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Repenser son métier et sa retraite : le virage nature de cinq membres de l’équipe

Leurs histoires sont différentes, mais après une vie professionnelle bien remplie, ces cinq passionnés ont écouté leur petite voix intérieure, qui leur répétait que le bonheur se trouvait en nature. Esther, Denis, Lyne, Cynthia et Céline ont reconsidéré leurs plans de carrière et de retraite et se sont déniché un emploi dans un parc national ou une réserve faunique.

Portrait de cinq personnes qui ont suivi leur cœur jusque dans les bois.

Alma Kismic | © Sépaq

Esther 

Trois ans après son embauche, Esther Dorval semble encore un peu surprise de se trouver au parc national de Frontenac. « Je n’avais aucune idée que je retournerais travailler », assure la femme de 68 ans. En 2014, après une vingtaine d’années de service comme technopédagogue à l’Université TÉLUQ, la native de Lévis avait amorcé sa retraite, un repos mérité.

Penser qu’elle ne ferait que se reposer, cependant, c’est bien mal connaître cette femme active et curieuse. Après cinq mois à voyager en véhicule récréatif avec son conjoint dans le Midwest américain, son désir de bouger s’est transformé. Le couple s’est acheté un terrain à Beaulac-Garthby, au sud de Disraeli, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Loin de voir la retraite comme une fin en soi, Esther tenait à demeurer dans l’action : « Je voulais vivre autre chose. » Lorsqu’elle a vu une publication Facebook au sujet du recrutement à la Sépaq, le déclic s’est fait. « Ça disait : “Bienvenue aux retraités” », se remémore-t-elle. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle atterrisse au parc national à proximité de chez elle.

D’abord, elle a appelé sa fille, qui travaille en ressources humaines. « Me referais-tu un CV? » lui a-t-elle demandé. Quelques entrevues plus tard, au printemps 2020, elle devenait préposée aux opérations terrain, un poste aux tâches variées et en contact avec le public, le tout dans un parc qu’elle connaissait déjà. « J’y campais! » s’exclame-t-elle.

Après des années dans le milieu universitaire, elle a l’occasion de renouer avec son amour de la nature et des activités de plein air. Membre des scouts dans sa jeunesse, Esther prend plaisir à développer des relations avec les visiteurs et visiteuses du parc, les jeunes en particulier. « Vous avez plein d’années devant vous pour profiter du plein air! » les encourage-t-elle.

Grande alliée de la nature, elle adore ses nouvelles fonctions. Sa passion la suit jusqu’à la maison : elle campe avec Julia, sa petite-fille de 4 ans, depuis sa naissance. Elle lui transmet l’héritage familial et son intérêt pour la vie au grand air, comme ses propres parents l’avaient fait.

À quand une vraie retraite? La sympathique préposée n’en sait rien. Toutefois, ça ne semble pas pour tout de suite, car elle tente de convaincre son frère aîné de retourner lui aussi sur le marché du travail. « J’essaie de le recruter! » confie-t-elle.

© Sépaq
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Denis 

À écouter Denis Rondeau raconter son parcours professionnel, on voit qu’il est maintenant sur son X. L’homme de 46 ans a commencé sa carrière comme élagueur-émondeur avant de suivre une formation en rembourrage industriel. Avec le temps, le résident de Québec a fini par perdre le sourire au travail. « Je n’étais plus heureux! » se rappelle celui qui a toujours aimé la chasse, la pêche et les activités de plein air.

Le hasard est parfois étonnant. Dans le cas de Denis, il a placé sa vie sur une toute nouvelle trajectoire. C’est une rencontre fortuite avec le directeur de la réserve faunique Mastigouche à un salon de chasse et pêche qui est venue tout changer. Le directeur, que Denis avait déjà croisé pendant un voyage de chasse à l’orignal, lui mentionne alors qu’il est à la recherche de gens passionnés pour joindre son équipe. Pourquoi pas lui?

