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Éric Deschamps

Ambassadeur nature de la Sépaq

Par Karine Husson

Ses photos vont droit au cœur, impossible d’y rester insensible. Car au-delà des paysages et des animaux magnifiques, c’est une charge émotive que sa lentille capture. Les images qui en découlent parlent un langage universel : celui de la nature, à laquelle Éric Deschamps souhaite justement nous reconnecter. Portrait d’un homme inspirant et inspiré qui, il y a quelques années, a pris un virage à 180 degrés pour réinventer sa vie au cœur de la Gaspésie.

Éric Deschamps | © Sépaq

Retour à l’automne 2015. Éric Deschamps habite encore sa région natale, la Rive-Sud de Montréal. Entre des cours universitaires en actuariat et un travail dans une boutique Apple, les journées manquent d’heures pour ce jeune homme à tendance anxieuse, axé sur la performance. « Un jour, sur un coup de tête, j’ai décidé de m’acheter un kayak. Mais le seul moment où je pouvais en faire, c’était après le travail, vers 21 h 30. J’allais sur la rivière près de chez moi, à la frontale. Il y avait le bruit des autos et la lumière des lampadaires, mais par rapport à mon quotidien de l’époque, c’était une évasion totale. J’ai commencé à regarder les nuages. J’avais 25 ans et je n’avais jamais regardé les nuages ! Ça m’a fait un choc… »

Un choc assez fort pour faire dévier la trajectoire de cet esprit cartésien. En juin 2016, sans projet précis sinon celui de vivre « pour vrai », il quitte tout et prend la route de Cap-Chat. « C’était la seule autre région que je connaissais. Mon frère a déménagé là en rencontrant sa conjointe. Je me suis dit que c’était un bon point de départ… »

Prendre le temps de prendre le temps

Pour montrer à ses proches que la Gaspésie ne se limite pas à la pêche et au transport du bois, Éric s’achète un appareil-photo. Le modèle de base — 500 $, boitier et lentille compris —, auquel s’ajoute un trépied reçu en cadeau. Il découvre aussi la randonnée en forêt et a un coup de foudre pour les orignaux. « Ils m’ont obligé à sortir de ma zone de confort parce que pour les observer, j’ai dû aller vers l’inconnu : partir dans le bois, de nuit, tout seul… Au début, j’étais stressé. Mais c’était plus fort que moi, j’étais envouté par leur tempérament calme. Après avoir mangé par exemple, ils prennent le temps de se reposer. Ça m’a fait voir la vie autrement. Depuis, je suis complètement différent : je marche moins vite, je mange plus lentement, je dors mieux… Les orignaux m’ont reconnecté avec la vie. »

C’est le début d’une véritable passion. Pendant quatre mois, sept jours sur sept, Éric part à la rencontre de ces géants de la forêt. Début novembre, après avoir grimpé au sommet du mont Ernest-Laforce dans le parc national de la Gaspésie, il se retrouve subitement encerclé par huit orignaux, dont un gros mâle dominant et une femelle curieuse qui s’empare de son trépied. Malgré la vive émotion, il filme la scène et commente en chuchotant ce qui se passe autour de lui. Publiée sur Facebook, la vidéo sera vue plus d’un million de fois. « J’ai fait des entrevues à la radio, il y a eu des articles dans les journaux… Je ne m’attendais pas du tout à ça! C’est là que j’ai réalisé la force des réseaux sociaux et surtout, l’intérêt des gens pour la nature. J’ai compris que c’était ça, ma mission : faire en sorte que les gens tombent amoureux de la nature et qu’ils en prennent soin. »

Éric Deschamps | © Sépaq
Mikaël Rondeau | © Sépaq
Éric Deschamps | © Sépaq
Éric Deschamps | © Sépaq
Éric Deschamps | © Sépaq

La vérité avant la technique

Cinq ans plus tard, Éric Deschamps se consacre entièrement à cette mission. Il a mis sur pied une petite entreprise, Nature en vue, dont les activités sont financées par la vente de ses photos. Ses connaissances en photographie se sont étoffées avec le temps — tout comme son équipement — mais son intention n’a pas changé : s’il trimballe son appareil-photo dans ses expéditions, c’est d’abord pour partager ses découvertes et toucher le cœur des gens. « Je n’approche pas la photo par la technique, je suis mon instinct. Et ça, c’est très différent de mon ancienne vie. La nature m’a permis de découvrir que j’avais un sens artistique, je n’aurais jamais pensé ça avant. »

Chose certaine, cette approche spontanée fonctionne : sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes suivent ses expéditions et témoignent des bienfaits que leur procure ce contact authentique avec la nature. Les parents d’Éric eux-mêmes sont tombés sous le charme de son mode de vie. « Ils viennent de s’acheter un chalet à 15 minutes de chez moi et y passent de plus en plus de temps. Maintenant, ils comprennent mon choix. Pour eux, c’est beaucoup mieux de voir leur fils épanoui et énergique qu’en train de se ronger les ongles. Même ma mère, qui a toujours vécu à 100 milles à l’heure, a changé de rythme et s’est mise à observer les oiseaux… »

Pour prendre, il faut aussi donner

La crise sanitaire a mis en lumière les bienfaits de la nature sur notre équilibre physique et mental. Mais pour pouvoir en profiter longtemps, il faut aussi la respecter et la protéger en adoptant certains comportements. Par exemple, rester dans les sentiers pour ne pas abîmer la flore fragile, ne pas nourrir les animaux et garder ses distances quand on les observe. Ce dernier précepte, Éric le met chaque jour en pratique. « Il n’y a pas que le moment où je prends une photo qui compte. Le avant et le après sont encore plus importants. Avant, je me prépare, je lis, j’observe. Je veux comprendre le comportement des animaux, pour aller à leur rencontre sans les déranger. Et après, pas question de partir en coup de vent. Je peux passer plusieurs heures immobile à attendre le bon moment pour quitter les lieux incognito. La nature est tellement généreuse avec nous, on ne peut pas juste se servir et lui tourner le dos. Il faut en prendre soin en retour. »

Ces mots résument bien pourquoi Éric Deschamps a accepté de devenir ambassadeur nature de la Sépaq. Par l’entremise de ses images, il partage des histoires touchantes qui nous reconnectent à l’essentiel : notre nature profonde.

