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Les incontournables pour la chasse au petit gibier

Par Patrick Campeau, avec la collaboration de Claude Bissonnette, passionné de chasse et Gestionnaire de catégorie, Chasse et Pêche chez SAIL

Un grand nombre d’adeptes attendent l’arrivée de l’automne avec impatience afin de pouvoir s’aventurer dans une des nombreuses réserves fauniques giboyeuses de la province.

Il est fort plaisant d’arpenter l’arrière-pays et de pratiquer ce que plusieurs appellent de la petite chasse. Ne vous méprenez toutefois pas avec cette appellation puisque ce type d’activité de prélèvement peut générer de belles aventures et de grandes émotions.

Réserve faunique des Laurentides Réserve faunique des Laurentides
Réserve faunique des Laurentides Émile David | © Sépaq

Un spécialiste

Dès qu’il a une minute de libre, l’acheteur en chef du département de chasse et de pêche des magasins SAIL, Claude Bissonnette, s’évade en nature. Au cours des trois dernières décennies, il a tenté sa chance dans les réserves fauniques Ashuapmushuan, Mastigouche, Rouge-Matawin, de Papineau-Labelle, du Saint-Maurice et de Portneuf. « Chaque année, je chasse une semaine entière en chalet avec mon épouse. Puis, j’y retourne à quatre ou cinq autres occasions en chasse quotidienne avec ma conjointe ou des amis. Je m’assure de passer de 12 à 15 jours dans le bois en octobre et novembre pour la récolte de gibier à plume et à poils », explique ce connaisseur. J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec ce sympathique nemrod sur ses incontournables en termes d’équipement pour la chasse au petit gibier.

Le confort avant tout

Il est important d’opter pour des vêtements performants qui vous garderont au chaud et au sec. En fonction de la température du moment, Claude favorise le principe du multicouche que l’on peut retirer au cours de la journée. Au fur et à mesure que le temps s’adoucit, on s’ajuste. Il faut aussi se rappeler qu’à la chasse au petit gibier, on marche beaucoup. Notre corps se réchauffe donc plus rapidement que si on était assis dans une cache au chevreuil ou à l’orignal.

Pour les pieds, il faut choisir des bottes de marche confortables. Claude recommande les modèles en cuir et polyester avec une membrane imperméable légère. Une semelle offrant une bonne adhérence sur des surfaces comme les rochers humides ou mouillés est un atout indéniable. Selon cet expert, les bottes en caoutchouc sont à éviter à cause du piètre soutien qu’elles procurent au niveau des chevilles.

Pour transporter

Claude aime bien transporter dans un sac à dos sa bouteille d’eau, des bas et des gants de rechange, un ensemble de premiers soins compact et quelques barres énergétiques. Le sac à dos doit être le plus léger possible et doté d’un enduit intérieur de polyuréthane qui le rend à l’épreuve de l’eau.

La préparation

Quand notre passionné souhaite explorer un nouveau secteur, il consulte au préalable la carte numérisée de la réserve faunique avec son GPS portable. Il peut ainsi découvrir les sites potentiellement productifs avant même de s’y rendre. Au besoin, il pourra y sauvegarder des points d’intérêt. La bonne vieille carte topographique en papier peut également s’avérer fort utile.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq
Réserve faunique de Papineau-Labelle
Réserve faunique de Papineau-Labelle Émile David | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Yan Kaczynski | © Sépaq
Réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles
Réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles Yan Kaczynski | © Sépaq

Penser sécurité

Outre les règles élémentaires, le port du dossard et le maniement sécuritaire des armes, Claude ne s’aventure jamais seul hors des sentiers battus. Il s’assure d’avoir en tout temps sa boussole dans le cou (et non dans son havresac), son GPS* à la ceinture et une carte détaillée de la zone de chasse dans ses poches. Il me racontait s’être déjà perdu, car tous ses outils voués à l’orientation étaient demeurés dans son sac à dos. Pour rehausser la sécurité de ses excursions, Claude a aussi pris la bonne habitude de sauvegarder la position exacte de son véhicule chaque fois qu’il le stationne quelque part.