Après avoir quitté l’événement, Denis tente de se convaincre que ce n’est pas pour lui, mais la flamme est bel et bien allumée. Sa blonde, Audrey, remarque rapidement la lueur qui brille dans le regard de son homme. « J’ai viré de bord! » avoue-t-il, remerciant la clairvoyance de sa douce.

À l’emploi de la Sépaq depuis une douzaine d’années, il a trouvé un milieu qui répond à son désir d’être dans l’action : « Je suis un gars de défis. J’aime ça quand ça bouge! » De gardien de territoire à la réserve faunique du Saint-Maurice, en Mauricie, à gérant de secteur à celle des Laurentides, au nord de Québec, en passant par un rôle de préposé aux activités principales, Denis a su tracer son chemin.

Se qualifiant de bûcheur, le père de famille s’enthousiasme que son horizon de carrière ne manque pas d’espace, au propre comme au figuré. De son bureau, il peut d’ailleurs observer le cycle des saisons sur les montagnes des Laurentides. « Travailler ici, ce n’est pas une corvée. C’est un mode de vie! » affirme-t-il, visiblement comblé.

Joueur d’équipe appréciant le travail sur le terrain et les contacts humains, ce gars de bois a la réputation d’être un meneur à l’écoute de ses collègues. Convaincu que la chance qu’il a saisie en attend d’autres, Denis est même devenu responsable du kiosque de la Sépaq lors de salons de chasse et pêche.

Une occasion de donner au suivant. Et de changer des destins.   

Lyne

Avant même de choisir un emploi en plein air, Lyne Alain s’est choisie. Après 31 ans dans le domaine de la santé, elle en a eu assez. « Je pensais arrêter là », raconte la femme de 55 ans, qui a conclu sa carrière de technicienne en ergothérapie et en physiothérapie en 2020.

« Tu ne t’habitues pas à voir du monde malade ou mourir », résume Lyne, qui a longtemps travaillé à l’urgence. Le temps a fait son œuvre et la fatigue s’est installée. Une répétition dans les tâches, une chimie d’équipe plus tout à fait la même, une clientèle toujours plus difficile…

Celle qui avait débuté comme préposée aux bénéficiaires a compris que c’était le moment de passer à autre chose. « Ça faisait longtemps que j’y pensais », exprime-t-elle. Ainsi, à un an de sa retraite officielle, Lyne s’est écoutée et a fait le saut. « Tant que je suis en forme, c’est le temps de le faire! » s’est-elle dit.

La résidente de Sainte-Brigitte-de-Laval, en banlieue de Québec, a d’abord été embauchée comme préposée aux activités, puis comme gardienne de territoire à la réserve faunique des Laurentides. Elle n’a même pas eu à changer de régime de retraite : elle n’a donc pas été pénalisée par son départ du milieu de la santé.

Qu’importe, la chasseuse et pêcheuse se devait d’agir. « C’était la bonne décision, au bon moment », précise Lyne, contente d’utiliser tout son bagage d’expérience et la sagesse de sa cinquantaine.

Elle aime ses tâches variées et elle progresse dans l’organisation en acceptant de nouveaux défis. « Ce n’est pas juste du 9 à 5! » se réjouit-elle. Une chose est sûre, elle ne pourrait pas revenir en arrière : « Quand j’ai pris ma décision, mon chum m’a dit : “tu n’as plus de pression!” Elle venait de tomber. »

Dans son nouvel environnement, l’urgence de vivre n’a plus la même signification et les salles d’attente n’existent pas. Sans compter que, depuis ce grand changement, la « malcommode » autoproclamée a le sourire plus facile et s’amuse quotidiennement au travail. « On est comme une petite famille », décrit Lyne en parlant de ses collègues. Visiblement, elle a trouvé sa vraie nature.