Photographe de nature sauvage, Éric Deschamps est aussi ambassadeur nature de la Sépaq. Au fil des mois, il visitera différents territoires pour faire rayonner les éléments porteurs de leur mission : la conservation et l’accessibilité. Ses histoires et ses magnifiques images seront publiées sur nos plateformes. Pour ne rien manquer, consultez notre blogue et suivez-nous sur Facebook et Instagram.

3 photos marquantes

Féérie hivernale.

1. Féérie hivernale

« C’est une photo prise dans mes débuts, en 2016. J’ai vécu ce moment-là d’une manière très spéciale. Il n’y avait aucune recherche de composition, j’ai juste suivi mon instinct. À mesure que j’ai acquis des connaissances, j’ai remarqué dans cette image des choses que je n’avais pas vues au départ. C’est là que j’ai compris que j’avais en moi un sens artistique qui ne demandait qu’à être exploité. Année après année, cette photo conquiert le cœur de nouveaux amoureux de la nature. »

L’amour de la différence..

2. L’amour de la différence

« L’hiver dernier, je marchais dans les dunes aux Îles-de-la-Madeleine en fin de journée, quand j’ai vu au loin une femelle renard roux. Je pensais qu’elle était à côté d’une roche, mais en sortant mes jumelles, j’ai réalisé qu’elle courtisait un renard argenté. C’était la première fois que j’en voyais un! J’ai redescendu la dune et couru de l’autre côté, puis je suis remonté en rampant pour évaluer à quelle distance ils étaient. J’ai répété l’opération à quelques reprises en visualisant l’image, tout en ayant en tête que le soleil descendait à l’horizon et que le temps était donc compté.

À ma dernière montée, je me suis couché à plat ventre dans le creux des dunes. Mon visage se camouflait dans le sable beige, mais quand j’ai soulevé ma caméra, le cercle de la lentille tranchait. Les deux renards ont levé les yeux et m’ont regardé pendant trois secondes. Le soleil était exactement au bon endroit : j’ai cliqué, cliqué, cliqué! Puis, ils se sont désintéressés de moi. Comme je ne voulais pas les déranger en partant, ils m’ont gardé en otage un bon bout de temps. Finalement, ils ont quitté la dune en se dirigeant vers la plage. J’ai alors pu me relever et reprendre mon chemin. Quel moment magique! »

Intimité familiale.

3. Intimité familiale

« J’ai découvert cette héronnière avec un ami. La première fois que j’y suis allé, c’était un peu tôt dans la saison de nidification; les œufs n’étaient pas encore éclos. J’ai observé un nid et examiné la lumière en me disant que ce serait un endroit parfait pour photographier au coucher du soleil. Pour m’assurer de ne pas déranger les habitants de cette héronnière, je n’avais qu’un choix : arriver à la noirceur, environ deux heures avant le lever du soleil, et rester immobile toute la journée jusqu’au crépuscule. J’y suis finalement retourné un mois plus tard avec ce plan en tête, mais les bébés étaient trop grands. J’ai donc retenté ma chance l’année suivante. J’avais installé une petite plateforme en hauteur et je suis arrivé de nuit, camouflé de la tête au pied avec seulement une fente pour les yeux. Il y avait près de 300 oiseaux sur place, pas question de faire un mouvement, même pas pour prendre une gorgée d’eau ou manger une barre tendre. Après de longues heures d’observation, la difficulté à rester immobile était de plus en plus présente, mais je persévérais. En plus de devoir être patient, je devais rester positif : les adultes des nids avoisinants revenaient nourrir leur progéniture tandis que dans le nid que j’observais, les bébés étaient toujours en attente de leurs parents pour s’alimenter... J’ai gardé espoir et à mon grand bonheur, un adulte s’est posé dans le nid que j’attendais de photographier depuis l’aube et a nourri ses bébés à l’heure bleue du soir. Quatorze heures d’affût pour deux minutes de gloire, mais quel moment! Quand la nuit s’est installée, j’ai scanné l’environnement aux jumelles et je suis redescendu tout doucement, ni vu ni connu. »

Karine Husson

À propos de Karine Husson

Née en Abitibi au milieu des épinettes (et des mouches) noires, Karine a passé son enfance dans le bois, aux côtés d’un père chercheur d’or qui lui a fait découvrir les mille et un visages de la nature sauvage. Après une quinzaine d’années en agence de publicité, elle a décidé de changer de rythme pour pouvoir passer plus de temps… dehors. Elle vit aujourd’hui au Mont-Sainte-Anne et partage ses journées entre ses chiens, ses chevaux, ses skis et son vélo. Le reste du temps, elle déniche de belles histoires à raconter et met sa plume – ou son clavier – au service de sujets porteurs de sens.

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