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Le rendez-vous botanique: des bénévoles spécialisés au service de la science

1 février 2012


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L’équipe de FloraQuebeca, une association sans but lucratif, vouée à la connaissance, à la promotion et à la protection de la flore du Québec, a accepté de tenir son rendez-vous annuel 2011 au parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Au cours de cet événement, botanistes et horticulteurs se rassemblent pour partager leurs connaissances de la botanique sur le terrain, tout en notant leurs observations.

Un inventaire nécessaire

En date du printemps 2011, les connaissances de la flore du parc se résumaient à une liste de 238 espèces : soit 156 plantes vasculaires, 40 espèces de bryophytes et 42 espèces de lichens. La présence de trois plantes à statut particulier était connue : le polystic faux-lonchitis (Polystichum lonchitis) et la matteuccie fougère-à-l’autruche (Matteuccia struthiopteris) ont été observés au cours des dernières années alors qu’une mention du scirpe de Clinton (Trichophorum clintonii) avait été soulevée en 1977 et en 1985 par Jacques Cayouette, spécialiste en botanique. Étant donné la diversité des écosystèmes qu’abrite le parc, il est évident que, même après 11 ans d’existence, un travail important d’acquisition de connaissances s’imposait toujours. En effet, on  retrouve sur le territoire des érablières, des bétulaies, des sapinières, des pessières, des pineraies, d’imposants affleurements rocheux, des aulnaies, des milieux arctiques-alpins et de rares tourbières.

Des résultats concluants

Les 13 et 14 août derniers, 27 membres de FloraQuebeca ont uni leurs connaissances, leur savoir-faire et leur bonne humeur pour ratisser 8 secteurs du parc. Le travail des participants a permis de pratiquement doubler la liste des plantes connues tout en relevant la présence d’espèces dont le besoin de protection est important. Au total, 208 nouvelles espèces, dont 25 bryophytes, ont été identifiées dans l’ensemble des secteurs explorés. Deux d’entre elles présentent un besoin de protection important.

De nouvelles espèces rares à ajouter à la liste

Le rendez-vous a permis de mettre en évidence l’importance de la zone d’embruns de la chute du Ruisseau Blanc, là où le milieu est certainement enrichi par les apports du cours d’eau. On y retient la découverte du Plagiobryum zierii, une espèce arctique-alpine rare. Cette occurrence, la sixième au Québec, est la plus méridionale connue en sol québécois. La Saelania glaucescens, une espèce dispersée peu fréquente y a aussi été observée. Toujours du côté des bryophytes, deux spécimens de la famille des splachnacées ont été notés, soit le Splachnum ampullaceum et le Tetraphlodon mnioides. Cette dernière famille présente une particularité unique chez les bryophytes : elle est adaptée à un cycle de vie sur des substrats organiques d’origine animale. Elle s’installe ainsi sur les excréments de carnivores, d’herbivores et de mammifères marins, sur les carcasses (souvent de petits mammifères), sur les bois de cervidés, sur les boulettes de régurgitation d’oiseaux carnivores ou dans les nids d’oiseaux abandonnés. Parmi les espèces à statut particulier, le scirpe de Clinton a été retiré de la liste de la flore du parc à la suite de la rencontre des membres de FloraQuebeca. Jacques Cayouette, qui était présent au rendez-vous, a infirmé la présence de l’espèce en soulignant qu’il l’avait confondu avec le scirpe gazonnant (Trichophorum cespitosum) lors de ses explorations précédentes. L’équipe qui a visité l’Érablière a, quant à elle, noté la présence de la cardamine carcajou (Cardamine diphylla), une espèce désignée vulnérable au Québec.

L'importance de l'événement pour le parc

La tenue du rendez-vous botanique représente pour l’équipe du parc une démarche très importante. Déjà, la découverte de certaines espèces nous porte à réfléchir sur les actions à entreprendre afin de les protéger. D’autres actions seront prévues au plan de la conservation afin de poursuivre le travail d’acquisition de connaissances et de protection de la flore. Toute l’équipe du parc tient à remercier chaleureusement les membres de FloraQuebeca d’avoir choisi le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie pour la tenue de leur événement annuel. Au-delà des connaissances qu’ils nous ont transmises, l’équipe de la conservation et de l’éducation retient la gentillesse et la générosité des participants, sans oublier leur passion contagieuse pour la flore. 


Miriane Tremblay, responsable du Service de la conservation et de l’éducation
Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, Ingénieure forestière.
tremblay.miriane@sepaq.com

Photos: M. Pitre, Michael Luth (www.milueth.de), Martine lapointe, Miriane Demers-Lemay


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