Par ailleurs, l’acheteur de Sail porte toujours une casquette orangée pour bien se faire voir de ses partenaires et des autres amateurs. Il recommande fortement des lunettes de tir pour éviter d’avoir des branches dans les yeux quand on traverse des buissons.

Sur le plan auditif, il ne privilégie pas les coquilles ou autres systèmes de la sorte, car il est important de pouvoir entendre les oiseaux tambouriner ou marcher dans les feuilles avant qu’ils nous voient. « Je chasse beaucoup à l’oreille », précise l’expert.

*Si vous n’avez pas de GPS, pensez à télécharger gratuitement l’application mobile Avenza Maps sur votre appareil (via l'App StoreMD ou le Google Play StoreMC). La plupart des cartes sont géoréférencées, ce qui vous permet en tout temps de connaître votre position, et ce, même s’il n’y a pas de signal cellulaire. 

Les armes de chasse

Comment devrait-on choisir l’étranglement de son fusil en fonction de l’environnement ? » « Le calibre que j’apprécie le plus est le .20 en version semi-automatique avec canon de 26 po, ou superposé avec un 28 po. L’étranglement moyen et le cylindre amélioré offrent un bon patron pour le tir au vol. Cette arme est vraiment plus légère et facile à manipuler que le traditionnel calibre .12. Elle est aussi moins encombrante lorsqu’on se déplace dans un boisé dense », répond l’expert. Il préfère aussi les carabines à plomb de plus de 500 pi/s en calibre .177 ou .22.

La conservation des prises

Le meilleur moyen de conserver la venaison consiste à trimballer les dépouilles sur une gibecière ou dans un sac à dos ventilé et à les nettoyer le soir venu.

Les espèces de gibiers

Gélinotte huppée

Gélinotte huppée

Cet oiseau fait partie de la grande famille des phasianidés, qui compte plus de 200 espèces, dont le faisan, le dindon sauvage et la poule domestique.

Le mâle, dont le poids moyen est d’environ 500 g, demeure toute sa vie dans le même territoire et il éloigne les autres prétendants suite aux séances de tambourinage et aux combats qu’il livre. Les femelles sont habituellement un peu plus petites.

Astuces pour déjouer la gélinotte huppée

En début de saison, Claude exploite surtout les bordures de chemins boisés de trembles, de bouleaux ou de buissons avec des fruits comme les bleuets ou les pimbinas. Dès la fin novembre, il concentre plutôt ses efforts à regarder sous les sapins, car il y a moins de neige et les gélinottes huppées peuvent aisément s’y réfugier.

Les gens qui préfèrent s’aventurer hors des sentiers battus n’ont qu’à localiser les lisières, les clairières, les sites avec des petits fruits, le bord des ruisseaux, les ravins, les bûchers, les endroits en pleine régénérescence suite à un incendie, etc.

Après la capture d’une gélinotte, notre expert suggère d’examiner son contenu stomacal afin de découvrir ce qu’elle a mangé. Vous pourrez ensuite tenter de trouver les emplacements propices où on retrouve ce même type de nourriture. Rappelez-vous que sa diète change au cours de l’automne.

À toutes les fois que Claude localise un bon site de chasse, avec plusieurs oiseaux, il en sauvegarde les coordonnées GPS. Selon lui, année après année, les spécimens grégaires qui n’ont pas été prélevés restent dans le même secteur.

Techniques de chasse

La façon la plus simple de chasser ces gallinacés au plumage tacheté et rayé consiste à se déplacer sur les routes, à pied, en VTT ou en voiture, car lorsqu’ils sont à découvert, ils sont beaucoup plus faciles à localiser qu’en forêt. Surtout lorsque les arbres n’ont pas encore perdu leurs feuilles.

Une autre technique que Claude aime exploiter consiste à se déplacer en duo. Une personne marche lentement dans le chemin et l’autre la suit de façon parallèle dans le bois, à un maximum de 30 m de distance. Si un gibier ailé décolle, ils communiquent ensemble grâce à un radio émetteur pour tenter de trouver vers quel endroit il s’est envolé.

 


Tétras du Canada

Tétras du Canada

On retrouve cette poule des bois d’une taille de 38 à 43 cm de l’extrême sud de la province jusqu’à la limite des arbres au nord. Sensiblement du même poids que sa cousine la perdrix, elle est plutôt sédentaire, solitaire et très peu farouche.

