Passion renard

Récit d'une photographe animalière 

En collaboration avec Julie Audet, photographe animalière.

Faire de la photographie animalière peut comporter de très grands défis, prioritairement parce que la nature est d’une imprévisibilité avec laquelle le photographe doit composer. À la fois favorable et source de pur bonheur, elle peut être aussi une cause de frustration. Tous les efforts avant d’arriver à saisir une scène peuvent être aussi très nombreux avant la sortie elle-même, ce qui conduit aussi toujours et invariablement à toutes sortes d’histoires.

Julie Audet | © Sépaq

Le début d’une passion

Le jour où j’ai décidé de combiner ma passion pour les animaux avec la photographie, mon intérêt s’est accentué de manière exponentielle, car je me suis mise à découvrir un monde encore plus complet et presque sans limites. J’ai alors commencé à multiplier mes sorties sur le terrain, ce qui a eu aussi un effet très bénéfique sur les observations que j’y faisais. Avoir la chance d’observer des animaux sauvages dans leur environnement est pour moi un énorme privilège et je suis toujours grandement reconnaissante envers chaque animal dont j’ai la chance de croiser le chemin, quel qu’il soit. De toutes les espèces animales que j’ai pu observer jusqu’ici, le renard reste l’animal qui me fascine le plus, même encore aujourd’hui!

Quand on prend le temps d’observer un renard sauvage, l’expression populaire « être rusé comme un renard », qui existe depuis plus de trois siècles maintenant, prend alors tout son sens. Qu’il soit habitué à la présence humaine ou non (parce que son territoire est souvent choisi en conséquence de celui de l’homme), le renard réussit toujours à me surprendre. C’est un animal doté d’une très grande curiosité qui, combinée à son intelligence, provoque toujours des situations captivantes devant lesquelles je ne cesse de m’émerveiller chaque fois. Maître de l’adaptation et de l’opportunisme, c’est même l’un des mammifères terrestres les plus communs sur la planète. Ce que je recherche dans l’observation des renards sauvages n’est donc pas la rareté, vous comprendrez. En échange, ce qu’offrent les renards, ce sont à tous coups des moments uniques qui sont bien plus précieux que n’importe quel statut, ce qui rejoint merveilleusement bien mon objectif personnel en tant que photographe animalière.

Un animal expressif

Les renards sont tous très différents les uns des autres. Les variations de couleurs, tant au niveau de la fourrure, du masque et/ou des yeux, de même que ses traits physiques distinctifs qui pimentent leurs comportements qu’on pourrait quasiment qualifier de « personnalité », font de chaque individu des êtres uniques à part entière. La chose la plus particulière qui soit avec cet animal, toujours selon mon opinion personnelle, est sans doute l’expression qu’il dégage. Sans vouloir faire de l’anthropomorphisme, on croirait presque deviner les émotions dans ses yeux, car le renard est l’une des rares espèces à s’arrêter, s’assoir, prendre le temps d’observer l’humain et se laisser observer à son tour sans y voir aucune menace. Le genre de situation qui peut même durer un bon moment. Dans ce contexte, devenir le sujet ne dérange pas du tout la photographe en moi! C’est même assurément le genre de moment qui me charme le plus, surtout quand l’individu est assez détendu et en confiance pour s’installer et faire la sieste à quelques pieds de moi. C’est un respect mutuel, une forme de communication non verbale qui se crée d’elle-même, un moment où il vaut la peine de ranger la caméra un instant afin de savourer pleinement cet instant de bonheur et apprécier la beauté de ce que la nature nous lègue.

Julie Audet | © Sépaq
Julie Audet | © Sépaq
Julie Audet | © Sépaq
Julie Audet | © Sépaq
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Julie Audet | © Sépaq
Julie Audet | © Sépaq
Julie Audet | © Sépaq

La rencontre la plus inattendue

Parmi les nombreuses rencontres que j’ai faites jusqu’ici avec des renards, en voici une que je me plais encore aujourd’hui à me remémorer, faite dans l’un de mes établissements préférés à la Sépaq : le parc national des Grands-Jardins.

Mon conjoint et moi venions tout juste d’arriver au parc pour y gravir le mont du Lac-des-Cygnes. Il était très tôt dans la journée, l’air était frais et le soleil n’était pas encore tout à fait levé. D’un humour facile et spontané, mon conjoint est le type de personne qui ne peut enchaîner une conversation sans faire de blague. Alors qu’il était déjà sorti de la voiture et que j’y étais toujours afin de préparer mon matériel photo, il me dit d’un air très calme : « Julie, il y a un renard en arrière de la voiture ». Je ne l’ai pas cru. Je n’ai même pas levé les yeux. Qu’elles étaient les chances que cela arrive aussi facilement? Puis il l’a répété, toujours aussi calmement, en rajoutant ceci : « il y en a même deux. Il y a deux renards en arrière de la voiture, Julie ». Les rires sont sortis de ma bouche un peu maladroitement et les seuls mots que j’ai su répondre étaient : « bien oui, c’est ça. Tu as appelé des renards et POUFF, il y en a deux qui sont apparus à tes pieds ». Il aura fallu, d'un ton haut et fort, un : « Julie, prend ta caméra et sors, il y a vraiment deux renards en arrière de la voiture », pour que je lève les yeux des paramètres de mon appareil. Quand j’ai vu son visage, j’ai su qu’il ne faisait pas de blague. Il y avait vraiment deux renards derrière la voiture! L’un d’eux avait même une proie dans sa gueule.

Cette journée-là, on a laissé tomber la randonnée. Nous avons plutôt profité de ce beau spectacle tout à fait improvisé, où nous avons pu observer deux jeunes renards se promener, se batailler, jouer, se toiletter et se reposer, pendant un bon 2 heures, avant qu’ils ne disparaissent en forêt pour le reste de la journée. Une belle interaction entre les deux, qui n’ont jamais vraiment fait de cas de notre présence, étant beaucoup trop occupés entre eux, ce qui était parfait pour la prise de photos, malgré la lumière qui était encore peu présente. Dans ce cas-ci, l’imprévisibilité de la nature était pleinement à savourer!

Parc national des Grands-Jardins
Parc national des Grands-Jardins Julie Audet | © Sépaq
Parc national des Grands-Jardins
Parc national des Grands-Jardins Julie Audet | © Sépaq
Parc national des Grands-Jardins
Parc national des Grands-Jardins Julie Audet | © Sépaq
Parc national des Grands-Jardins
Parc national des Grands-Jardins Julie Audet | © Sépaq

3 règles de base à respecter en présence de renards

Ce qui est aussi valable en présence de n’importe quel autre animal sauvage

  1. Gardez toujours vos distances, par sécurité et par respect.
  2. Ne nourrissez pas un animal sauvage, cela peut être beaucoup plus nuisible que ce que vous pensiez.
  3. Restez calme et appréciez le moment.

Julie Audet

À propos de Julie Audet

Passionnée d’animaux et de nature, c’est avec ses lentilles que Julie Audet aime capter et partager les moments qu’elle rencontre lors de ses sorties. La vision unique de la nature qu’elle présente dans ses photos est à la fois très personnelle et empreinte d’une grande sensibilité. On décrit souvent ses photos comme une forme de poésie en images, puisqu’elle sait faire briller les émotions dans chaque ambiance qu’elle capte.

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