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Suivi d’espèces rares au parc national du Mont-Saint-Bruno

20 mars 2012


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Le parc national du Mont-Saint-Bruno est un l’hôte de plus de 587 espèces floristiques. Parmi celles-ci, 24 ont actuellement un statut particulier de protection au Québec. Dans un territoire de 7,9 km2 où nous avons un achalandage de près 900 000 personnes annuellement, est-il possible de concilier conservation et accessibilité tout en assurant la pérennité des espèces rares?

Un milieu riche en espèces!

Entouré de quatre municipalités et d’un territoire fortement modifié par l’agriculture et l’urbanisation, le parc national du Mont-Saint-Bruno est un îlot forestier qui se distingue par la richesse de sa faune et de sa flore. En effet, la flore du parc est composée de 37 espèces d’arbres, de 50 espèces d’arbustes et d’environ 500 espèces de plantes herbacées. Parmi ces espèces, sept plantes herbacées se retrouvent sur la liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec et elles font l’objet de suivi de la part de l’équipe du service de la conservation et de l’éducation. Ces suivis nous permettent d’acquérir des connaissances sur les espèces et de pouvoir suivre leur évolution au fil des ans et ainsi arrimer nos pratiques de gestion. Parmi les plantes suivies, on retrouve la phégoptère à hexagones (Phegopteris hexagonoptera) et le podophylle pelté (Podophyllum peltatum).

La phégoptère à hexagones

La phégoptère à hexagones est une fougère qui croît sur les sols riches des forêts d’érablière et que l’on retrouve exclusivement en Amérique du Nord. Son habitat ayant été grandement réduit au cours des dernières décennies, les populations sont devenues de plus en plus rares, jusqu’à obtenir le statut légal d’espèce menacée au Québec. Fait exceptionnel, 70 % de tous les plants au Québec se retrouvent à l’intérieur même du parc national du Mont-Saint-Bruno.

Depuis 1999, le service de la conservation et de l’éducation du parc, en collaboration avec le Biodôme de Montréal, effectue un suivi rigoureux de l’évolution de cette fougère au parc. Depuis quelques années, nous notons une baisse de la quantité de plants. Cette baisse pourrait être attribuée, entre autres, aux effets de la tempête de verglas de 1998. En effet, la phégoptère à hexagones préfère les milieux ombragés et non perturbés, tels que les érablières matures puisqu’elle y trouve les conditions favorables à sa croissance. Toutefois, suite à ce verglas important, la structure de la forêt a changé. Ainsi, quelques peuplements matures d’arbres laissent place à une forêt en régénération qui, elle, offre des conditions moins favorables au développement de la phégoptère à hexagones.

Le podophylle pelté

Découvert en 2005 par un garde-parc lors d’un inventaire des plantes dans une zone de préservation extrême, le podophylle pelté est une petite plante vivace d'allure inhabituelle. Poussant jusqu'à 60 cm de hauteur, il produit une à trois feuilles profondément lobées, en forme de parasol. Cette plante figure sur la liste des espèces floristiques menacées au Québec. Le podophylle est une plante fascinante! En effet, ses racines ainsi que ses fruits non mûrs, ses graines et ses feuilles sont extrêmement toxiques. Par contre, elle contient un produit qui est utilisé pour ses propriétés médicinales, particulièrement dans le traitement du cancer de la peau et des verrues. Sa présence au Québec serait due aux Amérindiens qui l’auraient introduite et cultivée pour ses vertus médicinales.

Depuis sa découverte en 2005, nous avons instauré un suivi annuel des plants et poursuivons nos recherches afin de découvrir d’autres sites. Jusqu’à présent, nous n’avons qu’un seul site de découvert. Toutefois, le nombre de plants est en progression sur ce site.

L’importance de demeurer dans les sentiers

Certaines de nos plantes figurant sur la liste des espèces floristiques sont situées dans des zones de préservation extrême ou dans une partie du parc moins accessible et plus loin des sentiers. Toutefois, d’autres espèces sont localisées à proximité des résidences adjacentes au parc ou près des sentiers les plus achalandés. Afin de concilier la préservation de cette flore unique et sensible et l’accessibilité au territoire, il est donc primordial de demeurer dans les sentiers lors de vos randonnées au parc, puisque le simple piétinement peut mettre en péril une espèce.

En poursuivant nos recherches et suivis sur les différentes espèces rares, en identifiant des zones de préservation extrême et en sensibilisant la clientèle à nos règlements et nos recherches, nous sommes donc en mesure d’assurer la pérennité de ces espèces floristiques et ainsi préserver la biodiversité du parc.


Nathalie Rivard, responsable du service de la conservation et de l'éducation aux parcs nationaux des Îles-de-Boucherville et du Mont-Saint-Bruno, rivard.nathalie@sepaq.com.

Photos : Sépaq.


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