Raison d'être
À la fois représentatif de la région naturelle du fjord du Saguenay et exceptionnel pour la présence de son fjord, le parc national du Saguenay a été créé afin de protéger et de mettre en valeur la composante terrestre de ce riche patrimoine naturel.
Milieu naturel
L'élément marquant de ce territoire est, sans conteste, le fjord du Saguenay. Cette vallée glaciaire envahie d'eau marine offre, sur les parois escarpées qui la bordent, des sites de nidification appréciés entre autres du faucon pèlerin. En fait, le voisinage des environnements forestiers et marins apporte une diversité biologique étonnante à ce milieu préservé.
Le loup, l'ours noir, le lynx du Canada, le castor et l'orignal habitent les forêts du parc tandis que des groupes de phoques communs et de bélugas (baleines blanches) s'observent à partir des rives du fjord. De plus, certains poissons, tels que l'omble de fontaine anadrome et le saumon atlantique, fréquentent à la fois les écosystèmes d'eaux douces du territoire et les écosystèmes marins au
cours de leur cycle vital.
La confluence du Saguenay et du Saint-Laurent crée une zone de clapotis, dans laquelle, baleines, phoques et oiseaux marins s'en donnent à coeur joie, comme au milieu d'un immense buffet. Un peu plus loin le long de l'estuaire, les paysages s'ouvrent sur d'immenses terrasses marines, reliques de la fonte du dernier glacier et du relèvement du continent. Haut lieu de passage pour les oiseaux
en migration, ce site héberge des plantes rares et fragiles.
Cassons la glace!
Au cours des 20 dernières années, la pêche blanche est devenue très populaire auprès des gens de la grande région du Saguenay. Avec 1100 cabanes réparties dans différents villages, la pêche est actuellement très intensive.
Quel est l'impact d'un tel effort de pêche sur les populations de poissons vivant dans le fjord? Comment pouvez-vous contribuer à protéger ces poissons et cet environnement exceptionnel? Que pouvez-vous faire pour rendre votre activité plus sécuritaire?
Pour en savoir plus, procurez-vous la « table des marées » et le « tableau des prises » du parc marin du Saguenay – Saint-Laurent et glissez-le dans votre poche avant de glisser sur la glace!
La pêche blanche ... tout un privilège!
Dans les premières années de la pêche blanche, on parlait presque de pêche "miraculeuse" sur le Saguenay : des montagnes de sébastes , des chaudières d'éperlans, des quantités de flétans ... Des histoires comme celles-là, nous en avons tous entendues! Saviez-vous que la pêche récréative au poisson de fond est fermée dans tout l'Atlantique l'hiver, sauf dans le Saguenay? C'est
tout un privilège! À nous de pêcher de façon durable!
Y a-t-il un renouvellement des populations de poissons dans le Saguenay?
Bien qu'il soit grandiose, le fjord demeure un milieu peu productif au plan biologique. En effet, sa couche d'eau en surface produit très peu d'algues (plancton) qui sont à la base de la chaîne alimentaire marine. L'entrée d'eau de mer en provenance du Saint-Laurent apporte du plancton qui contribue à nourrir les organismes vivant dans le Saguenay. La vie dans le fjord dépend donc beaucoup de l'importation occasionnelle de nutriments en provenance du Saint-Laurent.
L'espèce la plus étudiée est l'éperlan, un poisson qui joue un rôle essentiel dans l'écosystème du fjord puisque plusieurs espèces peuvent s'en nourrir. On sait que l'éperlan du Saguenay est distinct de l'éperlan de l'estuaire, ce qui indique qu'il demeure toute sa vie dans le fjord. On sait également qu'il y a un renouvellement des populations, car des frayères ont été identifiées dans le Saguenay et des éperlans de petite taille ont été capturés par les pêcheurs.
Pour les espèces marines comme le sébaste, la morue ou le flétan, l'histoire est tout autre. On ne sait pas si ces espèces se reproduisent avec succès dans le fjord, en raison des conditions uniques de ce cours d'eau.
En effet, on craint que certains facteurs du milieu nuisent au renouvellement des populations de poissons de fond, soit : la présence de la couche d'eau douce en surface, les forts courants et les échanges limités entre les poissons du Saguenay et du Saint-Laurent. De plus, contrairement à la croyance populaire, les espèces marines en général ne se reproduisent pas nécessairement avec succès à chaque année. Dans le Saguenay, on pêche les sébastes du même groupe d'âge (ou cohorte) d'année en année et on n'a pas encore
observé de renouvellement de la population. Cette situation est préoccupante car elle peut mettre en péril la viabilité des populations face à la pêche sportive intensive.
Tadoussac, un lieu exceptionnel pour l’observation des migrations!
Le secteur de Tadoussac est depuis longtemps reconnu comme un site de choix pour l’observation des migrations automnales de la faune ailée. Peu enclins à traverser de vastes plans d’eau, les oiseaux nordiques en migration vers le sud ont tendance à longer la côte nord du fleuve pour traverser plus aisément le Saint-Laurent, moins large en amont. Ceci a pour effet de concentrer les oiseaux à Tadoussac. En 1993, conscients de l’immense potentiel du secteur, des scientifiques ont fondé l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac (OOT), en partenariat avec le parc national du Saguenay. Il s’agit du premier observatoire dédié à la faune ailée du Québec. Depuis, l’organisme s’est imposé comme un véritable pionnier dans l’étude de l’évolution démographique des espèces boréales.
Les activités de recherche se partagent en deux principaux volets : les relevés visuels et la station de baguage. Les relevés visuels ont pour objectif le dénombrement des oiseaux en migration, à partir de deux plates-formes d’observation. Quelque 15 000 rapaces et 290 000 oiseaux d’autres espèces y sont comptabilisés en moyenne chaque automne. Parmi les espèces migratrices observées sur une base annuelle, on retrouve le faucon pèlerin, emblème du parc national du Saguenay et espèce désignée vulnérable, dont le nombre d’individus recensés s’élève en moyenne à 75 individus depuis 1993. La station de baguage est, quant à elle, constituée de filets japonais où se prennent passereaux le jour et nyctales la nuit. Chaque oiseau ainsi capturé est minutieusement pesé, mesuré et bagué avant d’être relâché. C’est cette petite bague qui permet de retracer l’oiseau lors d’une recapture ultérieure et ainsi de documenter ses déplacements. Le sujet vous intéresse? Visitez le site internet de l’OOT pour en apprendre davantage.
Le parc national du Saguenay agit à titre de partenaire privilégié de ces remarquables travaux de recherche. En plus d’accueillir sur son territoire les chercheurs de l’OOT, chaque année, les gardes-parcs du secteur de Baie-de-Tadoussac offrent des activités de découverte visant à vulgariser les travaux menés par l’OOT. Consultez le calendrier des activités de découverte et événements spéciaux pour en savoir plus!
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