Un parc national est créé pour protéger des milieux naturels représentatifs ou particuliers et des paysages d'une région. Ces territoires doivent aussi être mis en valeur par l'interprétation du patrimoine naturel et culturel et par des activités de plein air extensives. Les enjeux de conservation découlent alors de la recherche de l'équilibre entre la protection et l'accessibilité de ces aires protégées.
Au parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, l'acquisition des connaissances de base sur le patrimoine naturel occupe une place primordiale dans nos préoccupations. Le parc étant parmi les plus jeunes du réseau et couvrant un vaste territoire sauvage et difficile d'accès, nous ne connaissons pas encore assez bien les éléments biophysiques qui le caractérisent.
Ce que nous savons très bien cependant, c'est que les plateaux et sommets du parc sont composés de milieux fragiles très susceptibles au piétinement issu de la présence humaine. Le sommet du sentier de l'Acropole en est un bon exemple où des mesures de contrôle ont dû être mises en place afin de répondre à cette problématique. Les leçons tirées de cette expérience serviront bien sûr dans l'élaboration de nos prochains sentiers afin d'assurer la préservation des sites exceptionnels que nous rendrons accessibles.
Pour faire face aux enjeux de conservation, la première étape est de bien connaître le territoire sous notre gestion. Toutes ces informations sont compilées dans la Synthèse des connaissances du parc qui compile l'ensemble de ce qui est connu sur le milieu naturel et sur l'histoire du territoire. Cette synthèse est mise à jour périodiquement afin d'y intégrer toutes les nouvelles données issues des activités d'acquisition de connaissances.
Pour réaliser des gestes concrets visant à enrichir nos connaissances et à gérer adéquatement le milieu, nous sommes à mettre en place notre plan de conservation. Ce dernier identifie et priorise tous les enjeux de conservation du parc et les actions à prendre pour faire face aux problématiques identifiées.
Finalement, le parc dispose d'un plan de protection qui identifie et encadre les problématiques spécifiques à l'application réglementaire.
Marcher au sommet de l'Acropole des Draveurs représente pour les randonneurs une expérience inoubliable. Saviez-vous qu'en respectant les balises du sentier, vous contribuez à la mission de conservation du parc?

Les plantes arctiques-alpines sont souvent les premières à souffrir du piétinement hors sentier.
La végétation qui croît au sommet de l'Acropole des Draveurs est de type arctique-alpin. On retrouve normalement cette catégorie de plantes dans la toundra des contrées nordiques. Le lent processus de décomposition de la matière organique qui s'opère au sommet de la montagne fait en sorte que seule une mince couche de sol recouvre le roc.
Les plantes arctiques-alpines ont la capacité de pousser dans pareil substrat, mais la minceur de ce dernier le rend très sensible au piétinement. Des randonneurs qui se promènent hors sentier contribuent par le piétinement à abîmer les végétaux, à compacter le sol et à dénuder le roc sur lequel repose le précieux humus. Sans ce sol, les plantes ne peuvent pousser et dépérissent.