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Petit guide d’observation des oiseaux en hiver

Par Jean-Sébastien Guénette de QuébecOiseaux

Bien que la majorité des espèces migrent vers le sud en hiver, la saison froide reste un moment parfait pour s’initier à l’observation des oiseaux au Québec.

Pourquoi? L’absence de feuilles dans les arbres nous permet de les repérer aisément. Comme les oiseaux fréquentent davantage les mangeoires en hiver, il est même parfois possible de les apercevoir du confort de notre foyer, sans mettre le pied dehors.

Mésange à tête brune Julie Audet | © Sépaq

Ajoutons que certaines espèces ne s’observent que durant la saison hivernale. Ce nombre réduit de variétés d’oiseaux permet aux ornithologues en devenir de se familiariser avec l’activité en toute tranquillité. Au printemps, la frénésie du retour des migrateurs peut rendre l’observation plus complexe.

On pense souvent que les oiseaux nous quittent pour le sud afin de se sauver des températures hivernales. Pourtant, avec le temps, ils se sont adaptés au froid… bien mieux que nous, d’ailleurs.

Ce que les oiseaux migrateurs fuient, en réalité, ce n’est pas le froid glacial, mais bien le manque de nourriture. Alors que plusieurs granivores et frugivores réussissent à subsister tout l’hiver, imaginez la difficulté pour un insectivore de trouver des vivres en janvier et en février.

Voici quelques espèces d’oiseaux à découvrir en plein hiver québécois. Dans les prochains mois, ouvrez l’œil et tentez de les apercevoir.

Rapaces diurnes

Comme plusieurs espèces, les oiseaux de proie sont beaucoup plus faciles à repérer lorsque les arbres n’ont plus de feuilles.

On peut penser à la buse à queue rousse, particulièrement visible en bordure d’autoroute. Il faut chercher une grosse boule de plumes au sommet des arbres et des poteaux ou sur les panneaux. Il en est de même pour la buse pattue, qu’on ne peut voir qu’en hiver, puisqu’elle niche dans le nord du Québec. Cette espèce est reconnaissable par son vol stationnaire, que les ornithologues surnomment « le vol du Saint-Esprit ».

Buse à queue rousse Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq
Buse pattue Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

 

En milieu urbanisé, surtout là où des mangeoires sont installées, les éperviers sont une variété d’oiseaux à observer pendant l’hiver.

Nichant dans le Grand Nord, l’impressionnant faucon gerfaut est lui aussi uniquement des nôtres en hiver. La bête noire de plusieurs ornithologues, ce rapace demeure difficile à trouver en raison de la puissance de son vol et de la taille de son territoire.

Rapaces nocturnes

Grand-duc d’Amérique Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

L’absence de feuilles facilite aussi la découverte de hiboux et de chouettes, notamment le grand-duc d’Amérique, la chouette rayée et la petite nyctale. La présence de certaines espèces est cyclique et dépend de l’abondance de proies dans leurs aires de nidification. C’est le cas du harfang des neiges, de la chouette lapone et de la chouette épervière.

Comme leur nom l’indique, ces rapaces chassent pendant la nuit et se reposent pendant le jour. Même s’ils semblent peu farouches, gardez vos distances et laissez-les dormir sans les déranger.

Pie-grièche boréale

Pie-grièche boréale Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

Surnommée le « butcher bird » par les anglophones, la pie-grièche est effectivement reconnue pour semer l’émoi aux mangeoires lorsqu’elle s’y présente, empalant ses proies pour les consommer plus tard. Elle adore se poser bien en évidence au sommet des arbres, en bordure des milieux ouverts.

Alouette hausse-col

Alouette hausse-col Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

Voilà un oiseau qui est étonnement discret en été, alors qu’il niche dans nos régions. On peut l’observer beaucoup plus facilement en hiver, son plumage se fondant moins bien dans un décor enneigé. Pour trouver l’alouette hausse-col, regardez l’accotement des routes de campagne, où elle aime se tenir.

Les ornithologues connaissant bien le football canadien se souviendront peut-être du logo des Alouettes de Montréal de 1996 à 2018. On y voyait des aigrettes, qui coiffent aussi la tête de la vraie alouette.

Jaseur boréal

Jaseur boréal Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

Puisqu’il vit en colonie comptant en général plusieurs dizaines d’oiseaux, le jaseur boréal passe rarement inaperçu. Il fréquente les secteurs riches en arbres fruitiers, qu’il peut d’ailleurs vider en quelques heures seulement.

Fringillidés

La famille des fringillidés inclut les chardonnerets, les roselins, les gros-becs, les becs-croisés, etc. La présence de plusieurs de ces espèces en hiver varie selon de nombreux facteurs, dont l’abondance de graines et de cônes. On pense ici au tarin des pins, au bec-croisé des sapins, au bec-croisé bifascié et au durbec des sapins. Ces oiseaux sont des habitués des mangeoires, mais ils peuvent aussi être observés en forêt.

Durbec des sapins Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq
Sizerin flammé Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

 

Quant à lui, le sizerin flammé était connu pour sa présence dans le sud du Québec environ aux deux ans, mais, depuis quelques années, sa venue semble beaucoup moins régulière.

Plectrophanes

Deux espèces de plectrophanes viennent nous visiter en hiver. La plus abondante est le plectrophane des neiges, anciennement le bruant des neiges. Il se tient en colonie de plusieurs dizaines d’individus, qu’on peut trouver près des routes de campagne ou au milieu de champs enneigés.

L’autre, beaucoup plus rare, est le plectrophane lapon. Si vous le cherchez, repérez un groupe de plectrophanes des neiges et identifiez les oiseaux plus foncés. Attention, puisque les alouettes ont aussi tendance à se mêler aux colonies de plectrophanes.

Bruant hudsonien

Bruant hudsonien Jean-Sébastien Guénette | © Sépaq

On termine notre liste avec une autre espèce qui survole habituellement nos régions de la fin octobre au début mai. Pendant cette période, le bruant hudsonien est assez commun. On le reconnaît à sa calotte rousse, à son bec bicolore et au point foncé sur sa poitrine grise unie.

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Bonne obervation!

Jean-Sébastien Guénette

À propos de Jean-Sébastien Guénette

Biologiste de formation, Jean-Sébastien a complété une maîtrise à l’Université de Moncton sur les seuils de tolérance des oiseaux forestiers à l’altération de leur habitat. Il a ensuite travaillé comme agent de recherche pour la Chaire de recherche du Canada en conservation des paysages, puis dans le domaine privé ainsi qu’à l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac. C’est en 2005 qu’il a accédé à la direction de QuébecOiseaux. En plus de l’ornithologie, à laquelle il voue une véritable passion, Jean-Sébastien s’intéresse beaucoup à la technologie, aux voyages et à la photographie.

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