COVID-19 : feu vert pour élargir progressivement notre offre. Détails


Le volume d'appels actuel occasionne des délais élevés d'attente au téléphone. Nous suggérons de consulter la foire aux questions et de réserver en ligne.

Un urbain en cavale… au mont Saint-Bruno

En collaboration avec Mathieu Charlebois.

Mathieu est né en ville, a grandi en ville et s'attend à mourir en ville, sous les roues d'un automobiliste qui n'a pas respecté le passage pour piétons. Il est allé dans le bois, une fois, quelque part en 1988, pour suivre ses parents. Depuis, il vit à l'ombre des arbres en ciment de la métropole et ne s'aventure dans la nature que par accident.

La Sépaq l'a envoyé dans le bois pour voir combien de temps ça prendrait avant qu'il ne soit perdu.

Parc national du Mont-Saint-Bruno Parc national du Mont-Saint-Bruno
Parc national du Mont-Saint-Bruno Mathieu Charlebois | © Sépaq

Des arbres grands comme Bruno Landry

Un samedi de mi-novembre, j'ai enfilé mes mitaines, mis mes bottes, enlevé mes mitaines pour pouvoir attacher mes bottes, enfilé mon manteau, mis ma tuque, remis mes mitaines, et je suis parti découvrir cette « nature » dont on m'avait tant parlé. Destination : le parc national du Mont‑Saint‑Bruno.

Pour quelqu'un dont le métier est d'écrire des blagues, il était tout à fait « d'adon » de choisir comme première escapade un mont nommé en l'honneur d'un de nos plus grands humoristes : Bruno Landry.

Il n'a pas fallu cinq minutes sur place pour que je remarque les arbres. « Duh », me direz-vous. « C'est ça, la forêt. » D'abord, calmez-vous la condescendance, on est seulement au troisième paragraphe. Ensuite, c'est qu'ils sont vraiment grands, les arbres.

À l'image de monsieur Landry, les habitants sylvicoles du mont Saint-Bruno se dressent, grands et fiers. De leurs branches, ils essaient de toucher le ciel, de la même façon que Bruno Landry tentait de toucher le divin à chaque épisode de Rire et délire.

Sans les maudites feuilles dans le chemin, on peut enfin se promener en forêt ET profiter du ciel bleu. En cet après-midi ensoleillé, les arbres dénudés laissent passer une lumière complètement folle qui transforme le mont Saint-Bruno en filtre Instagram. Toutes les photos sont parfaites.

Parc national du Mont-Saint-Bruno
Parc national du Mont-Saint-Bruno - Mais je ne suis pas venu ici pour améliorer mon instagram game, #influenceur, #blessed, #LePleinAirCestLaVie. Je suis venu ici… parce que ce n'est pas loin de chez moi. Mathieu Charlebois | © Sépaq
Parc national du Mont-Saint-Bruno
Parc national du Mont-Saint-Bruno Mathieu Charlebois | © Sépaq

Un parc à deux pas de chez vous

(Si vous habitez à deux pas du parc)

Oui, les Alpes, c'est beau et les Rocheuses, ça nous requinque le Canayen. Mais peut-on se rendre au mont Blanc en prenant un autobus à trois dollars et cinquante au métro Longueuil? Non. Avec le mont Saint-Bruno, c'est possible.

Et si vous êtes un de ces millionnaires en carriole à moteur, votre automobile vous y amènera en une trentaine de minutes en partant de Montréal.

Avoir su que cet endroit magnifique était à portée d'autobus, j'en aurais profité bien avant! J'y aurais fait des pique-niques gastronomiques. De l'ornithologie extrême. Des sports de glisse. Je serais venu y accoucher de mon premier enfant, dans un décor pas mal plus enchanteur que celui d'une chambre d'hôpital.

Le plan pour l'après-midi : une marche d'environ 90 minutes qui me fera faire le tour d'un lac. Divulgâcheur : ça me prendra finalement un bon deux heures, à force de m'arrêter pour regarder les paysages et dire « wow ».

Mais avant les fleurs, le pot.

Lac des Bouleux

C'est beau, mais ce n’est pas très original

Si j'ai un reproche à faire au parc, c'est un manque d'imagination patent sur le plan toponymique. Qu'est-ce qu'on trouve sur le chemin du Lac des Bouleaux? Un sentier bordé par des bouleaux. Qu'est-ce qui se trouve sur le bord du Lac du Moulin? Si vous avez répondu « Un moulin », bravo, vous n'êtes pas dans le coma.

Comment autant de beauté (regardez la photo!) a-t-elle pu mener à des noms si peu inspirés? C'est un peu l'équivalent d'appeler ses enfants « Bébé 1 » et « L'autre poupon ». Franchement, on aurait pu faire mieux.

En route!

En plus des joggeurs et des skieurs de fond, des cyclistes arpentent les sentiers sur ces vélos aux roues surdimensionnées qu'on appelait « fatbike » avant d'être conscientisés à la grossophobie. (Toutes les roues sont belles, tous les vélos méritent le respect.)

Et il y a les marcheurs. Les amateurs, comme moi, mais aussi les professionnels de la déambulation qui utilisent des bâtons de marche et nous font sentir comme des pas bons parce qu'on marche les mitaines vides, comme des débutants.

Ne vous laissez pas tromper par le puissant lobby du bâton de marche qui veut faire nous croire qu'on a besoin de bâtons en titane à 3000 $ pour mettre un pied devant l'autre. J'ai fait le tour du parc sans autre équipement que de bonnes bottes.

Chaque pas que l'on fait nous récompense du doux son de la neige qui écrase sous nos pieds. Ce qui nous mène à la deuxième activité : écouter le silence de la forêt.

Ce n'est pas facile, parce qu'il y a toujours un maudit oiseau qui piaille, un arbre qui craque, ou le glouglou d'un ruisseau pas loin qui nous donne envie de crier « Tais-toi, nature! J'essaie d'écouter le silence de la forêt! ». Ce n'est pas facile, mais quand on y arrive, ce moment de calme, loin des voitures, du stress de la ville et de la construction, nous fait presque oublier que l'on est en pleine crise d'anxiété parce que notre téléphone s'est éteint à cause du froid.

Assis au salon de thé qui est installé dans le moulin du lac du même nom (vous me suivez?), je fais le bilan de ma journée : j'ai vu un renard et deux chevreuils, j'ai croisé quelqu'un sur un sentier et on s'est fait un salut de la tête comme deux camionneurs sur la grand-route, et j'ai presque des crampes aux yeux d'avoir tant regardé.

Cette fois-ci, j'ai marché. Mais la prochaine fois, je pense que je vais essayer le ski de fond. Le bonhomme du pictogramme semble avoir tellement de plaisir!

Descente en ski

Mathieu Charlebois

À propos de Mathieu Charlebois

Ancien musicien viré journaliste, viré chroniqueur politique, viré auteur d'humour, Mathieu Charlebois écrit régulièrement pour les magazines Curium et L'actualité, en plus de réaliser des balados (dont Comment être drôle, avec Julien Corriveau) et de posters des photos de nourriture sur Instagram.

Soyez informé

Inscrivez-vous aux courriels de la Sépaq et soyez le premier à connaître nos nouveautés, nos offres et nos promotions spéciales.

S'inscrire