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Mordue de méduses

Marie-Lyne Deshaies passe le plus clair de son temps avec les méduses. En effet, la guide animalière aquariste de l’Aquarium du Québec a fait de la culture des méduses sa spécialité. Pour cette amoureuse de la vie marine, elles n’ont plus de secret, ou presque!

Depuis qu’elle est toute petite, Marie-Lyne se passionne pour les animaux. Native de Montréal, elle adopte le Biodôme comme repaire tranquille, un endroit qui lui permet d’être en contact avec la nature. Un peu plus loin, à Ottawa, le Musée canadien de la nature et ses fossiles de dinosaures l’intriguent tout autant.

Aquarium du Québec Aquarium du Québec
Aquarium du Québec - Méduse Mastigias Patrick R. Bourgeois | © Sépaq

Coup de cœur pour l’Aquarium du Québec

Au début de l’âge adulte, elle entreprend des études en techniques de bioécologie au cégep de Saint-Laurent. Son diplôme en main, elle déménage dans la capitale québécoise et, peu de temps après son arrivée, elle est séduite par sa première visite à l’Aquarium du Québec.

« Je suis arrivée à midi et je suis repartie à la fermeture. J’ai discuté avec l’équipe de guides animaliers et je leur ai demandé ce que ça prenait comme bagage pour travailler ici. Quand je suis repartie, je me suis dit : “je veux travailler ici!” » raconte-t-elle.

À 23 ans, elle y décroche un emploi étudiant comme assistante à la conservation. C’est le début d’une belle histoire.

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Aquarium du Québec Kléo Carrier | © Sépaq
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Aquarium du Québec - Méduse du Pacifique Julie Audet | © Sépaq

Ses chouchous : les méduses mastigias

C’est au Pavillon des profondeurs, nouvellement ouvert au public, que Marie-Lyne entame sa carrière comme assistante guide animalière aquariste. Un monde incroyable s’offre à elle : nourrir les hippocampes, côtoyer les raies, s’occuper de la culture des nauplies d’artémias, ces petites larves de crevettes dont les méduses s’alimentent… Elle a-do-re son travail!

Puis, c’est le coup de foudre! Elle tombe sous le charme des méduses, tout particulièrement les mastigias. Ces grandes dames des mers, avec leur ombrelle bleutée parsemée de points blancs, la captivent. Elle a vécu une belle première avec elles, puisqu’elle a réussi à les reproduire, ce qui n’avait jamais été réalisé à l’Aquarium du Québec. Auparavant, ces méduses provenaient d’autres aquariums.

Au fil du temps, la jeune employée se documente pour parfaire ses connaissances sur le cycle de reproduction intrigant des méduses. Elle apprend notamment que ces dernières ont 13 méthodes différentes pour se multiplier. Rapidement, elle devient la guide animalière aquariste responsable de la culture des méduses.

Congrès à l’étranger, coaching avec une experte de l’Aquarium de Vancouver, participation à des forums de discussion avec des spécialistes, tous les moyens sont bons pour démystifier les secrets de ses animaux marins préférés.

Aux petits soins avec ses protégées

Au quotidien, Marie-Lyne veille au bon entretien des bassins et surveille de près la qualité et la circulation de l’eau. Ces tâches sont primordiales au bien-être des méduses.

Comment s’assure-t-elle que ses protégées sont en santé? Les signaux ne sont pas toujours faciles à décoder, mais ils sont là.

« Plus on travaille avec les animaux, plus on développe un œil aiguisé, explique-t-elle. Si j’arrive et que mes méduses pulsent lentement, je me pose des questions. Est-ce que le courant est adéquat? Est-ce qu’elles sont trop nombreuses dans le bassin? Est-ce qu’elles manquent de nourriture? C’est dans leurs comportements et leur physionomie que je vois si elles vont bien. J’observe si elles grandissent bien, si elles se tiennent à la surface ou au fond de l’eau, et ça me permet d’ajuster le tir. »

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Aquarium du Québec © Sépaq
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Aquarium du Québec - Méduse Constellée Patrick R. Bourgeois | © Sépaq
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Aquarium du Québec - Méduse Rayonnée Patrick R. Bourgeois | © Sépaq
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Aquarium du Québec - Méduse Japonaise Patrick R. Bourgeois | © Sépaq

La piqûre des méduses

Ceux et celles qui travaillent avec les animaux ont la chance de bâtir une relation privilégiée avec eux. Dans le cas des méduses, les interactions sont minimes. Le contact direct se limite aux fameuses piqûres!

Malgré toutes ses précautions, notre spécialiste se fait piquer régulièrement, une ou deux fois par mois. Heureusement, il n’y a aucune méduse dangereuse à l’Aquarium. Les piqûres causent tout de même une dermatite avec rougeurs et démangeaisons. Le remède? Mettre du vinaigre et rincer à l’eau salée. Rien pour décourager Marie-Lyne! Après tout, on n’empêche pas un cœur d’aimer.

Une découverte fascinante

À 32 ans, elle cumule près de 10 ans d’expérience à l’Aquarium, et son précieux savoir-faire dépasse nos frontières. Elle a d’ailleurs participé à une étude conjointe avec une chercheuse du Japon.

Une découverte inattendue l’a mise sur une piste intéressante. « On a trouvé, dans un bassin d’hippocampes, un organisme qui ressemblait à une petite anémone. Son comportement m’a intriguée. J’ai effectué des recherches et j’ai trouvé une spécialiste au Japon pour m’aider. Finalement, il s’agissait d’une méduse, d’une stauroméduse! » se remémore-t-elle.

Les deux femmes ont identifié des étapes du cycle de reproduction encore jamais observées chez cette espèce. Cette découverte rend la guide animalière très fière.

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Aquarium du Québec © Sépaq
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Aquarium du Québec - Méduse Aurélie Lune Julie Audet | © Sépaq

Complètement médusée

Encore aujourd’hui, Marie-Lyne est fascinée par ces créatures qui n’ont ni cœur, ni squelette, ni cerveau, mais qui ont tout de même certaines similitudes avec l’humain. L’aurélie lune, par exemple, est dotée d’organes qui captent la gravité terrestre, un rôle joué par notre système vestibulaire, situé dans l’oreille interne. C’est la raison pour laquelle ces méduses ont déjà été envoyées dans l’espace.

Une autre propriété des méduses qui pique la curiosité : elles sont riches en protéines, en sels, en minéraux et en antioxydants. Qui sait, elles pourraient peut-être un jour se retrouver dans votre assiette! Dans certains pays d’Asie, elles constituent un plat très prisé. Marie-Lyne en a déjà mangé. Son verdict : ça ne goûte pas grand-chose!

Lors de votre prochaine visite à l’Aquarium, quand vous apercevrez les bassins de méduses du Pavillon des profondeurs, ne cachez surtout pas votre joie. Elle adore regarder les visiteuses et visiteurs ébahis devant tant de beauté. Les « wow » et les « elle est dont bien spéciale, elle » remplissent de bonheur cette passionnée de méduses.

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