Un parc national est créé pour protéger des milieux naturels représentatifs ou particuliers et des paysages d'une région. Ces territoires doivent aussi être mis en valeur par l'interprétation du patrimoine naturel et culturel et par des activités de plein air extensives. Les enjeux de conservation découlent alors de la recherche de l'équilibre entre la protection et l'accessibilité de ces aires protégées. Plus spécifiquement, la mission du parc national du Mont-Orford est de protéger un échantillon représentatif de la région naturelle des monts Sutton, qui constituent le prolongement des montagnes Vertes du Vermont.
Au parc national du Mont-Orford, trois facteurs nous préoccupent particulièrement :
Pour faire face aux enjeux de conservation, la première étape est de bien connaître le territoire sous notre gestion. Toutes ces informations sont compilées dans la Synthèse des connaissances du parc qui compile l'ensemble de ce qui est connu sur le milieu naturel et sur l'histoire du territoire. Cette synthèse est mise à jour périodiquement afin d'y intégrer toutes les nouvelles données issues des activités d'acquisition de connaissances.
Pour réaliser des gestes concrets visant à enrichir nos connaissances et à gérer adéquatement le milieu, nous sommes à mettre en place notre plan de conservation. Ce dernier identifie et priorise tous les enjeux de conservation du parc et les actions à prendre pour faire face aux problématiques identifiées.
Finalement, le parc dispose d'un plan de protection qui définit et encadre les problématiques spécifiques à l'application réglementaire.
Le faucon pèlerin (Falco peregrinus anatum) occupe divers types d'habitats, mais il établit généralement sa nichée dans une crevasse ou à même le sol sur la saillie rocheuse d'une falaise de 50 à 200 m de préférence. Lorsque les adultes adoptent un site de nidification, ils ont tendance à le réutiliser d'année en année aussi longtemps qu'ils ne connaissent pas de dérangement significatif.

Depuis 2008, un couple de faucons pèlerins niche à la paroi d'escalade du pic aux Corbeaux. Cette falaise, d'une largeur d'environ 300 m et d'une hauteur maximale de 45 m est un site très prisé et fréquenté assidument par les grimpeurs.
Un plan de gestion de la paroi a été élaboré pour permettre la cohabitation entre les grimpeurs et cette espèce faunique vulnérable. Sur les sites d'escalade où les faucons choisissent d'établir leur nichée, les mesures de protection généralement appliquées consistent à restreindre l'accès aux parois ou à certaines sections de celles-ci durant la période de nidification.
Plusieurs facteurs tels que la tolérance des individus au dérangement, le type d'activités pratiquées ainsi que la configuration des falaises sont pris en compte pour fixer la taille des zones de protection. Cependant, peu d'études permettent de déterminer la distance à respecter en fonction de ces facteurs. La topographie de la falaise a toutefois été identifiée comme étant un des éléments déterminants à prendre en considération lors de la planification de mesures de protection. La hauteur du nid ainsi que le tracé des voies d'escalade jouent aussi un rôle primordial lors de la prise de décision pour assurer la quiétude des faucons.
Afin d'approfondir nos connaissances, il reste certains paramètres à définir comme le seuil de tolérance visuel et sonore des oiseaux en fonction de la topographie de la falaise, de la configuration des voies d'escalade et du sentier d'approche ainsi que la cohabitation avec le grand corbeau.