Parc national de la Jacques-Cartier

Orientations

Les enjeux de conservation au parc national de la Jacques-Cartier

Un parc national est créé pour protéger des milieux naturels représentatifs ou particuliers et des paysages d'une région. Ces territoires doivent aussi être mis en valeur par l'interprétation du patrimoine naturel et culturel et par des activités de plein air extensives. Les enjeux de conservation découlent alors de la recherche de l'équilibre entre la protection et l'accessibilité de ces aires protégées.

Le parc national de la Jacques-Cartier est un grand parc relativement peu fragmenté et caractérisé par un élément marquant de son paysage naturel, soit la vallée de la rivière Jacques-Cartier. La présence de la rivière elle-même et des habitats qui la bordent font de la vallée un écosystème riche et relativement isolé. Il n'est alors pas surprenant que ce soit dans celle-ci que se concentre la majorité des activités et de l'achalandage du parc. L'enjeu de conservation est donc assez clair : s'assurer que les infrastructures permettant l'accessibilité à la vallée ainsi que les activités qui y sont pratiquées occasionnent un impact minimal sur le milieu. Pour cette raison, l'équipe du parc est constamment en mode de surveillance et d'évaluation de la qualité de ses aménagements et des activités pratiquées dans la vallée.

Récemment, une autre préoccupation est apparue juste à la limite du parc, soit l'élargissement de la route 175. La présence d'une telle infrastructure ne se fait pas sans impacts sur l'écosystème, particulièrement pour la grande faune. Nous suivons donc cette question avec beaucoup d'intérêt.


Les outils de gestion du parc

Pour faire face aux enjeux de conservation, la première étape est de bien connaître le territoire sous notre gestion. Toutes ces informations sont compilées dans la Synthèse des connaissances du parc qui compile l'ensemble de ce qui est connu sur le milieu naturel et sur l'histoire du territoire. Cette synthèse est mise à jour périodiquement afin d'y intégrer toutes les nouvelles données issues des activités d'acquisition de connaissances.

Pour réaliser des gestes concrets visant à enrichir nos connaissances et à gérer adéquatement le milieu, nous avons mis en place notre plan de conservation. Ce dernier identifie et priorise tous les enjeux de conservation du parc et  les actions à prendre pour faire face aux problématiques identifiées.

Finalement, le parc dispose d'un plan de protection qui identifie et encadre les problématiques spécifiques à l'application réglementaire.

Saviez-vous que...

Sur la trace des caribous

Autrefois très présent dans la région de Charlevoix où on retrouvait plus de 10 000 bêtes, le caribou forestier (Rangifer tarandus caribou) en serait disparu vers 1920 après avoir subi une chasse intensive. Afin de remédier à cette situation, 48 individus ont été capturés à la frontière du Québec et du Labrador puis maintenus en enclos dans le parc national des Grands-Jardins. 82 veaux nés en captivité ont ensuite été relâchés en nature à deux occasions, soit en 1969 et en 1972. Étant donné la fidélité au site observée chez les caribous forestiers, seuls les individus ainsi nés dans Charlevoix ont été relâchés afin d’éviter que les caribous capturés ne tentent de retourner vers le lieu de leur capture. Aujourd’hui, la harde d’environ 85 caribous de Charlevoix occupent un vaste territoire centré sur la réserve faunique des Laurentides, mais fréquentent également les parcs nationaux des Grands-Jardins, des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie et de la Jacques-Cartier.

Caribous
Crédit photo : Pierre Pouliot, MDDEFP

Une étude, menée de 2004 à 2009, a permis de suivre les déplacements de 42 caribous munis de colliers émetteurs au sein de la harde de Charlevoix. Parmi eux, 10 caribous ont été localisés au moins une fois à l’intérieur des limites du parc national de la Jacques- Cartier, 8 de ceux-ci fréquentant même assidûment le parc durant plusieurs années consécutives. Les habitats généralement préférés par les caribous forestiers sont les grandes parcelles de forêts de conifères dont l’âge moyen est de plus de 60 ans, notamment les pessières noires, les milieux riches en lichen et les tourbières. Ces types de milieu sont très présents sur les plateaux, favorisant la pérennité du caribou dans le parc. Dans le même ordre d’idées, les sommets de montagnes ceinturant la vallée de la Jacques-Cartier et celui du mont François-De Laval (1083 mètres) sont aussi très fréquentés.

Les types d’habitats qu’ils favorisent étant peu accessibles, les caribous forestiers deviennent, en quelque sorte, les fantômes de nos forêts. Très peu de gens ont la chance de les apercevoir. Cet isolement aide à leur conservation et à leur protection dans le parc.


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