Le plumage du mâle est foncé avec de fines rayures. Le haut de son corps est noir bordé de blanc et les caroncules au-dessus des yeux sont rouges. Les colorations de la robe des femelles mettent en valeur des plumes cryptiques qui lui permettent de bien se dissimuler en forêt. On y retrouve du brun roux, du gris, du noir, etc.

Le tétras des savanes, comme certains l’appellent, préfère les environnements composés de sapinage tels que le sapin, le pin, l’épinette, les nouvelles plantations de 10 à 15 ans ainsi que les sites où les conifères sont prédominants.

Techniques de chasse

Pour ce qui est des techniques de prélèvement du tétras, Claude indique qu’on le chasse quasiment de la même manière que la gélinotte huppée, mis à part que le nemrod a avantage à lever les yeux, car il se juche fréquemment sur des branches avec ses semblables.

Cette espèce de gallinacé, connue pour être moins farouche, représente environ le quart de la population globale des poules sauvages.

 


Lièvre d’Amérique

Lièvre d’Amérique

Cette espèce prolifique, essentiellement herbivore, peut avoir jusqu’à quatre portées annuellement. Contrairement à la croyance populaire, Jeannot ne fabrique pas de terrier, il confectionne plutôt un gîte à la surface du sol. Lorsqu’il se sent en danger, ce grand coureur peut atteindre des vitesses de pointe de 45 km/h et faire des bonds d’une longueur de plus de 3,5 m.

Ce rongeur est cæcotrophe. Cela signifie qu’il mange une partie de ses propres excréments, car ils contiennent encore des végétaux semi-digérés, pour en achever la digestion.

Quant à l’habitat, il faut rechercher des environnements où on retrouve de jeunes conifères, des plantations, des repousses, des anciens brûlés avec des framboisiers, du bois dense, du sapinage serré, des marais et des marécages gelés, etc.

Astuces pour déjouer le lièvre

Le chasseur seul doit se déplacer lentement à la chasse fine en observant bien l’horizon bas. Lorsque le sol est recouvert de végétation ou de feuilles, il faut scruter à la loupe toutes les cachettes potentielles en n’oubliant pas de donner quelques coups de pied au passage sur les gros amas de branches, les vieux troncs d’arbres, etc., pour faire sortir les lapins sauvages qui tentent de s’y camoufler. S’il y a de la neige, il est souvent productif de suivre des pistes fraîches qui mènent immanquablement au gibier convoité. La chasse avec un chien bien dressé propose une tout autre dynamique et l’expérience s’avère souvent encore plus amusante et intéressante.

Une des meilleures approches consiste à faire des battues avec trois, quatre ou même cinq passionnés. Il faut former une ligne bien droite et avancer de façon à ratisser tous les emplacements potentiellement productifs. Suivez toujours les règles de sécurité et de prudence enseignées lors de l’obtention de votre certificat de chasseur. Ne vous gênez pas pour rappeler à vos compagnons que leur arme doit être en tout temps sur le cran de sureté.

Du début octobre à l’arrivée de la neige, la chasse est habituellement productive puisque les lièvres sont faciles à voir dû à la photopériode. Leur pelage brun-gris passe alors graduellement au blanc. La transition complète peut prendre jusqu’à 74 jours. Ces petits rongeurs détonnent alors dans la forêt et deviennent des proies plus faciles à localiser, aussi bien pour les chasseurs que les prédateurs.

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Bonne chasse!

Patrick Campeau

À propos de Patrick Campeau

Champion du Québec à trois reprises et seul Québécois intronisé au Panthéon canadien de la pêche, Patrick Campeau célèbre cette année ses 35 ans de carrière comme pêcheur professionnel à temps plein. Il est reconnu comme une référence dans le domaine. L’Association canadienne de l’industrie de la pêche sportive lui a d’ailleurs remis un prix honorifique pour souligner son implication et son dévouement envers la promotion de cette activité. Patrick Campeau partage sa passion, ses expériences et ses aventures avec les lecteurs d’une dizaine de revues et journaux spécialisés, dont le Journal de Montréal chaque fin de semaine.

www.pcampeau.com

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