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Cynthia

Il y a quelques années, les robes et les talons hauts ont perdu de leur attrait aux yeux de Cynthia Michaud. Bientôt âgée de 42 ans, elle tire maintenant une fierté de son uniforme d’employée de la réserve faunique de Rimouski. « J’aime ça, mettre mes bottes de travail », constate-t-elle en riant. La résidente de Saint-Anaclet, une municipalité à l’est de Rimouski, a aussi un faible pour la région : « J’ai retrouvé mes racines! »

Mère d’un garçon et d’une fille aujourd’hui dans la vingtaine, Cynthia n’a jamais eu peur de travailler fort ni de relever des défis. Elle a été mère au foyer pendant sept ans, puis gérante d’une boutique de vêtements. Elle s’était toujours dit qu’elle retournerait aux études quand ses enfants seraient au secondaire.

À 34 ans, elle a suivi une formation en ébénisterie. Après un stage dans l’entreprise, elle a travaillé pendant trois ans à l’usine de skis Utopie MFG de Saint-Narcisse. Elle y a cependant développé des allergies, sans trop en connaître la cause. Un plan B s’est dessiné : elle a été embauchée à la réserve faunique de Rimouski, où l’un de ses amis travaillait déjà.

L’été 2022 sera la troisième saison en nature de Cynthia : elle aime ses tâches manuelles et jamais routinières. « Tu peux toucher un peu à tout », explique la préposée aux activités. Elle se plaît à évoluer dans ce nouvel univers professionnel, en pleine forêt, où son talent pour les travaux de rénovation et d’entretien est mis à profit.

Elle se sent à sa place dans ce quotidien réinventé. « Je ne suis pas une fille de bureau! » confirme sans détour celle qui a pourtant déjà étudié en comptabilité.

Les avantages de la nouvelle vie de Cynthia font rêver, entre autres avec les parties de pêche entre collègues après le travail et l’observation de la faune (des orignaux, bien sûr, et parfois, un lynx) en direct de son « bureau ».

Maintenant que la principale intéressée y a goûté, elle trouverait bien dur d’y renoncer.

Céline 

Céline Godbout aime les gens et ça paraît. Après un parcours professionnel au service des autres, que ce soit comme intervenante ou comme monitrice d’autodéfense auprès des femmes, elle souhaitait adoucir son quotidien. « Je me cherchais quelque chose de différent, de plus léger », précise la femme de 62 ans.

Il y a trois ans, elle a tenté sa chance comme journalière au parc national des Îles-de-Boucherville. Passionnée d’extérieur sans se considérer comme une grande sportive, elle avait certaines appréhensions : « Vais-je être capable de faire ça, moi, conduire les gros camions? »

Finalement, elle s’est laissé prendre au jeu. Trois jours par semaine, du printemps à l’automne, elle vibre au rythme de la nature. « Ce n’est pas juste un emploi. C’est un milieu de vie! » avoue-t-elle. À son grand bonheur, Céline passe ses journées dehors en contact avec le public ou à s’assurer de rendre leur séjour des plus agréables.

Cet emploi rejoint les valeurs profondes de la résidente de Longueuil : écologie, respect de l’environnement, accès universel à la nature… « Je me sens en adéquation avec ma vision de la vie! » commente-t-elle.

Née dans le béton de Montréal, elle est fière de contribuer à cette oasis urbaine unique au cœur du fleuve Saint-Laurent. « C’est un milieu que j’adore », affirme Céline au sujet du parc national et de son équipe. Elle souligne au passage le réel plaisir qu’elle a de côtoyer des gens en vacances, détendus et heureux d’être là.

Son enthousiasme n’a pas faibli avec les années, bien au contraire. « La nature, ça me nourrit! résume-t-elle. Il faut s’écouter en vieillissant ». Après tout, Céline a réussi à libérer sa vie professionnelle d’un sentiment d’étouffement et de lourdeur.

À la douce lueur d’un matin d’été, tandis qu’elle circule seule sur les chemins du parc, au volant de sa voiturette électrique, elle a le sourire aux lèvres. On devine qu’elle respire maintenant bien mieux.

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