferrer qui sustente la foule assemblée et frigorifiée. Au menu : une poutine à la sauce aux truffes, des boulettes diverses entre deux pains et de bonnes frites bien frites. Après tout, ce n'est pas parce que tu t'en vas te promener dans la nature que tu es obligé de manger santé.

C'est la technique « écureuil » : s'il fait -28 degrés Celsius, un petit manteau de gras sous ton vrai manteau, ce n'est pas de trop.

Ne sont également pas de trop : ces petits sachets qui se réchauffent d'eux-mêmes quand on les sort de leur emballage.

Je ne connaissais pas ces merveilles avant que ma sœur n'en glisse dans mes mitaines et mes bottes et OH MON DIEU, COMMENT AI-JE FAIT POUR SURVIVRE JUSQU'À 38 ANS? Vous savez la sensation fantastique quand on s'assoit sur le siège chauffant d'une automobile? Cette douce chaleur qui donne l'impression que notre postérieur est un délicieux petit poulet rôti d'épicerie placé sous les lumières rouges d'un présentoir? Ces sachets sont la version portable de cette sensation. De la véritable magie.

Et c'est ainsi que, un burger végétarien derrière la cravate, armé de chauffe-pieds, de chauffe-mitaines et de deux petits sachets glissés dans les poches arrières de mes jeans (parce que pourquoi pas), nous partîmes pour une marche de cinq kilomètres.

Parc national des Îles-de-Boucherville
Parc national des Îles-de-Boucherville Mathieu Charlebois | © Sépaq
Parc national des Îles-de-Boucherville
Parc national des Îles-de-Boucherville Mathieu Charlebois | © Sépaq

En route!

Les instructions sont simples : suivez le sentier bordé de petites lanternes.

La pleine lune, qu'on appelle aussi le lampadaire de l'espace (Non? Juste moi?), éclaire comme elle peut notre chemin. Vraiment, c'est l'activité parfaite à faire avec des gens qu'on ne veut pas vraiment voir.

Les sinistres silhouettes des arbres nous transportent dans le décor d'un film de Tim Burton. Leurs formes font peur. Ici, on croirait à un monstre aux grands bras. Là, à un géant prêt à nous dévorer. L'arbre au loin? On dirait un fan de Rush qui insiste pour nous faire entendre les meilleures chansons du groupe. Terrifiant.

La nièce, par contre, n'a pas peur. Pendant une bonne demi-heure, elle a baptisé chaque arbre qu'on a croisé. Si vous allez à ce parc, saluez donc Stéphane, Pelle et Chou-fleur de notre part. Surtout Chou-fleur. Il était ben swell.

Petite pause bien méritée

À mi-chemin, un feu et des contes nous attendent. L'un nous réchauffe le corps, l'autre nous réchauffe l'esprit, et le tout me transforme visiblement en poète de Dollarama.

Alors que l'on récupère un peu de sensation dans le bout de nos membres, un guide nous lit des textes de Serge Bouchard, où la vie de différents animaux est racontée du point de vue l'animal en question. La nièce adore entendre parler du raton laveur, et nous voilà prêts à repartir pour un autre deux kilomètres, au bout desquels se trouvent le chocolat chaud et la guimauve promis.

Parc national des Îles-de-Boucherville
Parc national des Îles-de-Boucherville Mathieu Charlebois | © Sépaq
Parc national des Îles-de-Boucherville
Parc national des Îles-de-Boucherville Mathieu Charlebois | © Sépaq

Le chemin du retour

Le chemin, parsemé de « On arrive-tu bientôt? », est bordé de paysages sans arbre, aux allures de plaines lunaires. On se croirait sur une autre planète, ou sur la Terre, dans 50 ans, si on ne règle pas le problème des changements climatiques.

L'intérêt principal de l'activité est là, dans ce dépaysement. Des arbres, des arbustes et des sentiers, on a tous déjà vu ça… en plein jour. Mais de soir, c'est vraiment autre chose.

Tout est à la fois beau, énigmatique, et indéniablement frisquet. Le chocolat chaud ne sera pas un luxe.

Le lendemain, au réveil, la nièce a déclaré que « c'était vraiment cool hier soir. On a marché longtemps dans la nature et à une place on pouvait s'asseoir et écouter une madame autour du feu qui racontait des choses. Après la marche, j'ai mangé des guimauves et bu un chocolat chaud. »

Mission accomplie, pour le mononc' cool.

Mathieu Charlebois

À propos de Mathieu Charlebois

Ancien musicien viré journaliste, viré chroniqueur politique, viré auteur d'humour, Mathieu Charlebois écrit régulièrement pour les magazines Curium et L'actualité, en plus de réaliser des balados (dont Comment être drôle, avec Julien Corriveau) et de posters des photos de nourriture sur Instagram.

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