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Historique
Depuis plusieurs siècles, le territoire du parc national de la Jacques-Cartier a été utilisé comme axe de circulation et de commerce ainsi qu’un lieu privilégié de pêche et de piégeage des animaux à fourrure par les Montagnais et les Hurons. Ces derniers ont d'ailleurs servi de guides aux Jésuites, au 17e siècle, afin qu'ils puissent traverser le massif des Laurentides entre Québec et le lac Saint-Jean, sans emprunter le fleuve Saint-Laurent.
À partir du milieu du 19e siècle, le bois est devenu l'une des marchandises les plus convoitées. Les peuplements de résineux des hauts plateaux ont fait l'objet d'une exploitation systémique entre les années 1920 et 1981. Le transport du bois, entre les plateaux et le fleuve, s'effectuait par l'entremise de la rivière Jacques-Cartier, qui fut dravée jusqu'au moulin de Donnacona, et ce, jusqu'en 1975.
Sous l’influence du mouvement américain de conservation de la nature, et par suite de pressions exercées par des groupes voués à la protection des territoires publics réservés à des fins récréatives, le gouvernement québécois sanctionne, en 1895, la loi désignant le Parc des Laurentides comme réserve forestière, site de pêche et de chasse, parc public et lieu de délassement pour les citoyens du Québec. La vocation récréative sera mise de l’avant en 1918, grâce à la politique de construction de camps de pêche (la chasse étant interdite à partir de 1927). La fin de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’amélioration du réseau routier (1950) vers la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean, entraînent une hausse considérable du nombre de visiteurs.
En 1972, Hydro-Québec annonce son projet Champigny. La société d’État prévoit la construction d’une centrale à réserve pompée sur la rivière Jacques-Cartier. Ci-dessous, un extrait du mémoire présenté à la Commission parlementaire de l’industrie et du commerce, du tourisme, de la chasse et de la pêche, le 17 mai 1973, par le Comité pour la conservation de la Jacques-Cartier.
« Cette origine locale du comité (Comité pour la conservation de la Jacques-Cartier) nous a bien sûr valu qu’on prête à notre action des mobiles intéressés. Nous tenons à affirmer que pas un seul des membres actifs du CCJC n’est menacé directement par le projet d’Hydro-Québec. De par leur profession, leurs goûts, leurs expériences antérieures, et surtout à cause de leur contact quotidien avec la rivière Jacques-Cartier, les membres du CCJC étaient sans doute plus susceptibles que les autres citoyens de la région ou du Québec de comprendre la nature exacte du projet d’Hydro-Québec et l’étendue de ses effets anticipés. C’est parce qu’ils connaissaient mieux que tout autre la beauté du tronçon de rivière qu’on voulait inonder, son potentiel récréatif manifeste et son statut de parc qu’ils ont été les premiers à soulever des interrogations et des doutes quant à l’opportunité de ce projet. Mais ils n’ont pas été les seuls : environ 20 000 citoyens à qui nous avons expliqué le débat ont aussi appuyé notre attitude sans hésitation, en l’espace de quelques semaines, en signant une pétition et en demandant l’arrêt des travaux et le départ d’Hydro-Québec de la vallée de la Jacques-Cartier. »
La bataille de la Jacques-Cartier, ainsi que l’ont surnommée les journalistes, aura duré de 1972 à 1975. À la suite de l’abandon du projet, le gouvernement québécois attribue, en 1981, le statut de parc de conservation à ce secteur du parc des Laurentides et lui donne l’appellation de parc de la Jacques-Cartier. Grâce à un petit groupe de citoyens déterminés, ce territoire est maintenant protégé contre toute forme d’exploitation commerciale et industrielle des ressources naturelles.
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